La Région et l’État, via le plan Littoral 21, mettent la main à la poche, à hauteur de 300 000 euros, pour aider tous les ports à décrocher la certification européenne AFNOR "Port propre" d’ici 2027.
Sur les 34 ports de plaisance que compte l’Occitanie, 12 ont déjà décroché la certification « ports propres », et 12 autres sont en cours d’obtention de cette reconnaissance européenne. Alors, pour viser le 100 % à l’horizon 2 027 et notamment accompagner les dix dernières communes à s’y préparer, la Région et l’État lancent l’appel à projet « Ports propres en Occitanie » via le Plan Littoral 21. Le financement est à parts égales, pour une enveloppe globale à hauteur de 300 000 €.
Le but ? Permettre de soutenir, par exemple, les diagnostics et les audits nécessaires à cette certification délivrée par l’AFNOR (Association française de normalisation). Car il ne s’agit pas ici d’un simple label, qui parfois s’achète pour permettre ensuite aux communes de se targuer d’avoir, par exemple, une bonne qualité de l’eau de baignade.
« C’est un travail de longue haleine, nous avons eu deux jours d’audit, ce n’était pas simple, mais nous sommes désormais certifiés », s’enorgueillit par exemple Maxime Gantois, directeur du port de Canet-en-Roussillon (P-O), devenu “port propre” fin 2025. « C’est une certification d’excellence environnementale et l’on doit avoir l’activité la plus écoresponsable possible. »
Études « diagnostic », formation des personnels portuaires, sensibilisation des plaisanciers, plan d’action et projets sont autant d’étapes à franchir pour convaincre l’AFNOR. À Canet, qui possède 1 300 anneaux pour les bateaux, une barge EcoTank vient aspirer les eaux noires et les eaux usées des plaisanciers alors que kits antipollution et barrages absorbants sont mobilisables en cas de déchets en mer.
Développement durable
Dans l’Hérault, Palavas avait déjà décroché le précieux sésame depuis 2024, mais comme le rappelle le directeur du port Cyril Pagel-Grechi, il faut pouvoir le renouveler tous les trois ans et chaque année il y a des contrôles. La station a même obtenu le niveau supérieur « port actif en biodiversité ».
« C’est une reconnaissance du travail sur la gestion du port et son développement durable. » Il défend notamment ses deux pompes pour les eaux grises ou encore sa déchetterie portuaire en compartiments pour les résidus, les eaux noires, les fibres etc. Et cette démarche écologique est forcément un argument pour attirer les plaisanciers.
« Les listes d’attente pour des places au port diminuent et cette certification c’est de la visibilité. À terme, les plaisanciers qui auront à choisir un port entre plusieurs, iront vers celui qu’ils estiment le mieux géré : la qualité de service fera la différence », assure Cyril Pagel-Grechi. Serge Pallares, président de l’UVPO (Union des villes portuaires d’Occitanie) abonde.
« Notre clientèle recherche cette excellence »
« Nous accompagnons techniquement l’ensemble des ports vers cette certification, notamment dans la formation du personnel. C’est devenu un label commercial avec par exemple le respect de la biodiversité, notre clientèle recherche cette excellence » dit-il.
Concernant l’appel à projet “Ports Propres”, il se réjouit de l’aide de la collectivité régionale. « C’est considérable et primordial que la région nous aide, il y a des investissements à réaliser pour cette certification. Heureusement qu’il y a le plan Littoral 21 pour certaines communes plus petites, et ce ne sont pas toutes les régions qui font ça », poursuit Serge Pallares. À Canet-en-Roussillon, en sensibilisant les plaisanciers à maîtriser les dépenses d’électricité, utiliser les sanitaires du port ou ne pas jeter l’ancre sur les herbiers de posidonie, Maxime Gantois l’affiche : « pour les escales, quand il faudra choisir un port, les plaisanciers reviendront plus facilement là où il y a la certification. C’est positif en terme d’image et de clientèle de plus en plus attentive à cette question environnementale. »
L’objectif de 100 % d’ici l’année prochaine semble réalisable, comme en atteste la commune de Gruissan (Aude), sur le chemin du label comme neuf autres villes.
« Nous nous sommes lancés en 2025 avec une équipe complète car la certification AFNOR ça ne plaisante pas ! Tous les salariés sont en cours de formation », indique Anaïs Pueyo, référente « port propre » à la capitainerie. La ville va postuler à l’appel à projet et a déposé plusieurs jalons : une unité de dessalement (avec 50 % de photovoltaïque et un système de récupération d’énergie à travers la pression) qui permet aux plaisanciers de laver leurs bateaux et à venir une unité de traitement des eaux de carénage et de tri sélectif pour les plaisanciers.




