Le coup de filet, qui a permis l’interpellation de cinq personnes impliquées dans un trafic de stupéfiants mardi 10 mars 2026, est l’aboutissement d’une enquête « minutieuse et aboutie » – selon la procureure – commencée en septembre dernier. Quatre des cinq mis en cause ont été jugés ensemble. Le cinquième, dont le parcours est très particulier, a comparu seul dans le box des prévenus.
Ce mardi 10 mars, les gendarmes ont interpellé un couple de Mézidon Vallée d’Auge (Calvados), un homme habitant près de Troarn et deux jeunes de 21 ans, dont celui qui a été jugé séparément.
L’enquête avait commencé 6 mois auparavant, suite à une série de renseignements transmis à la gendarmerie par des voisins de la femme, âgée de 46 ans. Cette dernière a repris la vie de couple avec son conjoint, âgé de 38 ans, quand il a été libéré de prison le 21 octobre 2025, après 20 mois de détention.
Allées et venues et tapages nocturnes
La présence fréquente d’une BMW 645 devant chez eux, des allées et venues constantes dans leur rue ou près du cimetière proche ainsi que des tapages nocturnes ont mis la puce à l’oreille des riverains.
L’examen de leur téléphonie a permis d’identifier plusieurs personnes bien connues des forces de l’ordre, ainsi que d’autres paressant impliquées dans ce trafic qui aurait commencé en janvier 2025.
Parmi elles un habitant de Saint-Pierre-en-Auge de 21 ans, apparaissant comme étant le chef du réseau, et un homme de 46 ans retiré des affaires depuis octobre dernier. Il avait repris le commerce du trentenaire pendant son incarcération, de même que sa place au sein du foyer. Une sorte d’intérim qui a pris fin quand celui-ci a retrouvé la liberté sous sursis probatoire. Le jour même, il reprenait à la fois la vie commune avec sa compagne et son activité.
Sous bracelet lors de l’interpellation
La perquisition au domicile du couple s’est révélée fructueuse avec la découverte de 83,39 grammes de cocaïne et 49 grammes d’héroïne. Bien connue des services de gendarmerie, la femme bénéficiait d’un sursis probatoire au début de la période de prévention et se trouvait sous bracelet électronique lors de son interpellation.
Après avoir annoncé une consommation quotidienne de 3 grammes de cocaïne à 30 € le gramme, elle martèle avoir été uniquement intermédiaire. Ce qui sera corroboré par les déclarations de ses deux compagnons successifs.
« Avec des revenus de 1900 € mensuels pour l’ensemble de la famille et un loyer à payer, comment peut-on financer près de 3 000 € de stupéfiants, hormis en faisant de la revente ? »
La quadragénaire parle alors d’1 gramme par jour, qu’elle reconnaît avoir financé avec le produit des ventes.
Un « petit trafic » sur une « petite période »
Au cours de leur audition, les trois mis en cause – de même que l’homme qui a fait l’objet d’une procédure individuelle – ont désigné un individu de 21 ans comme étant leur fournisseur « principal ». Un amateur de voitures puissantes, bénéficiant d’une « bonne réputation ».
Alors qu’il avait contesté toute implication dans un quelconque trafic de stupéfiants, l’homme déclare plaider coupable. Un revirement dicté par son avocate. Cet ancien commercial dont l’examen de son compte bancaire a fait apparaître des virements qu’il ne peut expliquer, reconnaît avoir exercé « un petit trafic pendant une petite période », quand il a perdu son emploi.
Cette version est confirmée, du bout des lèvres, par les trois autres prévenus, manifestement indisposés par sa présence à leurs côtés.
Un casier vierge pour le chef de réseau
Apparemment peu marqué par une longue garde à vue, le chef de réseau présumé est le seul des mis en cause à ne pas avoir d’antécédents judiciaires et à ne pas être toxicomane.
En préambule de son réquisitoire, la procureure lui reprochera son « arrogance » et sa « suffisance » face aux gendarmes, ainsi que le peu de respect à leur égard en brisant un de ses téléphones sur le sol puis en jetant l’autre par la fenêtre.
Jusqu’à 39 mois de prison ferme
L’homme de 38 ans, dont le casier judiciaire compte une vingtaine de mentions, est condamné à 3 ans de prison auxquels s’ajoute la révocation totale de 3 mois de sursis probatoire. Ce sont donc 39 mois qu’il passera en détention.
Sa compagne est condamnée à 2 ans et demi de prison comprenant la révocation totale de 6 mois de son sursis probatoire. Le tribunal ordonne la saisie de la balance, du numéraire, des produits stupéfiants et du matériel informatique – dont deux ordinateurs – découverts à son domicile. L’homme de 21 ans est condamné à 2 ans de prison.
Ces trois peines d’emprisonnement ont été assorties d’un mandat de dépôt ou d’un ordre d’incarcération immédiate pour les révocations de sursis probatoires.
Le quadragénaire est le seul à être ressorti libre du tribunal. Il est condamné à 2 ans de prison dont un assorti d’un sursis probatoire pendant 2 ans comportant l’obligation de suivre des soins en lien avec son addictologie. Le tribunal ordonne la saisie de la balance, de la console de jeux, de la trottinette et du téléphone trouvés à son domicile.
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