Après la série d’accidents l’an dernier, dont certains mortels, et le désengagement de l’assureur principal, la fédération des manadiers appelle à un changement de certaines pratiques. Une révolution que certains n’apprécient pas.
Après le désengagement de l’assureur historique des éleveurs de taureaux de Camargue à l’automne dernier, qui faisait suite à une série d’accidents mortels, la fédération des manadiers a dévoilé une charte, qui appelle manadiers, organisateurs et spectateurs à changer les usages.
« Aujourd’hui, notre profession fait face à une réalité nouvelle. Avec, entre autres, les enjeux d’assurance, certaines pratiques d’hier ne sont plus possibles. Nous ne pouvons plus nous permettre que des accidents surviennent lors de nos spectacles de tradition. Car au-delà des conséquences immédiates, c’est toute notre activité, notre culture et nos traditions qui sont en jeu », ont communiqué les responsables de la fédération. Ils appuient : « Cette charte n’est pas une contrainte. C’est une nécessité« .
Un seul passage par abrivado
Le texte, mis en ligne et partagé sur les réseaux sociaux, rappelle notamment qu’une abrivado, consistant à mener les taureaux des près aux arènes, ne doit permettre qu’un seul passage le matin. « Et un seul passage le soir lors de la bandido, avec les mêmes taureaux qui sont reconduits puis relâchés dans les prés ».
Ne plus attraper les taureaux
La fédération insiste aussi sur le fait que le manadier « est garant des compétences de ses cavaliers et de leur sobriété » ou qu’il doit faire partie de la fédération des manadiers. Mais, surtout, s’adressant aux spectateurs, elle demande que « les taureaux ne doivent plus être attrapés » ou que « les chevaux ne peuvent être touchés par des personnes extérieures ». Aucun obstacle et aucun véhicule à moteur ne sont par ailleurs permis sur le parcours.
« C’est un engagement collectif pour continuer à faire vivre ce qui nous rassemble, dans de bonnes conditions et en toute responsabilité. Nous sommes à un tournant. Manadiers, organisateurs, élus, public, amoureux de la bouvine : chacun a un rôle à jouer », conclut la fédération, appelant à lire et à signer la charte en ligne.
Sur les réseaux sociaux, l’initiative a été diversement appréciée, beaucoup redoutant que ce texte, interdisant par exemple les attrapaïres, ne vienne aseptiser la tradition. La saison est ouverte… le débat également.








