un ancien élu devant le tribunal pour avoir commis des violences sur ses enfants

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Un homme de 52 ans, ancien conseiller municipal à Saint-Jacques-de-la-Lande, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Rennes jeudi 2 avril 2026. Ses enfants ont dénoncé des violences commises à leur encontre. Leur père a nié les faits reprochés.

La fille aînée d’H. – élu en 2020 sur la liste d’union de la gauche de Marie Ducamin, battue aux élections municipales de 2026 – s’était en fait présenté à la gendarmerie le 28 novembre 2024, après avoir appris que sa sœur cadette s’était rendue « en pleurs » à l’infirmerie de son lycée après une « altercation » avec son père.

La fille aînée « jetée à terre »

Cette sœur – alors âgée de 17 ans – s’était précisément vue reprocher de ne pas avoir « vidé le lave-vaisselle » après le petit-déjeuner, ce qui avait conduit son père à tenir des propos « dévalorisants » à son égard sur le trajet vers le lycée.

H. avait alors « freiné brusquement » avant de « l’agripper par le sac à dos » et de lui « serrer très fort le poignet » alors qu’elle voulait sortir de la voiture.

Sa sœur aînée avait confié aux gendarmes avoir elle-même été victime de violences le 22 juin 2022 alors qu’elle s’était rendue « à la Fête de la Musique » la veille. « Fâché » parce qu’elle n’était pas rentrée à l’heure prévue, son père l’avait « saisie par les poignets » et « jetée par terre » à plusieurs reprises alors qu’elle s’était réfugiée dans sa chambre.

Le médecin qui l’avait examinée avait relevé pas moins de « dix ecchymoses » sur les cuisses, les bras et l’omoplate… Elle n’avait toutefois pas souhaité déposer plainte contre son père à l’époque.

Un « stress post-traumatique » chez les enfants

Le benjamin de la fratrie avait lui aussi été témoin de violences le 13 janvier 2025, alors qu’il avait 12 ans. Sa sœur cadette était venue le chercher pour l’emmener chez sa mère à Bruz, après qu’il l’avait appelée car son père avait « déchiré sa dictée ». H. avait « mis à terre » cette sœur et lui avait « tiré les cheveux », ce qui avait nécessité l’intervention de l’aînée.

À chaque scène de violences, la mère des enfants était absente, car elle travaille comme « hôtesse de l’air ».

Entendus par les gendarmes, les trois enfants et leur mère – partie vivre à Bruz après l’épisode de juin 2022 – avaient tous décrit leur père comme un « alcoolique » qui devenait violent après avoir bu. Des « bouteilles de rhum » étaient même « cachées » dans l’appartement.

Les enfants avaient tous fini par s’installer chez leur mère car ils se sentaient en « insécurité » quand ils allaient chez leur père.

Le médecin légiste qui les avait examinés avait d’ailleurs relevé des symptômes de « stress post-traumatique » chez chacun d’eux.

« Mes enfants, je les aime »

À la barre du tribunal, jeudi 2 avril 2026, H. a pourtant catégoriquement nié toute violence, comme il l’avait fait en garde à vue.

« Moi, mes enfants, je les aime, je les chéris. Il y a un décalage entre ce que vous me lisez là et la réalité du quotidien », a-t-il lancé à la présidente qui venait de rappeler les différents faits pour lesquels il était poursuivi.

Cet ancien « animateur commercial » dans le secteur bancaire – âgé de 52 ans et désormais en reconversion professionnelle – s’étonne d’ailleurs que ses enfants aient continué de le voir après les faits, allant même jusqu’à « partir en vacances » ensemble…

« Si mes enfants subissaient des actes de violence verbale ou physique, ils auraient tourné la page de leur papa », est-il persuadé.

Une consommation d’alcool excessive

S’il reconnaît une consommation d’alcool « occasionnelle et festive », le quinquagénaire nie tout « problème » d’addiction. Il a pourtant fait l’objet d’une composition pénale en mai 2025 pour une conduite en état alcoolique, qu’il justifie par un « moment de panique » après avoir appris que l’une de ses filles avait une « suspicion de Covid-19 ».

Il s’était rendu à Bruz pour « déposer du Doliprane » alors qu’il venait de « fêter ses retrouvailles » avec des « collègues parisiens ».

Reste que « la seule façon d’essayer de s’en sortir, c’est d’accepter qu’on est alcoolique », l’a sermonné Me Antoine Hellio, l’avocat de sa femme et de ses trois enfants.

« Mes enfants n’avaient pas à vivre ça… Ils ont perdu leur jeunesse », avait soufflé un peu plus tôt à la barre la compagne d’H., qui est en instance de divorce depuis les faits. « Je demande juste qu’il se soigne et qu’il demande pardon », avait imploré sa fille aînée.

Un an de prison

Face au « déni majuscule » de ce prévenu à la « perception de la réalité qui est totalement sienne », le procureur de la République avait requis à son encontre « dix à douze mois » de prison avec sursis probatoire, comprenant l’obligation de se soigner. Il avait également demandé une interdiction de paraître au domicile de sa femme et de ses enfants, mais n’avait pas souhaité que l’autorité parentale sur son fils toujours mineur lui soit retirée.

L’avocate d’H. avait elle plaidé la « relaxe » au bénéfice du « doute » : pour Me Audrey Fricot, « on n’a que la version des enfants face à celle de monsieur » et leurs « témoignages » sont donc insuffisants.

Le tribunal correctionnel de Rennes a finalement condamné H. à un an de prison avec sursis, mais n’a pas prononcé d’obligation de soins.

« Ce n’est pas parce que vous n’en avez pas besoin, mais parce que c’est à vous de faire le premier pas en reconnaissant votre problématique alcoolique, sinon vous repasserez devant un tribunal », l’a mis en garde la présidente du tribunal correctionnel de Rennes.

Le prévenu a également écopé d’une amende de 500 euros, de l’interdiction de se présenter à une élection pendant un an et devra verser 4 800 euros d’indemnités à sa famille, en plus de 1 500 euros pour les frais de justice de sa compagne.

RB et GF / PressPepper

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