Deux armes à feu, quatre couteaux et plusieurs hommes cagoulés avaient été interpellés il y a plus de deux ans à Nîmes. L’affaire, sur fond de narcotrafic, s’est déroulée le 9 février 2024, au lendemain d’une fusillade dans le quartier du Chemin-Bas d’Avignon à Nîmes (Gard). Récupération de terrain, guerre de gangs et DZ Mafia : à la suite d’une longue enquête, sept mis en cause comparaissent ce mardi 7 avril 2026 au tribunal correctionnel de Nîmes.
Cinq d’entre eux sont déjà derrière les barreaux depuis l’événement et deux sous contrôle judiciaire. Dans le même dossier, un mineur également impliqué et un homme toujours en cavale. Après une journée d’audition, les peines sont tombées : six hommes ont été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés. Chacun d’entre eux était accusé de « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime », certains en récidive, d’autres non. Retour sur cette entreprise meurtrière qui a été avortée.
Une tentative d’assassinat
Le 9 février 2024, deux Nîmois, Lucas et Yanis*, qui auraient été la cible de tirs d’armes à feu la veille, auraient été à l’origine de l’organisation d’une tentative d’assassinat. Avec eux, le jour de l’interpellation, Hugo (arrivant de Marseille), un jeune homme mineur et un dernier dont l’identité n’est pas connue.
Ils se seraient retrouvés à Nîmes, à l’angle de la rue Georges-Braque et d’André-Marquès, au Chemin-Bas. Dans un contexte tendu face aux événements survenus un jour plus tôt dans cette zone connue pour les trafics de stupéfiants, une patrouille de la BAC remarque le véhicule et tente de le contrôler. Mais la voiture prend la fuite.
La Peugeot 206, dans laquelle les forces de l’ordre disent identifier cinq hommes, dont quatre aux visages masqués, fonce à toute allure dans la ville. Mais la course-poursuite se termine en accident avec un véhicule arrivant face à la voiture en fuite. Un des passagers parvient à semer les policiers et laisse tomber un calibre, pendant que les quatre autres se font attraper.
Des têtes de réseaux mises à prix
Au volant, Lucas dit avoir été menacé d’un pistolet derrière la tête par l’homme qui se situait derrière lui dans la voiture, Hugo : « C’était une personne que j’ai gentiment prise en stop », explique-t-il. Les passagers à l’arrière, Lucas et Yanis, affirment ne pas les connaître et les avoir récupérés par charité en passant dans le quartier. Dans la 206, quatre couteaux et une arme à feu sont découverts.
Après des investigations, les enquêteurs découvrent différents groupes de discussion sur un réseau social dans lesquels se trouve Hugo, qui reconnaît gérer plusieurs points de deal dans la cité phocéenne pour le compte de la DZ Mafia : « J’avais une mission, c’était de récupérer un charbon pour 30K (30 000 euros) », avoue le jeune homme de 23 ans. Le président de l’audience révèle, lui, que la fouille des conversations a décelé la mise à prix de deux têtes du réseau nîmois : Django et Bouboule, pour 50 000 €.
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Deux individus en prison impliqués
Malgré l’utilisation de pseudonymes, l’enquête remonte jusqu’à deux lignes téléphoniques qui auraient participé à la préparation de ce commando. Localisés dans les prisons de Tarascon et d’Avignon, les deux téléphones étaient utilisés par des individus en détention, enfermés pour avoir précédemment participé à des commandos armés. L’un d’eux est aussi impliqué dans un meurtre au Chemin-Bas.
Enfin, deux autres prévenus sous contrôle judiciaire étaient présents ce mardi : l’un qui a conduit Hugo de Marseille à Nîmes et serait resté sur les lieux jusqu’à la fin de la « mission » afin de le récupérer. L’autre qui a été identifié après que son ADN a été retrouvé sur le chargeur d’un des pistolets saisis le 9 février 2024, après la course-poursuite.
Des incohérences dans les dossiers
Lors de l’audience, les avocats des accusés, pour la plupart, ont souligné des « incohérences et des flous dans les dossiers » de cette affaire et demandé la relaxe de leurs clients.
« Monsieur le procureur procède par hypothèse », entend-on dans la défense. Cette dernière parle aussi de clichés, ainsi que de manque de preuves et de justifications.
Le tribunal ne l’a pas entendu de cette oreille. Celui qui aurait amené Hugo jusqu’à Nîmes a été reconnu coupable d’association de malfaiteurs et écopé d’un an de prison sous bracelet électronique ; celui dont l’ADN avait été retrouvé sur une des armes, qui se situait à Apt le jour de l’interpellation et disposait d’un assez bon alibi, totalement relaxé.
Cinq hommes laissés sous écrous
Quant aux cinq autres prévenus, le président est resté ferme en prononçant la culpabilité de chacun sur les faits reprochés. En suivant les réquisitions du procureur, Lucas et Yanis ont été condamnés à huit ans d’emprisonnement et maintenus en détention. Le jeune homme incarcéré à Avignon a pris 10 ans d’emprisonnement avec une période de sûreté des deux tiers.
Enfin, l’individu détenu à Tarascon a été condamné à 12 ans avec une période de sûreté des deux tiers, tout comme Hugo, de Marseille, auquel s’ajoutent 18 mois pour des faits d’évasion lors d’une audition.
* Les prénoms ont été modifiés
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