L’un des mis en cause dans l’incendie de Crans-Montana (Suisse), la nuit du Nouvel an, a refusé de s’exprimer alors qu’il était entendu ce mercredi 8 avril par les autorités. Il s’agit de l’ancien responsable du département incendie de Crans-Montana – son nom n’a pas été mentionné dans la presse. Il réclame, avant de se prononcer, d’avoir accès à l’ensemble du dossier.
Ce qu’il faut retenir :
- Convoqué ce mercredi 8 avril à Sion, un ancien responsable du département incendie de Crans-Montana a gardé le silence face au ministère public valaisan, invoquant un défaut d’accès au dossier dans l’enquête sur le drame du bar le Constellation.
- L’incendie, survenu lors de la Saint-Sylvestre, a causé la mort de 41 personnes et fait 115 blessés. Le drame a été provoqué par des bougies "fontaine" ayant enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l’établissement.
- Neuf personnes sont sous investigation pénale pour homicide et lésions corporelles par négligence. La commune a admis l’absence de contrôles incendie annuels depuis 2019, alors que l’audition du copropriétaire Jacques Moretti a été reportée.
Un ancien responsable de la station de ski de Crans-Montana, qui devait être entendu ce mercredi dans l’enquête sur la nuit du nouvel an, a choisi de garder le silence en attendant d’avoir accès au dossier, a indiqué son avocat à l’AFP.
L’enquête doit lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes de sécurité par les propriétaires et la commune ayant reconnu l’absence de depuis 2019 alors qu’ils doivent être effectués tous les ans.
Il a « refusé de collaborer »
Le ministère public valaisan a entamé cette semaine une nouvelle vague d’auditions à Sion, en faisant venir pour la première fois cet ancien responsable du département incendie de Crans-Montana, dont le nom n’est pas mentionné dans la presse suisse.
« L’audience n’a duré que 15-20 minutes parce que le prévenu a refusé de collaborer après s’être vu notifier les charges », a déclaré Me Robert Assaël, un des avocats des parties civiles, à l’AFP. « Je suis choqué qu’il n’ait pas répondu aux questions alors que les victimes […] n’attendent qu’une chose, la vérité », a-t-il dit.
L’avocat de cet ancien responsable, Me Fabien Mingard, a expliqué à l’AFP que son « client a fait valoir son droit au silence car il n’a pas (encore) accès au dossier ». « Il répondra aux questions du ministère public dès qu’il y aura accès », a-t-il affirmé.
Un incendie qui a fait 41 morts et 115 blessés
Jacques Moretti, un Français avec est le principal mis en cause dans l’enquête sur l’incendie et 115 blessés – dont de nombreux étrangers – la nuit de la Saint-Sylvestre.
L’incendie a été provoqué selon l’enquête par les étincelles de bougies « fontaine » qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol du bar. Les deux gérants ont été entendus à deux reprises depuis l’ouverture de l’enquête pénale les visant.
Jacques Moretti avait été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 après le paiement d’une caution de 200 000 francs suisses. Il a ensuite été placé comme son épouse sous « mesures de contrainte ». Me Nicola Meier, un des avocats des époux Moretti, s’est dit « étonné » du silence mercredi de l’ancien responsable de la commune, tout en soulignant que « c’est un droit ».
Neuf personnes au total sous investigation pénale
« Les époux Moretti […] n’ont jamais refusé de répondre à la moindre question. Ils ont toujours fait acte de pleine collaboration et c’est encore le cas aujourd’hui et ça le sera toujours demain », a-t-il assuré à l’AFP. L’audition de Jacques Moretti le 7 avril a elle été reportée sine die après le dépôt de
Outre le couple Moretti, sept autres personnes ont été placées sous investigation pénale, pour « incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence ». Parmi eux figurent l’actuel président de la commune, Nicolas Féraud, et d’anciens ou actuels responsables de la sécurité de Crans-Montana, qui doivent être entendus ces prochains jours.




