"J’ai lu des commentaires racistes, des sous-entendus dégueulasses…" : Jules Guesde refuse l’étiquette d’un "lycée violent"

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Trois jours après une violente altercation au Lycée Jules Guesde, ayant impliqué un enseignant et des élèves, la forte médiatisation a fait monter la tension au sein de l’établissement montpelliérain. Les cours ont repris ce lundi 13 avril et "l’heure est désormais à l’apaisement", tandis que l’enquête administrative a débuté.

« On est forcément choqué de ce qu’il s’est passé. Mais on est tout aussi choqué de l’ampleur médiatique que cela a pris. J’ai vu la vidéo tourner en boucle tout le week-end sur les chaînes d’infos et les réseaux sociaux et à chaque fois, je n’ai pas reconnu mon lycée. C’est dingue cette histoire », glisse en coup de vent une élève du lycée Jules Guesde avant de s’engouffrer dans l’établissement montpelliérain. Un sentiment partagé par de nombreux élèves et enseignants, trois jours qui s’est déroulée dans les couloirs.

Altercation, gifle et professeur projeté au sol

Vendredi 10 avril après-midi, plusieurs pensionnaires du lycée sont interpellés par un professeur et refusent de donner leur identité. Ce dernier tente alors de les photographier, avant de se faire arracher le téléphone des mains . Il est alors violemment projeté au sol, comme en témoigne une vidéo captée par un témoin de la scène.

Ce lundi 13 avril à la reprise des cours, ni le professeur, ni les deux élèves mis en cause n’étaient présents à l’ouverture des grilles. Le premier est actuellement suspendu en attendant les conclusions de l’enquête administrative qui vient de démarrer. Elle a été confiée à deux inspecteurs académiques qui doivent « rendre leurs conclusions à la fin de la semaine », précise le Rectorat. Il a annoncé avoir porté plainte.

Les lycéens sont eux sous le coup d’une exclusion temporaire jusqu’à leur passage devant la commission de discipline, qui devrait intervenir après les vacances scolaires. Celui qui a reçu le coup a également déposé plainte, selon nos informations.

Une réunion entre Rectorat, enseignants et élèves

« C’est normal qu’il y ait une enquête et que l’on dénonce ces violences. Mais on ne peut pas mettre tous les élèves dans le même sac. J’ai lu des commentaires racistes, des sous-entendus dégueulasses, de la récupération politique et des déclarations qui disaient que l’ambiance au lycée était violente. C’est faux ! », peste un jeune homme aux abords du lycée. Durant le week-end, certaines déclarations syndicales ont mis le feu aux poudres. Jusqu’à déclencher des appels au blocage sur les réseaux sociaux. Appels qui n’ont finalement pas trouvé d’écho dans le réel.

Le Directeur académique des services de l’Éducation nationale Aymeric Meiss, s’est rendu sur place ce lundi 13 avril. MIDI LIBRE – MATHIS NORMAND

Reste que pour faire redescendre la pression, une réunion a été organisée dès 9 h du matin au sein de l’établissement. Autour de la table, le Directeur académique des services de l’Éducation nationale Aymeric Meiss, les membres du conseil d’administration et les élèves élus du conseil de vie lycéenne. « L’heure est à l’apaisement et à la communication pour dépasser une haine et une violence qui est inqualifiable, et qui n’a pas sa place dans un lycée, confie le Dasen de l’Hérault. La réponse des enseignants doit à chaque fois être extrêmement proportionnée et mesurée. Nous sommes dans un rôle éducatif. Nous devons aussi apprendre à nos élèves à contenir leur violence et à ne jamais l’exprimer. »

« Les lycéens se sont sentis stigmatisés »

« La médiatisation a amené une vague d’émotion chez les élèves qui ont eu le sentiment d’être stigmatisés dans leur ensemble, à partir d’un acte isolé, détaille Arthur, vice-président du conseil de vie lycéenne. C’était important de se dire les choses, pour se rendre compte qu’élèves et professeurs étaient finalement solidaires dans cette crise. »

Solidaires, mais aussi alignés sur le manque de moyens humains d’un établissement en mutation. Depuis 2024, le lycée s’est progressivement transformé en Établissement Public d’Enseignement International, accueillant de fait des collégiens en section internationale. « Faute de moyens humains en nombre suffisant, notamment au niveau des assistants d’éducation, les enseignants se retrouvent seuls et démunis pour assurer le respect des règles dans les établissements scolaires », dénonce le Snes-FSU. Un point de vue partagé, ce lundi, par plusieurs membres du corps enseignants.

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