
Une pétition lancée fin janvier a déjà recueilli 4 210 signatures. Le texte porté par un collectif de 21 associations plaide en faveur de la création d’une aire marine protégée sur le plateau des Aresquiers à Frontignan.
« Là, nous sommes à ce jour, à 4 192 signatures », indique le Collectif d’associations qui ont lancé cette initiative. Depuis fin janvier, une pétition circule. Le texte plaide pour la création d’une aire marine protégée sur le plateau des Aresquiers. « Je trouve bénéfique que tout le monde ait la volonté de travailler ensemble pour la protection des ressources », déclare Bruno Gutierrez.
Président du Comité départemental de voile de l’Hérault (CDV34), il fait partie des signataires du texte. « Je l’ai fait à titre personnel », indique-t-il. La pétition pour la création d’une aire marine s’est ensuite invitée à l’assemblée générale du CDV34.
Espace marin
Il y a eu un débat. Il fallait un consensus. Les adhérents ont ensuite approuvé par 40 voix et 1 abstention l’idée qu’une nursery soit emménagée aux Aresquiers. « Attaché à la préservation de notre espace marin », le CDV 34 se dit « attentif à cette démarche », citant deux exemples dans la région Occitanie « à imiter : les réserves marines protégées d’Agde et celles de Cerbère Banyuls sont des modèles d’aires marines réellement protégées qui fonctionnent grâce aux moyens qui leur ont été attribués. »
« Un lieu qui regorgeait de vie »
L’adhésion du CDV34 à l’idée de la pétition participe d’un constat : « Au fil des années, le site des Aresquiers a été fortement altéré par les activités humaines. En l’espace de 40 ans, riverains, plongeurs et pécheurs de loisir témoignent tous de l’effondrement de la biodiversité. D’un lieu qui regorgeait de vie (poissons, crustacés, mollusques…) il ne reste plus grand-chose ! », déplore le Comité de voile.
Le site des Aresquiers est un plateau rocheux de plusieurs kilomètres carrés. Il est déserté de sa population de poissons, crustacés, mollusques et autres calamars. « Il n’est pas trop tard, plaide le comité départemental de voile mais il y a urgence d’agir. La vie peut revenir si on la protège. »
Usages : réduire les impacts
Les acteurs de la voile demandent « officiellement l’ouverture immédiate » d’un processus de concertation pour une aire marine « véritablement protégée » sur le plateau des Aresquiers « avec une dotation en moyens humains et financiers adaptés ». Cette aire doit permettre « de réduire l’impact des usages, notamment grâce à des aménagements spécifiques (comme des ancrages écologiques), afin de préserver les habitats tout en maintenant des activités à faible impact », ajoute le Comité départemental de voile.
Daurade et rascasse
Le plateau rocheux abrite un des derniers herbiers de Posidonie du Golfe du Lion « qui sont indispensables dans la lutte contre le réchauffement climatique ». Selon le CDV34, ces plantes séchées abritent plus de 25 % de la biodiversité de Méditerranée. De nombreux d’espèces marines sédentaires y trouvent refuge, viennent s’y nourrir et y grossir c’est notamment le cas du loup, de la daurade et la rascasse.
Un collectif pétitionnaire
La pétition est portée par un collectif de 21 associations et professionnels : d’habitants (Association des riverains de Frontignan plage, Entre mer et étangs), d’usagers de la mer (AKLR, Aresquiers subaquatiques, CDVL34, Kayak Med, Kite-Wing-Maguelone, Muscat rames, Thau Kite Club, Tiki Center) et de protection de l’environnement (Ailerons, FNE Occitanie Méditerranée, Greenpeace Montpellier, LPO Occitanie, Maguelone Gardiole, Nature Academy, Océan Protection France, Planet Citizen, Surf Rider Hérault, Swim4sea, Terreau de Vic).
Scientifiques et services de l’État identifient le plateau rocheux des Aresquiers comme stratégique pour la survie des espèces migratoires, en particulier celles qui sont menacées d’extinction.








