Une cinquantaine d’avocats du barreau de Béziers se sont rassemblés ce lundi 13 avril devant le palais de justice de Béziers afin de protester contre le projet de loi Sure, portant sur la justice criminelle, examiné au Sénat.
Comme une très grande majorité des barreaux de l’Hexagone, ce lundi 13 avril se voulait être le point d’orgue de la mobilisation des avocats contre le projet de loi Sure, pensé par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
« Darmanin, la défense en moins », « Justice expédiée, justice sacrifiée », « Une loi sûre d’abîmer nos libertés » : sur les marches du palais de justice de Béziers, les avocats du barreau biterrois se sont rassemblés afin de marquer le coup de cette journée « justice morte », lors de laquelle aucun avocat n’a plaidé, ne demandant uniquement que le renvoi des dossiers. Comme c’est le cas depuis de nombreux jours, avenue du président Wilson.
À lire aussi : "Avec cette reforme ce n’est plus de la justice" : Josy-Jean Bousquet donne son point de vue sur la réforme qui se profile
« Nous ne sommes plus seuls puisque des présidents de cours d’assises ont officiellement pris la parole pour indiquer qu’ils soutenaient notre mouvement de grève, comme c’est le cas avec un président de la cour d’assises de Montpellier », a déclaré, sous les applaudissements, le bâtonnier du barreau de Béziers, Me Sylvie Bar, à la cinquantaine de robes noires présentes entre midi et deux, ce lundi.
Un plaider-coupable pour la justice criminelle dénoncé
« On vient perturber les audiences avec notre grève mais c’est le seul moyen pour nous faire entendre, notamment auprès de la Chancellerie », a ensuite indiqué l’ancien bâtonnier Me Bernadette Llados-Hérail, lors de l’audience de comparution immédiate du tribunal correctionnel, en direction du président du tribunal, pour justifier les demandes de renvoi de l’après-midi.
Les avocats du pays tout entier dénoncent tous la même chose : la création d’une procédure de plaider-coupable en justice criminelle, comme cela existe déjà pour les dossiers délictuels. Avec, comme principale préoccupation, la garantie des droits des victimes dont le dossier serait jugé devant une cour criminelle ou une cour d’assises.
Le soutien de Gisèle Pélicot
« Finalement, la victime ne va disposer que d’un délai de dix jours pour accepter cette procédure de plaider-coupable pour l’auteur des faits, explique Me Murielle Moliné, coprésidente de la Fondation des avocats de l’enfant (FAE) du barreau de Béziers. Alors qu’elle est en pleine reconstruction, ça va être l’affolement général parce que peut-être qu’elle va culpabiliser de ne pas accepter cette procédure. Finalement, on prive la victime de cet espace qui lui appartient lors d’un procès d’assises ou devant une cour criminelle. La victime ne sera plus actrice de sa propre résilience. »
« Le procès permet à la victime de pouvoir entamer son processus de réparation, abonde l’autre coprésidente de la FAE biterroise. On l’a vu avec Gisèle Pélicot qui a elle-même dit, en parlant de ce projet de loi, qu’il fallait que les victimes soient entendues et écoutées car c’est la seule façon de pouvoir se réparer. » Ce mardi 14 avril, les dossiers seront à nouveau plaidés par les avocats biterrois. Avant une assemblée générale, prévue en fin de journée, afin de décider de la suite à donner au mouvement.










