L’enfant de neuf ans séquestré pendant plus d’un an est toujours hospitalisé, a détaillé le procureur de Mulhouse, Nicolas Heitz, dans une conférence de presse tenue ce mercredi 15 avril 2026. Enquête, état de l’enfant, poursuite judiciaire…
Voici tout ce qu’il faut retenir de cette prise de parole.
Comment l’enfant a-t-il été découvert ?
Le procureur a détaillé la découverte de l’enfant. Le lundi 6 avril 2026, vers 21 h, une habitante de la commune a signalé « qu’un enfant serait enfermé dans une camionnette ». À 21 h 30, les gendarmes ont frappé « contre le véhicule sans obtenir de réponse de l’intérieur ».
Le propriétaire du véhicule Renault Trafic est arrivé sur place et disait « ne pas pouvoir l’ouvrir » en raison d’un « système défaillant ». Les gendarmes ont finalement réussi à ouvrir la porte et ont découvert un enfant en position fœtale « sur un monticule de déchets et porteur d’une simple couverture ».
Vers 22 heures, le propriétaire du véhicule, le père de l’enfant, est placé en garde à vue. L’enfant a lui été directement emmené à l’hôpital, où il est encore sous surveillance.
« Une carence d’hygiène importante »
Son examen a démontré « une carence d’hygiène importante », un « petit poids » et une « petite taille » pour son âge.
Cet examen mettait en évidence, notamment : une attitude recroquevillée de l’enfant avec position spontanée, genoux repliés contre le tronc, l’enfant déclarant ne pas pouvoir déplier les membres inférieurs, ni se mettre debout, ni même marcher.
Les médecins n’ont pas trouvé « de lésions traumatiques récentes » et ont également constaté « l’absence de lésions traumatiques au niveau génital ou anal ».
Le père vu en train de faire des allers-retours vers la camionnette
L’enfant « a disparu du jour au lendemain », selon l’enquête. Une voisine « avait déjà soupçonné la présence d’un enfant dans le véhicule », a également précisé Nicolas Heitz, en ajoutant que son père et sa compagne (qui n’est pas la mère de l’enfant) forment un couple décrit comme « peu avenants ».
D’autres voisins ont dit avoir vu le jeune garçon un soir de juin 2025, seul dans la camionnette. « Le père leur indiquait être en attente de placement », poursuit le magistrat. D’autres voisins ont d’ailleurs vu le père faire plusieurs allers-retours vers la camionnette en soirée.
Une ancienne voisine a d’ailleurs entendu la belle-mère de l’enfant dire à son conjoint : « Si tu ne fais rien, c’est moi qui vais placer ce gosse, parce qu’il est intenable. Je n’en peux plus. » Une autre voisine a indiqué qu’elle entendait souvent des disputes entre cette femme et l’enfant.
« Aucun des éléments médicaux n’étayait la réalité des problèmes psychiatriques de l’enfant », a pourtant précisé le procureur. De son côté, l’enfant a dit avoir « de très mauvaises relations » avec sa belle-mère « qu’il qualifiait de sa »pire ennemie » et de »méchante » », poursuit le magistrat.
Le père encourt 30 ans de prison
En outre, « l’enfant ne disposait pas ou plus de chambre dans l’appartement de la famille recomposée. Ses jouets étaient rangés dans un carton », a ensuite détaillé Nicolas Heitz.
Une caméra était orientée vers l’utilitaire. Cette caméra a permis de voir le père se rendre plusieurs fois dans le véhicule et « lancer quelque chose à l’intérieur ».
Pour répondre aux questions sur le manque de réaction des services sociaux et du système scolaire, une enquête administrative a été ouverte. Le père encourt quant à lui « 30 ans de réclusion criminelle », a conclu le procureur de Mulhouse.
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