Thierry Paulin, l’ADN, Belle-Île… Deux anciens de la police scientifique échangent sur leurs expériences

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Lors du salon « C’est 100 % Breton », le commissaire divisionnaire honoraire Richard Marlet et l’ancien officier de police judiciaire Didier Sonnois sont revenus sur leurs faits d’armes. La conférence a été animée par la journaliste Morgane Macé.

Deux expériences différentes

Didier Sonnois a travaillé à Marseille et à Lorient. Richard Marlet a été officier de police judiciaire dans la région parisienne. Le premier a travaillé pour la gendarmerie, l’autre pour la police.

« Je suis commissaire divisionnaire honoraire. J’ai commencé dans le quartier des Invalides où il se passe rien. J’ai préféré le 18e. Ma première scène de crimes, c’était l’assassinat d’une vieille dame : Suzanne Foucault. C’est la première des 17 victimes du tueur de vieilles dames Thierry Paulin », indique Richard Marlet. Il devient plus tard le chef de l’identité judiciaire en 1995. Il en part en 2005.

Biographies :

Richard Marlet :Commissaire divisionnaire honoraire, Richard Marlet a été à la tête des services de l’identité judiciaire et de la documentation criminelle du 36, quai des Orfèvres, où il a contribué à moderniser les méthodes de la police technique et scientifique. Fort de cette expérience, il s’est tourné vers l’écriture afin de partager son expertise avec un public plus large : il a publié «  Experts mode d’emploi  » et «  Profession chien policier  ». Il est également coauteur, avec Pierre Piazza, du livre La Science à la poursuite du crime. D’Alphonse Bertillon aux experts d’aujourd’hui.

Didier Sonnois : Fort d’une carrière de 35 ans au sein de la gendarmerie, Didier Sonnois s’est illustré notamment comme enquêteur et officier de police judiciaire, développant une solide expertise dans le domaine des investigations criminelles. En 2014, il rejoint Interpol en tant qu’expert-consultant, où il met ses compétences au service de la coopération internationale. Aujourd’hui responsable du pôle forensique au sein de Wide Int, il forme à l’international divers professionnels — avocats, policiers et militaires — aux techniques de police scientifique, telles que la balistique, l’analyse des traces de sang ou encore l’ADN. Animé depuis longtemps par le désir d’écrire, il s’y consacre depuis un peu plus d’un an. Il est désormais l’auteur de deux romans policiers «  L’effet Domino  » et «  Le retour des amazones  », inspirés de faits réels issus de sa propre expérience professionnelle.

L’analyse ADN

L’ADN ne sert pas qu’à montrer la culpabilité. « Cela permet aussi à innocenter », souligne Richard Marlet. Aux États-Unis, le projet « innocent project » a sorti des dizaines de personnes du couloir de la mort grâce à l’ADN.

Pour Didier Sonnois, les Anglos-Saxons étaient en avance sur l’ADN. « Thierry Paulin laissait beaucoup de traces. Guy Georges ne laissait pas de traces (seulement des traces biologiques). Le problème, c’est qu’il n’y avait pas de Fichier automatisé des empreintes digitales (Faed). Des personnes sont mortes pour rien », avance Richard Marlet.

Des affaires marquantes

Parmi les histoires marquantes, Richard Marlet cite l’attentat du 25 juillet 1995 à la gare de Saint-Michel du RER B.

« Le wagon est ouvert comme une boîte de conserve. La priorité, c’est le secours aux victimes. Nous, les enquêteurs, on ne fait rien. On accumule les images, les sons, les odeurs (de la poudre et du sang) », explique-t-il. La photographie permet d’immortaliser une scène de crime. Pour une autre affaire, celle de Lady Diana, les photos ont été utiles à l’enquêteur.

« Le scanner 3D permet d’éviter de polluer la scène », rebondit Didier Sonnois. « Les moyens étaient limités à mes débuts. Il n’y avait pas d’intelligence artificielle, que de l’intelligence humaine », ajoute Richard Marlet.

Le cas de la disparue de Belle-Île

« C’est une affaire particulière. J’étais de permanence à la gendarmerie maritime. Un marin-pêcheur me ramène une mandibule », avance Didier Sonnois. Il s’agit d’une mâchoire d’une jeune femme. L’os est dans l’eau depuis plusieurs années. Cela collerait avec la pharmacienne disparue à Belle-Île lors du Nouvel an de 1979.

Malgré des faits prescrits, Didier Sonnois reprend l’enquête avec l’aval du parquet. Il interroge sa sœur à Nantes. Elle lui indique le nom présumé du tueur de sa sœur. Une enquête préliminaire est ouverte. Didier Sonnois trouve deux autres disparitions troublantes autour de cet individu.

Le 11 septembre 2001, une opération de débroussaillage est organisée. La voiture n’est pas retrouvée. « Mais on apprend que l’ADN est masculin pour cette mandibule. Ce n’est donc pas la disparue de Belle-Île. Tout ça pour rien », avance Didier Sonnois.

Les « journées du crime et de la science »

Du 28 au 31 mai, à Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor), au pôle Phoenix, les deux anciens membres de la police scientifique seront présents. Le dossier de cette édition 2026 s’intéresse aux disparitions, cold case et à l’intelligence artificielle. Le directeur d’Interpol figure parmi les invités.

Un nouveau livre pour Richard Marlet

« Les disparitions, c’est l’angle mort des cold case », estime Richard Marlet. Il cite Pierre Chanal et l’affaire des disparus de Mourmelon. Pierre Chanal se suicide au premier jour de son procès.

Didier Sonnois et Richard Marlet au salon du livres du salon « C’est 100 % Breton » le 19 avril 2026. ©Actu Morbihan

Juridiquement, il est mort innocent. Richard Marlet sort un livre sur l’affaire le 23 mai.

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