Cadre au sein du groupe TotalEnergies depuis 2008, le Sud-Aveyronnais est aujourd’hui basé à Paris après avoir débuté à Pau et être passé par l’Asie.
Jérôme Sirgue, originaire de Coupiac par son père et de Saint-Jean-d’Alcas par sa mère, deux villages du Sud-Aveyron, exerce un métier qui n’existait pas quand il était plus jeune. Il est « digital product manager » (chef de produit numérique) chez TotalEnergies et habite à Paris.
Né en février 1985, l’ancien élève de l’enseignement privé à Rodez, qui a étudié à Sainte-Procule, Saint-Jo et Sainte-Marie part, bac S en poche, en classe prépa au lycée Fermat de Toulouse avant de poursuivre à l’École Polytechnique, à Palaiseau, en région parisienne. Puis à l’Institut français du pétrole (IFP, ou École nationale supérieure du pétrole et des moteurs) à Rueil-Malmaison où il se spécialise en géologie et géophysique. « Un pari sur l’avenir, dit-il. Je ne voulais pas travailler exclusivement dans un bureau. »
« J’ai adoré l’Asie »
L’année 2008 marque le début de sa carrière, à Pau, au sein de la branche Total Exploration & Production, « au centre technique chargé du support pour les filiales ». Avant un départ, en 2014, pour l’Asie où il passera près de trois ans et demi. « On était basé à Kuala Lumpur, en Malaisie. On explorait les sous-sols. Puis l’activité a été regroupée à Singapour », raconte le géophysicien de formation qui avoue avoir « adoré » l’Asie, « une belle découverte. »
Mais cette parenthèse asiatique de près de cinq ans s’achève en août 2018. « Total m’a demandé de rentrer à Paris, au siège de la Défense. J’aurais aimé rester en Asie, avoue Jérôme Sirgue. Mais le bureau devait fermer un an plus tard. »
Quatre années supplémentaires au sein de Total E & P, en tant qu’analyste pour la zone Amérique, « de l’Argentine au Canada », avant d’en devenir coordinateur pendant trois ans, au siège de TotalEnergies. « J’ai changé de voie en rejoignant les équipes d’analystes d’investissement. Il s’agit de calculer le coût des projets, de savoir combien ça peut rapporter en tenant compte des incertitudes. Un projet pétrolier, c’est très long, ça peut durer des années. Et quand on part de zéro, à chaque étape, on doit réévaluer les risques. » Des projets qui peuvent s’étaler dans le temps. « Sept ou huit ans, on considère que c’est rapide », précise l’Aveyronnais.
Du pétrole aux énergies renouvelables
À l’été 2023, il s’éloigne du pétrole alors qu’il est nommé chef de projet sur les énergies renouvelables (le solaire et l’éolien) avant de devenir chef de produit digital, en octobre dernier. « Je supervise des projets qu’on développe en interne et, avec mes équipes, on met en place des solutions digitales. »
Comme, par exemple, un logiciel pour « remonter automatiquement les chiffres clés de la production mensuelle ». Ou la mise au point d’un « système hybride éolien plus solaire » afin de « faciliter la conception technique de ces projets ».
Et quand il quitte son bureau du siège de TotalEnergies, dans le XVe arrondissement de la capitale, l’ingénieur retrouve sa famille. Son épouse Yuliya, d’origine ukrainienne, et leurs deux filles Héloïse et Gabrielle, âgée respectivement de quatre et trois ans. « Mes enfants sont élevées dans la double culture », se félicite l’Aveyronnais qui aime revenir sur ses terres rouergates, pour les vacances de Noël et l’été.
« Ma femme vient de la région de Carpates, dans l’ouest de l’Ukraine, qui est très rurale. Alors elle apprécie la campagne aveyronnaise » dit Jérôme Sirgue.
Cette campagne qui lui manque parfois, lui qui souhaiterait « trouver un peu de verdure du côté de l’Ouest parisien » pour s’installer en famille. Et respirer l’air frais de la nature, même s’il est bien loin de l’Aveyron de son enfance.







