Cette semaine, les reporters de Midi Libre vont à votre rencontre afin d’échanger sur les thématiques fortes de la campagne des élections municipales. Après Châteauneuf-de-Randon, Bagnols-sur-Cèze ou Ganges, nous sommes, vendredi 6 mars 2026, à Narbonne pour parler logement. Il y a bientôt six ans, la ville a institué des règles avant d’autoriser la location de tout logement.
Le 1er juillet 2019, Narbonne instituait un « permis de louer ». Objectif : lutter contre l’habitat indigne. Deux parties de la ville étaient alors concernées : le quartier de Bourg et une partie de Cité. Depuis le 1er janvier 2026, il a été étendu à l’ensemble du quartier de la Cité, à une partie des secteurs des Pyrénées, Four à Chaux et Mazagran. Il permet à la collectivité de « contrôler l’état du parc locatif privé dans les secteurs présentant un risque d’habitat dégradé ».
Nos reportages « Midi Libre sur la route » des municipales 2026
« Jusqu’au 31 décembre 2025, ce dispositif s’appliquait sous le régime de l’autorisation préalable de mise en location. Depuis le 1er janvier, il évolue vers un régime déclaratif, plus simple et plus souple pour les propriétaires, tout en maintenant un contrôle rigoureux de la qualité des logements », explique-t-on à la Ville. « Le Grand Narbonne a été précurseur en France », se félicite Aurélien Milhau, directeur de l’Agence Départementale d’Information sur le Logement de l’Aude (ADIL 11).
Certains bailleurs renoncent à louer
« Il s’agit d’un contrôle en amont avant d’autoriser un bailleur à louer un logement, ajoute-t-il. Contrôler qu’un logement est digne d’être loué, qu’il n’est pas dégradé. C’est un bon dispositif qui oblige le bailleur à réaliser des travaux, notamment quand il s’agit de passoires énergétiques ». Revers de la médaille : cette contrainte peut dissuader des bailleurs de louer, faute de moyens pour faire les travaux. « On a reçu des gens qui ont finalement renoncé à louer, surtout s’ils sont retraités, ils ne peuvent pas accéder à l’emprunt ».
« Se loger dignement est un droit fondamental, revendique Eric Hérout, responsable de la Fédération du logement pour le Narbonnais. Pourtant, de nombreux habitants vivent encore dans des logements insalubres ou mal entretenus. Humidité, moisissures, pannes répétées, manque de chauffage : ces situations touchent des familles, des personnes âgées, des jeunes et fragilisent le quotidien ». Il demande la rénovation des logements dégradés, l’encadrement des loyers et les charges, le renforcement des contrôles et exige des bailleurs « qu’ils répondent rapidement aux locataires ». « Trop de locataires signalent des problèmes sans obtenir de retour ni de solution », conclut-il.



