Ce film est projeté cette semaine à Marvejols.
Avec les Rayons et les Ombres, Xavier Giannoli s’attaque à un sujet délicat, qu’il convient d’aborder avec les mille nuances qui s’imposent : le comportement tout en ambiguïtés du patron de presse Jean Luchaire, homme de gauche ayant doucement glissé vers la collaboration avec les nazis durant l’Occupation.
Sujet délicat, car il nécessite d’être très pertinent historiquement. De ce côté-là, le film est vraiment impeccable, d’une rigueur et d’une vérité qui ne se dément jamais : tant la reconstitution que le dessin des personnages, tant le récit que le moindre accessoire ou costume, tout semble authentique, crédible.
Un film nécessaire et pédagogique
Mais Giannoli se doit aussi d’être irréprochable moralement : le jeu profond de Dujardin et du reste de la distribution lui fait remporter également le pari de ce côté-là. L’acteur interprète ce personnage ambivalent avec les nuances qu’il faut, en faisant un être humain avant d’être un « salaud« , relevant discrètement les ambiguïtés de ce caractère d’intellectuel qui s’est laissé piéger par les sirènes de la gloire et de l’argent.
Au final, le film est d’une part très spectaculaire, vaste fresque réalisée avec un vrai sens de la mise en scène, du rythme, des personnages et d’autre part, un bel objet de réflexion, qui évite le manichéisme, qui dérange et qui renvoie avec virtuosité à notre époque. Peu importe alors l’académisme de la reconstitution ou les petits arrangements avec la vérité : on a là un film ultime sur cette période noire de notre histoire, un film nécessaire, pédagogique et brillant.










