Le chantier mené par l’entreprise Côté Cigale a été lancé dans la nuit de lundi dans un cadre très réglementé.
Ce n’est pas une mince affaire. Ce lundi peu après 22 h, respectant un protocole sanitaire très précis et exigeant, l’entreprise Côté Cigale a débuté l’abattage des 12 platanes du cours Péri atteints ou menacés par le chancre coloré. Le chantier, protégé par un périmètre de sécurité et sanitaire important, s’est déroulé sous les yeux de quelques Lunellois mais surtout de plusieurs élus, dont le maire Paulette Gougeon.
Il a aussi été suivi de près, tout au long de la nuit par Philippe Gébelin, responsable du Pôle Paysage et Nature en ville qui a mis en œuvre et planifié les mesures imposées, et par Solène Rechoulet, inspectrice phytosanitaire de la Fredon Occitanie, organisme chargé par l’État du suivi de la santé des végétaux. « Je suis là pour contrôler que les obligations légales sont bien respectées. On suit le guide des bonnes pratiques et à l’issue du chantier, je produis un rapport d’expertise que je transmets aux parties prenantes. La zone fera aussi l’objet d’un suivi annuel pendant dix ans. Tout cela vise à s’assurer qu’il n’y a pas de risque de propagation« , explique Solène Rechoulet.
Éviter le risque de propagation de la maladie
Résultat : avant que n’intervienne le premier assaut de la pince mécanique munie d’une tête d’abattage, deux grosses heures de mise en place du chantier ont été nécessaires. « Le but du jeu c’est de propager le moins possible la maladie. Aussi, nous avons un certain nombre de mesures de prophylaxie à respecter avant de débuter le chantier comme la pose de géotextile sur tout le périmètre d’intervention, la mise en place de pédiluves avec du désinfectant antifongique et après l’abattage, la désinfection de tous nos véhicules et outils. Quant aux végétaux, ils sont broyés et incinérés« , précise Xavier Seigneuric, patron de Côté Cigale.
Des obligations en matière de biodiversité
Mais l’obligation légale de la Ville ne se limite pas à l’abattage. Au titre des enjeux de biodiversité, les alignements d’arbres sont protégés. La commune a donc été également dans l’obligation de rechercher l’éventuelle présence d’espèces protégées dans les 12 platanes concernés. En amont du chantier, Philippe Gébelin a fait appel à l’écologue Rodolphe Majurel. Ce dernier a inspecté les arbres et repéré plusieurs cavités avec des fientes de chauve-souris. Autant d’habitats potentiels dont la Ville doit compenser la destruction en posant des nichoirs. Mais ce n’est pas tout. Ces derniers jours, l’écologue a également marqué, avec des tissus, les portions d’arbre présentant ces cavités. « Lors de l’abattage, chaque branche marquée est présentée à l’écologue afin qu’il vérifie qu’aucune chauve-souris n’est présente avant l’évacuation des végétaux« , précise Xavier Seigneuric.
Chantier suspendu
Après 2 h de chantier et 2 platanes abattus, un problème hydraulique a affecté la machine. À 2 h 30 ce mardi, après plusieurs tentatives infructueuses de réparation sur place, décision a été prise de suspendre le chantier et de désinfecter la zone. Un pépin qui chamboule le calendrier puisque l’abattage était prévu dans la nuit de lundi à mardi, le déssouchage la nuit dernière et les plantations cette nuit.











