Bien qu’elle se plaigne de violences conjugales depuis une dizaine d’années, la femme n’avait jamais déposé plainte contre le père de ses deux enfants de 8 et 5 ans. Pas même la fois où, en pleurs, elle s’était réfugiée entièrement nue au milieu de la nuit chez sa mère, habitant non loin de chez elle à Dozulé (Calvados).
Ce sont des collègues de travail qui ont signalé à la gendarmerie les traces de bleus et les lésions qu’elle avait sur le visage le 24 février dernier quand elle a pris son travail à la maison de retraite où elle est salariée.
Isolement et idées noires
Son conjoint, qui n’avait aucun antécédent judiciaire, était placé en garde à vue puis incarcéré au centre pénitentiaire de Caen-Ifs dans l’attente de l’expertise médico-psychologique de la plaignante. Dans leur rapport, le médecin légiste et le psychologue ont relevé son isolement et des idées noires justifiant 1 jour d’ITT, sous réserve de constatations ultérieures.
Le vendredi 24 février vers 5 h 30 du matin, l’homme de 45 ans avait profité du sommeil de sa conjointe pour consulter son téléphone portable, qu’elle avait interdiction de sécuriser avec un mot de passe. Il constatait alors qu’elle échangeait des messages via WhatsApp avec un inconnu depuis un mois et demi. Des propos plus puérils que réellement compromettants qu’il dit avoir considérés comme un adultère. « Ce qui n’est pas une infraction pénale », lui précisera la procureure.
Hors de lui, il a injurié sa conjointe, l’a saisie par les cheveux, lui a asséné des gifles et a menacé de la tuer, elle et ses proches. Une scène de violence qui aurait duré une heure et demie, à laquelle a assisté l’adolescente de 14 ans qu’elle a eue d’une précédente union.
Une excuse trop souvent entendue
Face aux gendarmes, la mère de famille évoquera 10 années de vie commune émaillées de violences verbales et psychologiques et parlera de son isolement et de la surveillance constante dont elle faisait l’objet. Un jour où elle était particulièrement dépressive et menaçait de mettre fin à ses jours, il lui a dit tenir une corde à sa disposition et, du doigt, lui a montré une poutre « solide ».
« Tout ce qu’elle a dit est faux, je ne l’ai pas tapée, je l’ai juste repoussée. »
S’il reconnaît avoir fait des reproches à sa femme, il dément farouchement l’avoir frappée. Selon lui, les bleus sur le visage et la marque qu’elle avait au cou sont dus à la crème qu’elle s’applique chaque matin et à ses problèmes de circulation sanguine. « Le maquillage ne servait qu’à dissimuler les coups », le reprend la présidente.
Quant à l’excuse de la femme qui « marque » facilement – l’explication souvent entendue dans les affaires de violences – la magistrate semble surprise qu’elle ait encore cours. « C’est vrai que vous n’êtes pas habitué des prétoires, mais il faudra trouver autre chose. »
Maintien en détention
Le quadragénaire est condamné à 18 mois de prison dont 3 assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation de travail. Le tribunal ordonne son maintien en détention. Il a l’interdiction d’entrer en contact avec l’adolescente et sa mère et de paraître à leur domicile pendant 3 ans.
Le tribunal ordonne la privation des droits à pension de réversion, la privation du droit d’éligibilité pendant 5 ans et le retrait de l’exercice de l’autorité parentale sur les deux enfants du couple. Il devra verser 1 500 € à l’adolescente et 4 000 € à la plaignante pour leur préjudice moral ainsi que 1 200 € pour leurs frais d’avocat.
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