En assemblée générale, Ensemble sauvons Puech-du-Teil a exposé les priorités.
En 2023, en réaction à la coupe de 50 arbres, « un massacre », au 37 chemin Puech-du-Teil, naissait, dans un quartier où sept hectares d’espaces verts ont été supprimés pour laisser place à 26 résidences immobilières, l’association Ensemble sauvons Puech du Teil. Qui, toujours mobilisée sur le front de l’environnement, a tenu son assemblée générale, en ce mois d’avril, au foyer Hubert-Pascal, en présence d’une trentaine d’adhérents. Le point avec sa présidente, Sylvie Pribile.
Quel bilan tirez-vous de l’année 2025 ?
Tout d’abord le succès obtenu devant le Conseil d’État, qui a confirmé l’annulation du permis de construire prononcée par le Tribunal administratif du 2 chemin du Télégraphe, 6 000 mètres carrés sur lesquels étaient prévus 36 logements et 72 places de parking. C’est l’aboutissement de deux années de procédure. On a protégé un espace arboré de biodiversité où vivent écureuils, hérissons, huppes fasciées… Nous avons rencontré deux élus et candidats aux élections municipales, Franck Proust en juin et Vincent Bouget en octobre. L’association s’est également associée au recours gracieux des riverains, allée Carmen-Dechery : il y a eu une division de parcelle qui, si elle était suivie d’un permis de construire, menacerait des cèdres remarquables. L’adjointe déléguée à l’urbanisme, Dominique Lacambra, a répondu qu’il n’y avait pas de projet immobilier.
Travaillez-vous avec d’autres associations ?
Nous avons signé des conventions de partenariat avec Mémoire Verte et A.R.B.R.E.S. Nous avons également rencontré les représentant des comités de quartier Gambetta, la Placette, Croix-de-Fer, qui entament des actions contre des projets immobiliers.
L’arrivée d’une nouvelle équipe municipale vous donne-t-elle de l’espoir ?
Ils ont annoncé un programme de reverdissement. Nos adhérentes et adhérents sont toujours aussi motivés pour obtenir des nouveaux élus des actions concrètes en vue de préserver la qualité de vie du quartier, sauvegarder ses derniers îlots de fraîcheur et de biodiversité. Pour que Puech-du-Teil reste un poumon vert de la ville, il est urgent qu’intervienne un moratoire pour faire cesser l’urbanisation des terrains arborés et des jardins existants. Il est nécessaire et urgent que la ville de Nîmes procède à un classement par les documents d’urbanisme des terrains arborés et des jardins du quartier, assurant la préservation durable de leur valeur écologique pour la biodiversité et le rafraîchissement. La surface du 2 chemin du Télégraphe est équivalente à celle du parc Meynier-de-Salinelles : il faut protéger l’existant, ne pas dévégétaliser. La meilleure ombrière est de ne pas couper des arbres…
« Sauvegarder les derniers îlots de fraîcheur de Puech-du-Teil »
Nous avons rendez-vous avec Janie Arnéguy, conseillère déléguée aux comités et conseils de quartiers. Nous allons lui remettre, ainsi qu’aux autres élus à qui nous allons proposer un tour du quartier, une liste de terrains arborés particulièrement menacés qui ont besoin d’une protection spécifique et urgente, lui demander de nous considérer comme des interlocuteurs sur Puech-du-Teil et notre intégration dans le conseil de quartier Nîmes Ouest-Saint Césaire.
Des projets immobiliers sont-ils en cours dans le quartier ?
Il y a encore deux projets dangereux. L’un à l’angle de la rue Mourgues et du chemin des Collines. Le recours des riverains a permis que la sortie s’effectue sur le chemin des Collines. Un autre à l’angle des rues Revoil et Commandant-Charcot : la maison, qui est une ancienne menuiserie, ne serait pas touchée. Mais, derrière, sur le terrain arboré de 5 000 mètres carrés, il serait question d’un centre commercial avec logements. Aujourd’hui, le quartier, au niveau de l’urbanisation, est à bloc : on n’y touche plus. Et nous n’avons pas le sentiment qu’il y a un tel besoin de construire des logements alors que le centre-ville peut être rénové.
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« La circulation est thrombosée »
Autres sujets abordés, celui de la circulation. "Elle est trhombosée. L’urbanisation est arrivée au maximum." Ou encore les trottoirs, très précisément leur absence, sur de nombreux axes (chemin des Collines, Puech-du-Teil, rue Mourgues…) : "C’est bien beau de construire des immeubles, mais encore faut-il circuler." Enfin, rue du Vallon, de nombreux écureuils se font écraser. "Les adhérents ont demandé des panneaux avertissant du passage d’animaux. Pourquoi ne pas créer, comme à Montpelier, des passages en hauteur avec cordages pour les écureuils ?"







