L’énergéticien indépendant montpelliérain Qair a mis sous tension ses trois éoliennes flottantes situées à une vingtaine de kilomètres au large de Port-la-Nouvelle, dans l’Aude.
Il était un peu plus de midi quand la première des trois éoliennes flottantes du groupe Qair, producteur indépendant d’électricité et d’hydrogène renouvelables installé à Montpellier, dans l’Hérault, a été mise sous tension. Vers 14 h, c’était au tour de la seconde éolienne, puis en fin d’après-midi au tour de la troisième. Une étape de plus dans le projet baptisé Eolmed.
Les trois géantes ont été amenées et installées à une vingtaine de kilomètres au large de Port-la-Nouvelle. Chacune produit 10 Mégawatts, ce qui représente un total de 30 Mégawatts de production d’électricité renouvelables. « Trente Mégawatts, c’est l’équivalent de la consommation domestique du Grand Narbonne », rappelle Jean-Marc Bouchet, à l’origine de Qair, aujourd’hui président du conseil de surveillance.
Une ambition lancée il y a deux décennies
Le projet de mise sous tension des trois éoliennes flottantes a été lancé dès lundi dernier. « Après près de trois ans de travaux sur le quai industriel de Port-la-Nouvelle avant d’être remorqué à 18 km au large, le projet Eolmed est entré dans sa phase finale avec le lancement des opérations maritimes depuis la fin du mois d’août 2025 », explique-t-on chez Qair.
« C’est un projet sur lequel nous avons commencé à travailler il y a vingt ans, rappelle Jean-Marc Bouchet. Il a ensuite été abandonné en 2001, car à l’époque, on ne savait pas faire des éoliennes flottantes ». Puis il y a eu le déclic, lorsque « Didier Codorniou (le maire de Gruissan, dans l’Aude, et vice-président de la Région Occitanie, NDLR) nous a suggéré d’aller les installer plus au large, en pleine mer, alors qu’au départ, on les imaginait près de la côte ».
Des pâles de 82 mètres d’envergure
Puis, en 2013, c’est l’avancée. « Nous avons alors trouvé des gens prêts à faire flotter les éoliennes ». En 2015, Qair gagne un appel d’offres lancé par l’Ademe (Agence de l’environnement et pour la maîtrise de l’énergie), pour le compte de l’État. « Des solutions commençaient à se préciser », explique Jean-Marc Bouchet. Qair n’était pas le seul lauréat, deux autres voyaient également le jour : un mené par Engie, au large de Leucate, dans l’Aude, l’autre par EDF au large de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône.
Qair a quasiment tout fait fabriquer en France. Les pâles des éoliennes, d’une envergure de 82 mètres, ont été assemblées sur les quais de Port-la-Nouvelle. « Le grand avantage des éoliennes en mer, c’est qu’elles peuvent évoluer vers plus de puissances. On peut les faire grossir en mer et pas du tout sur terre, développe Jean-Marc Bouchet. Pour des problèmes de logistique et de transport, à cause de la dimension des pâles. » Pour l’avenir, « on parle de pâles pouvant aller jusqu’à 110 mètres ».
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Dans le projet Eolmed, Qair a investi pas moins de 400 millions d’euros. « Environ 10 % de cet investissement provient de subventions de l’Ademe et de l’Europe, le reste, c’est sur nos fonds propres ». C’est, selon Jean-Marc Bouchet, « sans doute le plus gros investissement dans la région de ces dernières années ». Une partie de l’électricité verte qui finira par être produite par les éoliennes va également alimenter son usine de production d’hydrogène renouvelable, qui entrera en service l’été prochain.





