Les préfectures sont sur le qui-vive pour mener des contrôles sur les bars musicaux et autres établissements de nuit. Plusieurs non-conformité ont déjà été établies dans l’Hérault et dans l’Aude où deux bars ont été fermés.
« Là, depuis l’incendie de Crans-Montana, c’est un peu la panique à bord : des maires nous contactent pour nous dire que sur leur commune ils ont des établissements qui sont peut-être des bars de nuit, alors nous les accompagnons au niveau de la réglementation. »
À la préfecture du Gard, la question de la sécurité des établissements de nuit est prise très au sérieux depuis plusieurs années mais, comme partout en France, encore plus depuis le dramatique feu mortel qui a tué 41 personnes en Suisse dans la nuit du nouvel An. Alors, le ministère de l’Intérieur a passé consigne aux préfets, par une circulaire mi-janvier, d’accentuer les contrôles. Un premier bilan dressé nationalement fait état de plus de 500 établissements recevant du public (ERP) contrôlés dont la moitié présentait des irrégularités et 10 % ont fait l’objet d’une fermeture administrative…
Si les discothèques, dont le nombre s’amenuise, sont surveillées par la préfecture, les bars musicaux, eux, sont sous le joug municipal.
Deux bars de nuit fermés à Carcassonne
C’est notamment le cas dans la ville de Carcassonne (Aude), où deux bars de nuit viennent d’être fermés sur décision du maire. « Ils n’étaient pas aux normes au niveau sécurité et s’ils sont fermés, c’est tant mieux, car certains n’en ont rien à faire de la réglementation » assume Thierry Deniau président de l’UMIH (union des métiers et des industries de l’hôtellerie) de l’Aude et vice président Occitanie. « J’ai pas envie que dans la région, on revive ce qu’il s’est passé en Suisse à Crans-Montana, il faut protéger nos enfants, des vies sont en jeu. Il faut absolument que tout le monde se mette en règle, quand on voit des cuisines sans détecteur de fumée… On marche sur la tête ! »
Dans l’Hérault, 9 établissements ont fait l’objet d’un contrôle la semaine dernière, dont 5 situés sur le territoire de la Métropole de Montpellier. « À l’issue, 5 avis favorables et 4 avis défavorables ont été émis » précise la préfecture. Des chiffres inquiétants et ce sont désormais aux maires concernées de décider des suites à donner, selon la gravité : verbalisations ou mesures administratives de fermeture. Dans le Gard, à Alès, seul un établissement nocturne a reçu une mise en demeure de se mettre en conformité, « mais il n’y avait pas de mise en danger de la vie d’autrui » précise les services du préfet à Nîmes.
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Un plan de contrôle « des établissements de petite taille », qui ne sont pas soumis à des visites de contrôles périodiques obligatoires, a également été lancé dans les Pyrénées-Orientales : « six ont été contrôlés, aucun n’a été mis sous avis défavorable » complète la préfecture à Perpignan. Le rythme des contrôles va ainsi s’accentuer. « Vingt-neuf visites de contrôle sont encore programmées sur des établissements de nuit dans les prochains jours et semaines. Nous serons extrêmement rigoureux dans les contrôles et exigeants vis-à-vis des exploitants » avertit par exemple la préfecture de l’Hérault.



