Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : "indigne de l’Assemblée nationale", le rapport d’Alloncle si critiqué est-il publiable ?

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Les députés de la commission d’enquête sur le financement de l’audiovisuel public doivent voter ce lundi la publication ou non du rapport du député héraultais d’extrême-droite Charles Alloncle.

Ce lundi, le rapport du député de l’Hérault et d’extrême-droite UDR (Union des droites pour la République) Charles Alloncle, de la « Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », qui a généré tant de tensions, sera soumis à un vote. Non pas pour le valider mais, déjà, pour savoir s’il doit être publié ou non tant il est déjà décrié, critiqué et sujet à caution.

« C’est un tissu de mensonges, d’approximations et de diffamations », a notamment réagi la députée du Parti socialiste Ayda hadizadeh auprès du média en ligne Les Jours. L’élue, une des 30 députés de la commission amenée à s’exprimer ce lundi, indique qu’elle votera contre.
Que contient ce rapport qui devait rester strictement confidentiel – à tel point qu’il devait être lu dans une salle spécifique de l’Assemblée nationale avec toute photo interdite – mais qui a fuité en fin de semaine dernière ? Il compile 80 propositions avec le but d’économiser un milliard d’euros par an pour le destiner à la conservation du patrimoine.

Et pour y arriver, le député veut supprimer France 5 – en fusionnant la chaîne avec France 2 – ou encore de réduire de trois-quart le budget des jeux de divertissements et d’un tiers du budget des ports de France Télévisions, qui possède pourtant des monuments de diffusion tels que le Tour de France ou le Tournoi des Six Nations de rugby. Il voudrait aussi rapprocher France Info et France 24 et même supprimer la radio des jeunes le Mouv, notamment spécialisé dans le rap…

« J’ai rarement vu un truc aussi souillon, ce n’est pas digne de l’Assemblée nationale », tacle un député centriste dans Le Parisien, alors qu’un autre, de gauche, évoque « des dingueries toutes les deux pages, l’esprit, c’est mentir, insinuer, grossir le trait », fustige-t-il. Charles Alloncle, lui, prend la posture de l’indigné. « La manœuvre de certains députés et médias complaisants est grossière : diffuser des fake news pour discréditer le rapport et justifier ainsi un vote défavorable lundi », a-t-il réagi sur le réseau social X. « Si le texte est censuré, plus personne ne pourra alors vérifier ce qu’il contenait réellement ni les révélations qu’il portait. »

Mais le député héraultais, lui, ne s’est pas interdit d’aller défendre son texte dans une table ronde, samedi, organisée par son collègue RN Jean-Philippe Tanguy sur la thématique : « Lutter contre la mauvaise dépense publique, l’exemple de France Télévisions ». De quoi faire sortir de ses gonds le président de la commission d’enquête Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), regrettant dans un communiqué « les interventions médiatiques » d’Alloncle et « sa participation à une conférence ».

« Il a instrumentalisé une commission d’enquête »

Du coup, publier le rapport pour témoigner de ses énormités supposées ou le retoquer au risque d’alimenter la thèse du bouc émissaire qui dérange : le vote ne va pas être simple à la commission ce lundi.

« Il a instrumentalisé une commission d’enquête à des fins de notoriété personnelle, en multipliant approximations et contre-vérités. C’est un texte à charge contre le service public, qui sert surtout les intérêts de grands groupes privés », tacle Fanny Dombre-Coste, députée de l’Hérault. « Il affaiblit un pilier de la démocratie, car le service public de l’information reste le meilleur garant du pluralisme et de l’accès à une information fiable. »

Le groupe Bolloré a exercé des pressions sur la commission d’enquête

Selon le journal Le Monde, qui a révélé l’information dimanche, le groupe Bolloré a tenté d’orienter la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Comment ? Via Lagardère News (Europe 1, le JDD), des questions à poser aux personnes auditionnées ont été proposées à une partie des députés composant la commission, dont le nombre reste à déterminer indique Le Monde. Des interrogations dans la lignée hostile envers l’audiovisuel public comme la plupart des 67 auditions menées par le rapporteur Alloncle entre novembre 2025 et avril 2026.

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