Municipales 2026 : d’Emmanuelle Gazel à René Revol, ces maires candidats qui n’ont pas touché la prime au sortant

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Battus, ou placés en ballottage défavorable, nombre de maires candidats à leur succession ont connu des revers parfois inattendus lors du premier tour, en Occitanie notamment. Tour d’horizon.

L’usure du pouvoir aurait-elle eu davantage d’impact, lors de ce premier tour des municipales, que la fameuse prime au sortant dont on dit souvent qu’elle est la règle ? Ce que confirment généralement les statistiques, et les chiffres ne mentiront probablement pas cette année encore.

Dans l’ex-Languedoc-Roussillon, de Louis Aliot (Perpignan) à Stéphan Rossignol (La Grande-Motte), en passant par Jean-Luc Chapon (Uzès), Jean-François Audrin (Saint-Georges-d’Orques), ou Robert Ménard (Béziers), les exemples n’ont pas manqué dimanche soir.

Mais, peut-être plus que de coutume, en attendant des confirmations définitives dimanche prochain, on a vu aussi nombre de sortants, solidement implantés, parfois depuis plusieurs mandats consécutifs, subir de sérieux revers. Et de se retrouver en grande difficulté avant le second tour, ou d’être carrément éliminés dès le premier.

D’Emmanuelle Gazel à Gérard Larrat

Il en va ainsi pour Emmanuelle Gazel à Millau (deuxième avec 40,53 % des voix, son adversaire Christophe Saint-Pierre est élu au premier tour). Gérard Larrat, lui, à Carcassonne (où il fut maire de 2004 à 2009, puis depuis 2014), a connu une déroute avec une quatrième place et un très cuisant score de 12,27 %, qui l’a conduit d’ailleurs à finalement jeter l’éponge.

Quant au maire de Laudun-L’Ardoise, Yves Cazorla, il a fait le même choix de se retirer ce mardi. Il avait terminé quatrième (sur quatre listes en lice) dimanche, avec un tout petit score de 16,36 % des suffrages.
D’autres sortants se trouvent placés pour ce deuxième tour en ballottage très défavorable.

Un avantage… à droite ?

Analyse Emmanuel Négrier, directeur du Centre d’études politiques et sociales à l’université de Montpellier/CNRS, estime que les effets de la prime au sortant s’apprécient aussi "tendance par tendance. Si on regarde les communes de plus de 3 500 habitants, un échantillon qu’on suit depuis quelques années, on avait évidemment une formidable prime au sortant lors des élections passées. Une prime toujours très importante pour les sortants de droite".

Évoquant le premier tour de dimanche, le chercheur indique que "les sortants de droite sont en bonne position ou déjà réélus à 79 %. Ce n’est pas le cas des sortants du centre, 72 % seulement, et encore moins de ceux de gauche, 65 % de réélus ou de ballottage favorable."

Et de citer, parmi les sortants de gauche battus au premier tour dimanche, en sus de ceux que nous mentionnons ci-contre, l’Héraultais Jean-Pierre Pugens à Montarnaud, ou le Gardois Jean Denat défait à Vauvert.

C’est le cas pour Jean-Yves Chapelet à Bagnols-sur-Cèze (avec 18,25 %, il a terminé deuxième, très loin derrière la candidate du Rassemblement national à 44,26 %), René Revol à Grabels (34,65 %, 16 points derrière Pascal Heymes arrivé en tête), Robert Crauste au Grau-du-Roi (32,33 %, deuxième à huit points derrière Charly Crespe), Frédéric Lafforgue à Castelnau-le-Lez (presque deux fois moins de voix que son challenger Julien Miro). Ou Christian Teyssèdre, en fonction à Rodez depuis 2008, et qui n’a que 52 voix d’avance par rapport à son ex-adjoint Stéphane Mazars.

Un vent de dégagisme ?

De là à écrire qu’un vent de dégagisme va souffler en région à l’occasion de ce scrutin des municipales 2026, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas encore. Même si, ce phénomène a été constaté dans bien d’autres villes ailleurs en France, dans des métropoles notamment, de Strasbourg (où la sortante Jeanne Barseghian n’arrive qu’en troisième position) à Nice (Christian Estrosi second, treize points derrière Éric Ciotti).

« Je crois qu’être maire sortant n’est ni un atout, ni un inconvénient. Après 43 ans d’une même politique, il y a eu envie d’un changement. Les gens veulent de nouvelles méthodes, de nouvelles priorités, c’est le message qui a été envoyé ce dimanche soir », estimait par exemple Julien Miro, au soir du premier tour, en détaillant les raisons du succès électoral qu’il venait de vivre et en attendant le verdict de dimanche.

Des revers pour les successeurs désignés

Reste le cas des successeurs désignés, qui, eux aussi, ont connu leur lot de revers. Tel Christophe Rivenq, à Alès, qui avait succédé en cours de mandat à Max Roustan à Alès. Ce dernier avait enchaîné les mandats et les élections au premier tour. Christophe Rivenq, lui, est certes arrivé en tête du premier tour, mais avec 32,61 % des voix, ce qu’il a lui-même jugé décevant.

Un sort dont se serait satisfait Sébastien Frey qui, pour d’autres raisons, avait lui aussi succédé en cours de mandat, à Agde, au maire élu en 2020, Gilles d’Ettore. Dimanche, il n’est arrivé qu’en troisième position avec à peine plus de 20 % des voix. Il s’est désisté mardi.

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