Dans le quartier Saint-Cléophas, une maison des années 60 a fait sa mue. Classée E avant travaux, elle affiche aujourd’hui une performance énergétique A après une spectaculaire rénovation globale, dont l’isolation extérieure. Un exemple concret, présenté lors d’une visite organisée par l’Alec, qui éclaire les promesses et les réalités de la rénovation énergétique.
Dans le quartier Saint-Cléophas, à Montpellier, une maison des années 60 a changé de visage… et de classe énergétique. Derrière sa façade fraîchement rénovée, difficile d’imaginer qu’elle était encore récemment une « passoire thermique ». En quelques mois, elle est passée de l’étiquette E à A. Une transformation spectaculaire que l’Agence locale de l’énergie et du climat (Alec) a choisi de dévoiler lors d’une visite ouverte au public.
Mi-avril, une trentaine de curieux se pressent dans le jardin. Propriétaires, futurs acquéreurs ou simples habitants : tous sont venus chercher des réponses concrètes. Car au-delà des dispositifs et des promesses, la rénovation énergétique reste un parcours semé d’incertitudes.
Un financement largement soutenu par les aides
A l’intérieur, le bal des questions commence. Isolation par l’extérieur, ventilation optimisée, remplacement du chauffage au gaz par un système électrique plus performant, découverte de la chaudière… La rénovation a été globale, et le chantier, long. Le propriétaire, qui a souhaité rester anonyme, reconnaît que l’expérience n’a pas été de tout repos. Il sourit : « Si c’était à refaire, j’hésiterais… Non, c’est super. C’est quand même la maison dans laquelle je vais mourir. »
« Les gens veulent voir comment ça s’est passé, combien de temps ça a pris, quelles difficultés il y a eues », explique André Lacassagne, conseiller à l’Alec. Face aux visiteurs, le propriétaire détaille son parcours, évoquant un chantier étalé sur plusieurs mois et un défi majeur : coordonner les entreprises. Son conseil revient comme un leitmotiv : « Surtout, faites-vous accompagner par Urbanis, moi ça m’a sauvé. »
L’opérateur, mandaté par la Métropole pour l’amélioration de l’habitat, est d’ailleurs présent sur place. Son chef de projet, Rudy Vallon, répond aux nombreuses sollicitations. « Beaucoup de questions portent sur les artisans, comment les trouver, comment ils travaillent », souligne-t-il. Il répond à tout ou presque, lève les craintes, rappelle les règles… Beaucoup de propriétaires présents sont en cours de parcours et cherchent, avant tout, à être rassurés…
Jusqu’à 90 % d’aides
Le coût total des travaux s’élève ici à environ 63 000 €. Mais le chiffre qui marque les esprits est ailleurs : 83 % de cette somme a été financée par des aides publiques. Dans le détail, 63 % proviennent de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) et 20 % de la Métropole de Montpellier.
Un levier déterminant, mais conditionné aux revenus du foyer et à la nature des travaux. « Selon les situations, on peut aujourd’hui atteindre jusqu’à 90 % d’aides », précise André Lacassagne. Des montants toutefois encadrés par des plafonds revus à la baisse ces dernières années, désormais autour de 40 000 euros.
Un parcours exigeant malgré les aides
Autre enseignement de la visite : la complexité des démarches. Pour bénéficier des aides locales, le recours à un accompagnateur, comme Urbanis, est souvent indispensable. Montage des dossiers, suivi administratif, coordination des intervenants : autant d’étapes qui nécessitent du temps et de la rigueur.
MaPrimeRénov’ : comment ça marche ?
MaPrimeRénov’reste en 2026 la principale aide publique pour financer des travaux énergétiques. Accessible à tous les propriétaires, son montant dépend des revenus et du gain de performance. Pour une rénovation globale, elle peut couvrir 35 à 90 % des travaux, avec un plafond autour de 40 000 € selon les cas. Le dispositif est désormais recentré sur les logements les plus énergivores (E, F, G) et impose souvent un accompagnement. Attention : les règles évoluent régulièrement et certaines aides sont conditionnées à des choix techniques (comme l’abandon des énergies fossiles) Plus d’infos et démarches : France Rénov’ (france-renov.gouv.fr)
Au fil des échanges, les visiteurs s’attardent autant sur les aspects techniques que sur les délais. Car si les aides existent, la disponibilité des entreprises reste un point de tension. Entre devis, planification et réalisation, une rénovation globale peut s’étendre sur plusieurs mois, voire davantage.
Le photovoltaïque n’est plus pris en charge
Certains dispositifs évoluent également. Les panneaux photovoltaïques, intégrés dans ce projet, ne sont par exemple plus pris en charge dans le cadre des rénovations globales, un changement qui interroge plusieurs participants.
En quittant les lieux, une idée s’impose : oui, transformer une passoire thermique en logement performant est possible. Mais cela suppose anticipation, accompagnement… et persévérance. À Saint-Cléophas, cette maison en est la preuve concrète. Une réussite qui, à l’heure de la hausse des factures d’énergie, pourrait bien faire école.







