Ce jour-là, le 30 août 2024, un homme de 78 ans était venu pêcher à l’étang du Pasquier (Jura) avec son petit-fils de 12 ans, son épouse et leur chien, lorsqu’un jeune homme de 32 ans est arrivé sur les lieux accompagné de son chien, un staff de deuxième catégorie, non muselé et non tenu en laisse.
La réglementation interdit la détention sur la voie publique de chiens d’attaque, de garde ou de défense (catégories 1 et 2) sans laisse. De plus, l’absence de muselière pour ces chiens constitue une infraction supplémentaire.
Lorsque la victime a fait remarquer que le chien devait être tenu en laisse, son propriétaire a répondu : « Il est gentil ! », avant que chacun ne retourne à ses activités de pêche.
L’agression en fin de journée
Vers 20 heures, alors que la famille s’apprêtait à rejoindre les voitures, le staff s’est précipité vers le chien de la victime. Pris de peur, le grand-père a donné un léger coup avec son bâton de marche pour éloigner l’animal. Ce geste a provoqué une réaction violente de son propriétaire, qui a frappé le septuagénaire au visage, le faisant chuter. L’agresseur a ensuite continué à lui asséner des coups tout en proférant des menaces, encouragé par son propre père.
Le grand-père a perdu connaissance, mais des témoins de la scène sont intervenus pour séparer les protagonistes, mettant fin à l’agression.
Comparution devant le tribunal
Le propriétaire du chien a comparu devant le tribunal correctionnel pour violences ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, ainsi que pour les infractions relatives à son chien. À la barre, le prévenu a eu du mal à reconnaître sa responsabilité, justifiant son comportement par le coup de bâton donné à son chien.
La présidente du tribunal a relevé l’absence de remise en question du prévenu, deux ans après les faits. Le procureur, appuyant son propos par des gestes, a demandé : « Qui, dans chaque plateau de la balance, a le plus de torts ? »
Un lourd passé judiciaire
L’agresseur, vivant seul avec son chien et percevant l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), a déjà 17 mentions à son casier judiciaire, notamment pour des faits de violence. En état de récidive légale, il a finalement exprimé des regrets.
Conséquences pour les victimes
L’avocat de la partie civile a rappelé les répercussions graves de l’agression : l’enfant, traumatisé, a mis plus d’un an à retourner sur les lieux et a dû recevoir un suivi psychologique. Quant au grand-père, il conserve des séquelles de l’agression. Le ministère public a demandé une réponse ferme pour mettre un terme au cycle de violence et a suggéré une interdiction de détention d’un chien.
Verdict du tribunal
L’avocat de la défense a insisté sur le rôle du chien dans l’équilibre psychologique de son client, soulignant que l’animal n’avait ni mordu ni grogné. Le tribunal a décidé de ne pas retirer le chien au prévenu.
Ce dernier a été condamné à 18 mois de prison, dont 8 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans, assortis d’une obligation de soins, d’une obligation d’indemniser la victime et d’une interdiction de contact avec cette dernière pour une durée de trois ans. À cela s’ajoutent deux amendes de 75 € pour les contraventions, ainsi qu’une provision de 800 € et 800 € supplémentaires au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale. La partie civile a également été déclarée recevable et une expertise a été ordonnée.
XX XX XX/a>.









