Après des années de procédure, la justice a donné raison à la famille de la victime. Dans une décision du 26 février 2026, dont les conclusions ont été diffusées en avril, le tribunal administratif de Rouen a condamné le Centre hospitalier intercommunal Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil pour faute médicale. Une condamnation qui fait suite au décès de Guy Auzoux, ancien conseiller régional et départemental, et élu au conseil municipal de La Haye-Malherbe (Eure), survenu en août 2021 après une erreur de diagnostic aux urgences de l’établissement.
Rappel des faits
Le 13 août 2021, en fin de journée, Guy Auzoux, 75 ans, commence à ressentir de vives douleurs au dos après avoir tondu sa pelouse. Durant la nuit, il subit d’intenses douleurs et est pris de vomissements. Le lendemain matin, il est admis aux urgences du Centre hospitalier.
À 8 h 55, un médecin urgentiste diagnostique de simples « lombalgies communes » et l’autorise à rentrer chez lui avec des antalgiques. « Il est ressorti de l’hôpital en disant qu’il avait un lumbago… On ne lui avait même pas fait de palpations et il souffrait énormément. Il est allé se reposer et, dans l’après-midi, il est décédé », se souvient Nicolas Auzoux, son fils âgé de 45 ans, qui dirige la société Auzoux Voyages, fondée par ses parents en 1977 à Louviers et désormais basée à Vironvay.
Malgré l’intervention du Samu, le décès est prononcé le 14 août, à 17 h 05. Guy Auzoux laisse alors derrière lui trois enfants et sept petits enfants, dans l’incompréhension face à la tournure brutale des événements. Une autopsie est demandée dans les jours qui suivent.
Un long volet judiciaire
Cet examen révélera que la mort a été causée par un choc hémorragique dû à la rupture d’un important anévrisme de l’aorte abdominale. Le 11 mars 2022, la famille saisit le juge des référés pour demander une expertise médicale. Dans son rapport, l’expert mandaté conclut à des manquements de l’hôpital dans la prise en charge de Guy Auzoux. Le début d’un long combat judiciaire, qui aboutit au jugement du 26 février 2026.
Dans sa décision, le tribunal retient que l’équipe médicale a effectivement manqué à ses obligations. Il pointe notamment « l’abstention du médecin urgentiste à effectuer une palpation de l’abdomen » ainsi que « l’absence de réalisation d’un bilan biologique ». Pour les juges, ces examens auraient permis la « mise en évidence du très gros anévrisme abdominal aortique » dont souffrait Guy Auzoux.
« Perte de chance d’échapper au décès »
En conséquence de ces fautes, l’hôpital est condamné à verser des réparations à la famille, sur la base d’une « perte de chance d’échapper au décès » de 10 %. Le tribunal considère en effet que, même avec un diagnostic parfait et immédiat, la survie n’était pas garantie à cause de la gravité de la pathologie dont souffrait Guy Auzoux.
Le tribunal administratif de Rouen a donc condamné le CHI Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil à verser une somme totale de 15 157,02 euros au titre des divers préjudices pour la famille, auxquels s’ajoutent 2 900 euros correspondant aux frais d’expertise médicale et aux frais de procédure.
« Pour nous, ce ne sont pas les indemnités qui comptent », commente Nicolas Auzoux. « On voulait surtout que les diagnostics soient mieux effectués, afin que ça n’arrive pas à d’autres. »
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