Municipales 2026 en Occitanie : les alliances peuvent bouleverser le scrutin, "mais ce n’est pas une simple addition"

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L’Héraultais David Gouard est maître de conférences en sciences politiques à l’université de Toulouse. Il décrypte pour Midi Libre les enjeux des fusions, alliances ou désistements qui marquent l’entre-deux tours des municipales en région.

Le politologue montpelliérain David Gouard. DR

On parle beaucoup, en région, de la fusion entre LFI et le PS à Toulouse. Est-ce que cela peut permettre à la gauche de renverser le maire Jean-Luc Moudenc ?

L’addition des voix de l’ensemble de la gauche au premier tour donne 55 %. D’un point de vue arithmétique, elle peut donc l’emporter, mais on sait bien que ce n’est pas aussi simple. Ce second tour repose en fait sur deux enjeux, le premier étant la participation. Il y a eu, à Toulouse, une mobilisation plus forte qu’au niveau national et cela s’explique notamment par le travail des Insoumis dans les quartiers. Ont-ils atteint leur plafond ou peuvent-ils encore jouer sur l’enjeu, majeur, pour chercher de nouveaux électeurs ? Par ailleurs, tous les électeurs socialistes vont-ils adhérer à cette union ? Dans ces élections municipales qu’elle a jadis enjambées, l’objectif de La France Insoumise est seulement de décrocher des trophées dans la perspective de la présidentielle et Toulouse, 4e ville de France, pourrait être le principal. Certains socialistes pourraient être tentés de ne pas aider LFI et, soit de s’abstenir, soit de se tourner finalement vers Jean-Luc Moudenc et son discours rassembleur. Ce n’est donc pas gagné.

À Nîmes, c’est la droite qui se retrouve pour ne pas perdre sa plus grande ville. Mais l’écart n’est-il pas trop conséquent ?

La ville a plutôt été bien tenue ces dernières décennies par la droite et cette division relevait plus d’une crise de leadership, de lutte de personnes. Mais celles-ci partagent le même socle idéologique et politique. À moins que les électeurs veuillent vraiment sanctionner le fait qu’ils aient été divisés pendant des mois – et c’est difficile à appréhender –, l’addition des deux scores peut plus facilement s’opérer. Certes, la marge de manœuvre n’est pas importante, mais la victoire est possible dans ce genre de situations.

« Le front républicain paraît difficile à enclencher »

Et lorsque des candidats se désistent, comme à Sète ou Alès, le report de voix peut s’opérer ?

Il est toujours difficile de déterminer le comportement des électeurs, mais souvent, lorsque les listes arrivées devant ne s’embêtent pas avec une fusion parce qu’elles ont une avance confortable, elles bénéficient assez largement du report de voix de candidats qui affichent une proximité idéologique et se désistent pour ne pas favoriser une liste qui ne correspond pas à ses valeurs. Cela peut donc modifier en effet la configuration du second tour.

Pour autant, dans les villes où le RN a une large avance, comme à Agde ou Bagnols-sur-Cèze, le front républicain peut-il fonctionner ?

On a vu, à Perpignan, à Beaucaire ou à Moissac où il s’est largement imposé au premier tour, qu’il y a désormais une normalisation du vote RN. C’est d’autant plus vrai dans ces municipales que les candidats ont orienté le débat sur des considérations strictement locales, moins clivantes idéologiquement que les sujets débattus dans les scrutins nationaux. Au regard des écarts considérables au premier tour, 16 points à Agde, 26 à Bagnols-sur-Cèze, même avec des désistements, le front républicain paraît difficile à enclencher.

Les candidats doivent-ils donc aller chercher des voix parmi les abstentionnistes ?

Mise à part dans les communes où il y a de forts enjeux, la participation a suivi la tendance générale, depuis 30 ans, d’une diminution. Je ne crois donc pas au regain de mobilisation en quelques jours seulement.

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