Le 30 avril, il n’y aura plus un seul engin ni un ouvrier sur le site de l’ancienne raffinerie Exxon-Mobil. Le chantier de réhabilitation sera enfin terminé. Pourra-t-on en dire autant des odeurs d’œuf pourri ?
Les riverains de l’ancienne raffinerie Exxon-Mobil de Frontignan s’en souviendront encore longtemps. Durant toute la durée du chantier de réhabilitation des 11 ha du site, une odeur d’œuf pourri a empoisonné leur quotidien, particulièrement celui des habitants vivant aux abords des quais Voltaire et Jean-Jacques-Rousseau. Une odeur déjà présente toutefois avant même que le chantier ne soit lancé.
Mais « la dernière année de ce chantier, qui a duré trois ans et demi, a été particulièrement compliquée pour les habitants. On en a donc pris plein le nez« , rappelle Cécile Laurens, présidente de l’association des riverains du quartier Près-Saint-Martin et du canal du Rhône, créée en janvier 2019. La faute, entre autres, à la Tramontane, sans doute partie en vacances cette dernière année des travaux et ne chassant plus au loin cette odeur pestilentielle d’œuf pourri.
Une première tentative d’éradication qui fait pschitt
L’État ayant la responsabilité de la santé des habitants et de l’environnement, l’association lui demande d’intervenir dans un courrier recommandé envoyé à la préfecture en janvier 2021. Et d’autant que l’odeur a pour origine des émanations de sulfure d’hydrogène (H2S), ainsi que l’a confirmé l’étude réalisée par l’ATMO Occitanie durant l’hiver 2018-2019.
L’industriel, saisi aussi par l’association, mandate la société Antea Group de Pérols afin qu’elle engage des travaux. Ces derniers consistent à boucher les trous et fissures des murs des quais du canal, puis de placer des tuyaux pour rediriger les eaux souterraines chargées de H2S vers le fond du canal, plus en profondeur, pour qu’elles se diluent sans générer de mauvaises odeurs. Une amélioration est constatée, mais qui se révèle au final insuffisante en raison de la reprise de la dégradation inéluctable des quais.
La deuxième et dernière tentative sera-t-elle la bonne ?
Nouvelle tentative en 2025, Esso North/Atlantic, qui a racheté Esso, met la main à la poche en investissant 1,70 M€ pour lancer un nouveau chantier. Sur la partie problématique du quai Rousseau, un voile en béton est collé sur son mur. Le chantier, lancé en septembre 2025, a pris fin depuis peu. Au voile en béton, de 100 mètres de long, ont été ajoutées 60 barbacanes placées sur le mur du quai. Leur rôle ? Renvoyer les eaux souillées de sulfure d’hydrogène au fond du canal.
« D’après les échanges que j’ai eus avec la directrice de projet chez Antea Group, ce lundi 27 avril, il ne devrait plus y avoir de mauvaises odeurs se dégageant du canal. Je leur fais confiance et j’espère que ce sera suffisant, mais le risque zéro n’existe pas. J’espère aussi que ces eaux souterraines n’iront pas chercher un autre chemin plus loin dans le temps« , indique Céline Laurens.
La vigilance sera toutefois de mise pour l’association, particulièrement cet hiver, période au cours de laquelle les températures étant basses, les odeurs sont plus perceptibles. Rendez-vous cet hiver pour connaître le fin mot de l’histoire.







