"En fin de journée, c’est un carnage, on se fait bouffer" : à La Grande-Motte, les habitants excédés par l’invasion de moustiques

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À La Grande-Motte, habitants, commerçants et touristes constatent un nombre inhabituellement élevé de moustiques. Certains s’en amusent, d’autres se voient bridés dans leurs activités, allant même parfois jusqu’à adapter leur emploi du temps en fonction d’eux.

Les Grand-Mottois sont excédés. La cause ? La prolifération inhabituelle de moustiques. Fin avril, une habitante de la station touristique a même lancé une pétition appelant la mairie à « mettre en œuvre une lutte efficace contre les moustiques ». Elle a reçu près de 800 signatures. Ce lundi 27 avril, à la demande de la mairie, l’EID Méditerranée a réalisé une opération spéciale de démoustication sur 19 km de route. Mais que se passe-t-il à La Grande Motte ? On est allés à la rencontre d’habitants, de touristes et de commerçants.

L’odeur de citronnelle envahit déjà les terrasses

Ilyes, Walid et Rayan, trois jeunes de 20 ans originaires de Pérols sont venus passer l’après-midi en bord de mer. Assis au premier rang d’une terrasse située face à la plage du centre-ville, Walid se gratte le coude. « Cette année c’est n’importe quoi les moustiques, il y en a énormément ! », déplore-t-il avant qu’Ilyes surenchérisse avec dérision : « Et ils sont énormes en plus, c’est des dragons les machins ! » La semaine passée, les trois amis s’étaient rendus dans une forêt à Castries pour faire du sport et avaient dû écourter leur séance… « On avait à peine commencé et on s’était déjà fait piquer par une dizaine de moustiques. On est partis au bout de dix minutes, c’était impossible de continuer », rapporte Rayan toujours choqué par leur nombre ce jour-là.

Quelques terrasses plus loin, le patron d’un restaurant présent depuis plusieurs années à La Grande-Motte dit ne jamais avoir vu une invasion pareille si tôt dans l’année : « Dès le début du mois d’avril ça sentait déjà la citronnelle à plein nez sur la terrasse. On voit tous les jours des clients se gratter et on les entend beaucoup se plaindre ». Il a lui aussi acheté son petit stock de produit anti-moustiques pour ses salariés et lui-même. « Sans ça, dès qu’on arrive en fin de journée, c’est un carnage, on se fait bouffer », assure-t-il.

En pharmacie, la ruée sur les produits anti-moustiques

"En 20 ans à La Grande Motte j’ai rarement vu ça", affirme Jean-Philippe Bataille, gérant de la Pharmacie du Couchant. Dès le début du mois d’avril, avec le retour des beaux jours, tout le monde s’est jeté sur ses produits anti-moustiques. "En trois semaines, j’ai vendu l’équivalent de tout ce que j’ai vendu sur l’année 2025."

Pas de quoi étonner le pharmacien pour autant : "Quand il s’est remis à faire beau, il restait de l’eau stagnante partout à cause des gros épisodes de pluie de cet hiver. C’était la fête pour les moustiques", s’est-il amusé, tout en déplorant les nuisances que cela a entraîné pour les habitants.

Derrière le comptoir de la Pharmacie du Port, Luz Guilhaume revient sur cet épisode qui les a pris de court : "On a dû piocher dans nos stocks de l’année dernière car nous étions en rupture de stock. D’habitude les moustiques arrivent deux mois après." Aujourd’hui le rayon est à nouveau plein.

17 heures, l’heure des moustiques

Du côté de l’étang du Ponant, une zone plus verte et humide donc plus propice au développement des moustiques, les petits insectes sont sans pitié. Eddy, 46 ans, et ses deux enfants de 8 ans, Anouk et Sacha, dégustaient leurs glaces sur un banc quand ils se sont fait attaquer, peu après 17 heures. « Trente secondes après m’être assis, j’avais déjà 4 à 5 moustiques posés sur moi », raconte le père. Il s’amuse d’ailleurs de la petite scène dont il a été témoin chez le marchand de glaces. Un couple de personnes âgées assis à côté d’eux s’est levé à 17 heures pétantes en déclarant : « Ça y est, c’est l’heure des moustiques ! » Ils sont partis aussitôt. Les enfants d’Eddy accueillent les petits insectes chacun à sa manière : « Sacha a décidé d’en faire son combat, il s’amuse à en tuer le plus possible, quant à Anouk elle a décidé d’ouvrir un bar à moustiques », plaisante le papa en désignant la jambe écorchée de sa fille.

Ils ne montent pas plus haut qu’à 7 mètres

Quelques mètres plus loin, Guy Perreau, retraité de 84 ans, traîne tranquillement son chariot de courses. Il sait qu’une fois rentré chez lui, les moustiques ne l’auront pas. Le secret ? Habiter au deuxième étage. « Vous savez, à cette hauteur-là, il est très rare de les voir », lance-t-il avec un sourire, comme s’il les narguait de ne pas pouvoir l’atteindre. Les moustiques ne volent généralement pas à plus de 7 mètres au-dessus du sol.

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