« On avait une belle vie, des projets… En quelques instants, tout est parti, j’ai tout perdu. »
Dans sa maison de Mérélessart (Somme) où il est revenu vivre avec sa famille, Donatien Polleux a lancé une cagnotte en ligne pour pouvoir obtenir justice, après le grave accident de moto qui a brisé sa vie en 2023.
Toujours lourdement handicap, il raconte
Le père de famille raconte…
« Nous étions partis vivre en Vendée », commence le père de famille, aujourd’hui âgé de 40 ans.
« C’est là-bas que j’ai eu mon accident. J’étais ouvrier boucher, c’est en quittant mon boulot que c’est arrivé… »
C’était en août 2023, sur une route près de Challans. Donatien rentrait chez lui sur sa moto.
Après avoir doublé une voiture, il continuait sa route lorsqu’un autre véhicule s’est déporté sur la droite avant de traverser la chaussée pour faire demi-tour.
Je n’ai que des bribes de souvenirs. Je me souviens avoir percuté la voiture. J’ai l’image des secouristes qui découpent mon blouson. Puis l’hélicoptère qui m’emmenait. Rien d’autre.
Bilan : des fractures multiples et ouvertes (les deux poignets, l’humérus), le crâne et le bassin fissurés, des nerfs arrachés, tous les tendons du poignet gauche sectionnés… « On m’a plongé dans le coma jusqu’à ma première opération », témoigne-t-il.
Son bras gauche est toujours inutilisable
Après quatre mois passés à l’hôpital, d’abord à La Rochelle, puis à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Donatien Polleux a commencé une longue période de rééducation avec des séances quotidiennes.
J’ai retrouvé assez vite l’usage de mon bras droit, mais beaucoup de mouvements restent contraints. En revanche, je ne peux rien faire de mon bras gauche.
Joignant le geste à la parole, l’ancien motard retire l’attelle qu’il porte en permanence. Le bras gauche retombe alors. « Je peux juste remuer les doigts, rien de plus », souffle-t-il, avant d’ajouter : « Je suis devenu complètement dépendant. »
Ouvrier boucher, Donatien prévoyait d’acheter son propre commerce. « Mais ça n’arrivera pas. Je ne peux même pas porter un morceau de viande, alors vous imaginez bien que couper ou désosser… »
Pompier volontaire, il a dû renoncer à sa passion
Enterrée aussi, sa passion pour la moto.
J’ai eu mon permis à 20 ans, je n’avais jamais eu le moindre accident. Aujourd’hui je ne peux même plus conduire une voiture.
Plus difficile encore, peut-être : Donatien a dû renoncer à son engagement de pompier volontaire. « Je l’ai été pendant quinze ans, d’abord à Airaines, puis à Hallencourt, et je continuais en Vendée. C’était une vraie passion », lance-t-il avec émotion.
Motard, pompier, ouvrier boucher… « J’ai tout perdu », constate-t-il, amer. Brisé physiquement, touché psychologiquement, Donatien a entamé un long processus de reconstruction. D’abord en Vendée, puis à Mérélessart où la famille a décidé de revenir.
Un processus judiciaire à rebondissements
Parallèlement le désormais quadragénaire s’engage dans un processus judiciaire à rebondissements, qui le pousse aujourd’hui à lancer une cagnotte en ligne pour l’aider à faire face aux frais de justice.
En septembre 2024, en première instance aux Sables-d’Olonne, le conducteur de la voiture qui a percuté Donatien Polleux a été condamné à quatre mois de prison avec sursis, six mois de suspension de permis, 90 € d’amende, et à verser des indemnités.
Mais l’homme a fait appel. Et en novembre 2025, au tribunal de Poitiers, le jugement a été tout autre : « 80 € d’amende pour lui, et 50 % des indemnités pour moi. Rien de plus », peste Donatien. En résumé : torts partagés, un témoin ayant évoqué une vitesse excessive.
Une cagnotte pour l’aider à faire face aux frais de justice
« Je vais en cassation, au moins pour obtenir les indemnités, annonce-t-il. Je continue à percevoir mon salaire : c’est un accident de travail, puisque je quittais le boulot. Mais c’est toute ma vie qui est partie en l’air ce jour-là ! »
Mais la cassation nécessite un avocat spécialisé… et un tout autre budget. « C’est 4 000 à 10 000 €, c’est pour ça que j’ai créé une cagnotte », précise Donatien. « J’ai besoin d’aide pour obtenir justice. »
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