Excédé par des nuisances sonores qu’il dénonçait depuis des mois, un Alésien résidant dans une résidence de la commune a poignardé son voisin à la cuisse. Jugé au tribunal ce mardi 17 mars, il a été condamné à 18 mois de prison dont 9 avec sursis probatoire.
À la barre, appuyé sur sa canne, car en situation de handicap, il reconnaît les faits sans détour. Ce soir-là du 9 janvier 2026, dans sa résidence où il vit depuis 2020, le mis en cause dans l’affaire de ce jour aborde le conflit larvé avec ses nouveaux voisins. Celui qui l’a conduit à porter un coup de couteau dans la jambe du voisin. Depuis « huit à neuf mois« , assure-t-il, il subissait des nuisances nocturnes répétées d’une famille arrivée récemment. « J’allais frapper tous les soirs depuis six mois« , explique-t-il.
Une nouvelle famille dans la résidence et des soucis de tapage nocturne
Un soir, la dispute de trop éclate. Les deux hommes s’invectivent copieusement. Le prévenu rentre alors chez lui, saisit un couteau à viande et revient. Il porte un coup à la cuisse de son voisin. « Comme ça, je savais que je n’allais pas le tuer« , justifie-t-il. Le président de l’audience, Simon Lanes, recadre aussitôt : « Vous savez qu’il y a l’artère fémorale à cet endroit ?«
Le procureur de la République, Abdelkrim Grini, dénonce des faits « simples mais graves » et une dérive inquiétante. « On ne se fait pas justice soi-même. La violence n’est pas un mode de règlement des conflits« , martèle-t-il, rappelant qu’ »en sectionnant l’artère fémorale, c’est fini en moins de deux minutes« . L’homme, qui admet avoir un certain passif avec l’alcool, avait bu quatre bières ce soir-là, affichant 0,27 mg/l d’air expiré. Reconnaissant un rapport compliqué à l’alcool et à la violence, avec quatorze mentions à son casier, il insiste sur le fait qu’avant l’arrivée de la famille, il « n’avait pas bu depuis 7 ans.«
Un homme « utile à la société » selon Me Joris Numa
La défense insiste pourtant sur le contexte. Me Joris Numa souligne que son client « reconnaît intégralement les faits« , qu’il avait alerté son bailleur à plusieurs reprises et qu’il n’a pas cherché la bagarre. « Le premier contact belliqueux vient du voisin« , plaide-t-il, décrivant un homme handicapé, travailleur et « apprécié » de ses voisins. « Avec son handicap, il pourrait ne pas travailler. Il se lève pourtant très tôt le matin, cultive ses plantes comestibles sur son balcon. Cet homme-là sert la société« , martèle-t-il.
Le tribunal entre pourtant en voie de condamnation. L’homme est condamné à 18 mois d’emprisonnement, dont neuf assortis d’un sursis probatoire de deux ans, avec obligation de soins, stage de citoyenneté et interdiction de port d’armes. Une peine ferme aménageable qui sanctionne un geste jugé disproportionné face à un simple conflit de voisinage. « Il y a toujours mille autres moyens de régler le conflit« , estime Abdelkrim Grini.





