"N’avez-vous pas peur d’être sa prochaine victime ?" : à Béziers, un Sétois jugé pour avoir violenté sa compagne et mis un coup de couteau à son voisin venu la secourir

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Un jeune Sétois de 21 ans a commis des actes de violence envers sa compagne, mais aussi envers son voisin qui était venu à la rescousse de cette jeune femme, rue Victor Hugo à Béziers, le 17 février dernier. Il avait pris la fuite pour se soustraire à la justice.

Ce jeudi 19 mars, le procureur de la République de Béziers, Arnaud Faugère, est venu rappeler les risques encourus par une jeune femme si elle restait en contact avec son compagnon. « N’avez-vous pas peur d’être sa prochaine victime ? Parce que vous devriez ! Et de mon côté je n’ai pas du tout envie de vous compter sur la longue liste des féminicides en France. »

« Non, lui a répondu la jeune femme. Nous nous insultons, on se met des gifles, mais en aucun cas je ne suis une femme battue. On s’aime depuis l’âge de 11 ans. Il n’a pas besoin d’aller en prison. Il doit juste se soigner. Prendre son traitement. » Lors de cette audience les magistrats devaient juger des faits de violences intrafamiliales qui se sont terminées par un coup de couteau asséné au voisin venu défendre la jeune femme.

Un coup de couteau et il prend la fuite

Le 17 février à Béziers, le couple s’est, selon les voisins, une nouvelle fois disputé, rue Victor-Hugo à Béziers. Les policiers sont intervenus ce soir-là, car le voisin a tenté de s’interposer dans la dispute et il a pris un violent coup de couteau qui s’est enfoncé de 7 cm au niveau de la hanche. « La lame s’est arrêtée car elle a tapé l’os qui a été fracturé sous la violence du choc« , a conclu le médecin légiste. Après le coup porté au voisin, le jeune a pris la fuite, une cavale qui a duré un peu plus d’un mois.

Lors de l’audience, devant le tribunal de Béziers, la présidente Elsa Teurnier a tout mis en œuvre pour avoir des explications, en vain. Elle a fait face à un prévenu qui s’est posé en victime et non en auteur. Il n’a rien assumé, même s’il a dit reconnaître les faits.

« Je n’ai fait que me défendre, je vous le promets. Je n’étais pas là pour agresser qui que ce soit. Si j’ai fait ça, c’est parce que je ne prends plus mon traitement médical parce que j’ai honte d’être faible. Je ne mens pas je promets. » Il a assuré n’avoir voulu agresser personne, mais, lors de sa garde à vue, une policière a fait les frais de sa violence, elle aussi. Et là encore, il explique s’être énervé parce que la geôle de garde à vue ne sentait pas bon et qu’il était incommodé : « La colère est montée ».

Des actes répréhensibles commis par le passé

Il y a quelques mois, le prévenu a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir « tiré en l’air » sur des gens qui l’importunaient. Le coup de fusil avait détruit les vitres d’une voiture (qui ne volait pas, NDLR). Quelques mois plus tard, ce jeune homme était condamné une nouvelle fois par le tribunal de Marseille à un an de prison assorti d’un sursis probatoire de deux ans. Il avait été interpellé sur un point de deal, mais a assuré qu’il n’avait rien fait.

« Tout ceci en dit long sur sa dangerosité, a décrit le procureur de la République lors de ses réquisitions. Pour ce qui est des faits que nous jugeons aujourd’hui, nous sommes face à un individu qui a voulu effacer sa compagne de la société en la privant des réseaux sociaux et de son téléphone. Il n’a pas supporté qu’un homme vienne se mêler à sa dispute et qu’il puisse défendre sa chose. Le coup de couteau aurait pu être gravissime. Oui, son comportement m’inquiète. C’est facile de dire qu’il a agi sous l’empire d’un problème extérieur. Je pense qu’elle a du souci à se faire pour l’avenir. »

Il a requis une peine de cinq ans de prison et la révocation d’un sursis mis à l’épreuve de deux ans. Mais aussi une interdiction de contact pour le couple alors qu’ils se connaissent depuis de longues années. Ainsi qu’une interdiction de séjour dans l’Hérault.

Une peine trop lourde

Me Lisbeth Andreu, l’avocate de l’homme qui a pris le coup de couteau a insisté : « On ne va pas lui reprocher d’être intervenu. Mon client est une victime. Cela ne se discute pas. » Me Marc Gallix, qui a défendu le prévenu a, lui, dénoncé les réquisitions : « Cinq ans pour un coup de couteau, c’est extrêmement lourd. En plus, ce sont sept ans de détention qui sont requis. Je vous demande de ne pas suivre les réquisitions. Ils s’aiment depuis l’âge de 11 ans. Ils sont immatures. Oui, il se défend mal. Oui, il agace, mais cela ne justifie en rien qu’il soit enfermé aussi longtemps. Il a de vrais problèmes de santé, il faut le soigner. »

Le prévenu a été incarcéré à l’issue de l’audience pour une période de cinq ans. Trois ans pour le coup de couteau et deux ans de révocation de son sursis.

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