Un chauffeur routier de 65 ans a été jugé ce mercredi 11 mars 2026 par le tribunal judiciaire d’Argentan, dans l’Orne, pour avoir percuté, lors d’un dépassement, le conducteur d’un scooter. Rapidement transporté au centre hospitalier d’Argentan dans un pronostic vital engagé.
Un choc d’une rare violence au Bourg-Saint-Léonard
Le 26 avril 2024, il est 8 heures lorsque les gendarmes sont amenés à se rendre au Bourg-Saint-Léonard, commune déléguée de Gouffern en Auge, sur les lieux d’un accident de la route mettant en cause un camion et un scooter. À leur arrivée, le chauffeur du camion est en état de choc, le conducteur du scooter est allongé au sol, son casque à proximité.
Rapidement pris en charge par les sapeurs-pompiers, il est transporté à l’hôpital d’Argentan, son pronostic vital est engagé. Après plusieurs semaines dans l’établissement hospitalier et en centre de rééducation, 120 jours incapacité lui sont prescrits.
L’exploitation de la vidéo embarquée dans le camion laisse apparaître que le chauffeur du camion suivait le conducteur d’un scooter. Sur cet axe, la ligne est continue et ils sont en approche d’une intersection avec une route à gauche qui rejoint Almenêches.
Alors que le camionneur commence le dépassement du scooter, un automobiliste venant d’Almenêches s’engage sur cette même route sans marquer l’arrêt absolu au panneau « stop ». Il se retrouve ainsi face au camion qui malheureusement viendra percuter le conducteur du scooter qui sera projeté sur plusieurs mètres.
Le traumatisme d’un chauffeur à la retraite
La vitesse enregistrée dans le camion au moment du choc est de 77 km/h. Il est également constaté qu’au même moment, le scooter s’est légèrement déporté sur sa gauche, avec vraisemblablement l’intention de s’engager sur cette route d’Almenêches, sans clignotant ou encore bras tendu.
L’autre automobiliste a dû rouler sur l’accotement pour ne pas être heurté par le camion.
Visiblement encore choqué, cet homme de 65 ans, qui vit en Vendée, reconnaît les faits et confie que, depuis, il n’a pas pu reprendre la route. Il a fait le choix d’une retraite anticipée. La victime ne s’est pas constituée partie civile et ne s’est pas présentée à l’audience.
Le procureur de la République rappelle que « la moitié des morts sur la route sont les conducteurs eux-mêmes et qu’il y a une surmortalité très importante chez les deux roues ». Selon lui, la faute du chauffeur routier est caractérisée, il a franchi une ligne continue et il est interdit de doubler à l’approche d’une intersection.
En répression, il a requis une peine de trois mois de prison avec sursis outre une suspension de son permis de conduire à hauteur de quatre mois.
Le tribunal suivra quasiment les réquisitions du procureur de la République sans pour autant prononcer de suspension de son permis de conduire.
La présidente l’a informé qu’ils avaient, lui et le procureur de la République, dix jours pour faire appel de ce jugement.
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