Municipales 2026 à Alès : "Il faut du changement. Là, je vote pour que ça bouge" : un second tour rare et une mobilisation incertaine

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Après trente et un ans sans second tour, les Alésiens étaient appelés à voter de nouveau ce dimanche. Entre mobilisation timide et choix parfois contraint, les voix se recomposent.

Il est un peu plus de 11 heures, ce dimanche matin, à l’école Germaine-Tillion, dans le quartier des Prés Saint-Jean. Petite ambiance, devant le bureau de vote, ou le calme domine.

On en est à 117 votants”, indique la présidente du bureau, Armande Laupies, en jetant un œil au petit compteur de l’urne. Un chiffre encore faible pour ce bureau qui compte environ 900 inscrits. Lors du premier tour, à peine 275 suffrages s’étaient exprimés.

Emiliano Hacquel, assesseur, espère dépasser les 300 avant la fin de la période de vote. « Ça se passe bien, mais c’est plus calme que dimanche dernier, analyse-t-il. On sent que moins de gens se déplacent. Certains n’y croient plus, ou s’intéressent plutôt aux enjeux nationaux. » Autre constat : une partie des inscrits ne vit plus sur place. “Une dame me disait ce matin que ça sœur, qui n’habite plus Alès, était pourtant encore inscrite sur les listes du bureau.”

Un second tour qui bouscule les habitudes locales

Dans ce quartier populaire, la tenue d’un second tour reste un événement. À Alès, il faut remonter à trente et un ans en arrière, avant les mandats de Max Roustan, pour retrouver une telle configuration.

Ça fait bizarre, oui. On n’a plus l’habitude”, confie Michel, retraité, venu voter en fin de matinée. “Mais ça montre que quelque chose se passe. J’aime beaucoup Max, mais c’est fini maintenant. On sent que la suite n’a pas le même gabarit.” Une allusion presque évidente au maire sortant d’Alès, Christophe Rivenq.

Entre convictions, barrages et choix discrets

Dans les échanges, les motivations divergent. Jean, menuisier de 52 ans, revendique son vote pour Anthony Bordarier, candidat du Rassemblement national. “Il faut du changement. Là, je vote pour que ça bouge. Rien n’est fait aux Prés Saint-Jean pour permettre aux habitants de vivre tranquille.” Le menuisier redoute les tensions amenées par les réseaux de trafic de stupéfiants. « Il faut que ça s’arrête. » À l’inverse, Sophie *, fonctionnaire, soutient le maire sortant Christophe Rivenq. “Il connaît bien la ville. Je préfère la stabilité.”

Et devant la sortie du bureau, d’autres électeurs apparaissent plus partagés. Aïcha, jeune maman du quartier, est venue voter. Un acte « important« , selon cette femme qui vit de « petits boulots« . « J’ai voté pour la liste de Paul Planque au premier tour. Aujourd’hui, honnêtement aucun des deux candidats actuels ne me plaît. » Pour autant, c’est avec l’idée de faire barrage qu’Aïcha est venue glisser son bulletin dans l’urne. « Je ne crois pas aux promesses du maire actuel. Mais je crois encore moins en l’efficacité du candidat du RN. Il ne connaît rien ici. »

Karim, au chômage, avait voté pour la liste « citoyenne » menée par Paul Planque (PCF – LFI) au premier tour, reste discret. “J’ai fait mon choix, mais je ne préfère pas dire”, lâche-t-il simplement avec un sourire gêné. Un silence qui en dit long sur les hésitations et les arbitrages de ce premier second tour depuis 31 ans.

(*) Le prénom a été modifié à la demande de la personne.

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