Municipales 2026 en Occitanie : intercommunalités, sénatoriales, départements, région… Et maintenant ?

admin
Par
admin
6 min de lecture
#image_title

Ces élections municipales ont redessiné une partie du paysage politique en région et cela aura des conséquences sur les scrutins à venir. Et ce, dès les prochaines semaines…

Les urnes ont à peine livré leur verdict que, déjà, beaucoup se sont projetés sur les prochaines élections. La présidentielle évidemment, mais aussi, localement, sur les échéances à plus ou moins court terme, dont certaines découlent directement des municipales.

1- Intercommunalités : du suspense…

C’est devenu le troisième tour des municipales : les maires et conseillers communautaires doivent maintenant désigner les nouveaux exécutifs des métropoles, agglomérations et communautés de communes. Et il faudra bien plusieurs jours de négociation sur certains territoires entre la ville-centre et les communes périphériques pour trouver un accord… à moins que celui-ci ne paraisse politiquement impossible.

Une bataille va par exemple s’engager entre le nouveau maire RN d’Agde Aurélien Lopez-Liguori et son homologue de Pézenas Armand Rivière pour la présidence d’Hérault Méditerranée, duel qui pourrait profiter… à un troisième maire plus consensuel. À Perpignan, Louis Aliot va tenter de profiter des victoires du RN à Elne ou Rivesaltes pour conquérir l’intercommunalité, mais il devra encore passer des accords avec d’autres maires. Dans le Gard Rhodanien, pas sûr en revanche que les voisins laissent la présidence à la nouvelle maire RN de Bagnols-sur-Cèze.

À Nîmes Métropole, la ville-centre pèse très lourd, mais il faudra tout de même au communiste Vincent Bouget trouver des alliés parmi les 38 autres communes. À Montpellier en revanche, pas de suspense, Michaël Delafosse sera encore président de la Métropole, comme, a priori, Robert Ménard à Béziers.

En fait, d’une intercommunalité à l’autre, les enjeux diffèrent, soit parce que l’élection a fait bouger les équilibres comme à Lodève, soit parce que le président sortant n’est tout simplement plus là, de gré ou de force, et qu’il faut désigner son remplaçant. Verdict au plus tard mi-avril.

2- Des sénatoriales à enjeu en septembre

Les municipales avaient aussi une portée nationale, puisque les conseillers municipaux, devenus “grands électeurs”, devront renouveler la moitié du Sénat en septembre. Cela concernera neuf départements d’Occitanie dont l’Hérault, le Gard, l’Aude et l’Aveyron. Dans ces territoires, chaque ville perdue ou gagnée peut bouleverser ce scrutin de liste. Ainsi, les conquêtes de Bagnols-sur-Cèze et Vauvert, en plus de Beaucaire, peuvent permettre au RN d’envoyer un élu sur les trois en jeu au Sénat ; a contrario, la défaite à Nîmes va certainement faire perdre à la droite au moins un sénateur dans le département. Dans l’Hérault, l’équation sera plus complexe avec la droite qui pourrait sortir renforcée de ces municipales mais qui manque d’un véritable leader pour s’imposer parmi tous les candidats potentiels, du bloc central à LR, ce qui risque d’émietter les suffrages. L’attitude de Robert Ménard à Béziers comme la capacité de la gauche à s’unir – ou pas – pourraient renforcer l’incertitude de ce scrutin aux enjeux nationaux majeurs.

3- Départements et Région en 2028

C’est un conseiller régional de la majorité de Carole Delga qui nous le souffle : « Il va être temps de sonner le tocsin et se mettre en mode combat ». Les prochaines élections départementales et régionales n’auront pourtant lieu qu’en mars 2028, mais les résultats de ces municipales montrent que l’influence de la gauche, derrière les arbres Montpellier et Nîmes qui cachent la forêt, tend à se réduire. « Il y a une droitisation de l’électorat de ce fameux Midi Rouge que l’on pensait acquis », appuie le politologue Emmanuel Négrier. « Les maires RN, avec les élections départementales, auront l’occasion d’affirmer leur ancrage sur leur canton, c’est même leur prochain objectif », ajoute l’élu régional. Cela ne met pas encore les exécutifs départementaux socialistes de l’Hérault et du Gard en danger, mais ces majorités pourraient sérieusement s’effriter. En Lozère, la prise de Mende par la droite, première défaite pour le président Suau, peut en revanche rebattre les cartes d’un équilibre départemental précaire.

Au conseil régional, on a longtemps cru que la fusion avec Midi-Pyrénées préserverait l’Occitanie d’une conquête du RN, malgré ses scores importants côté Languedoc. Mais la victoire de l’extrême droite à Castres, Montauban ou Moissac rappelle à l’actuelle majorité que l’adversité la plus féroce peut désormais venir du Rassemblement national, surtout s’il remporte la présidentielle en 2027.

4- Et des législatives anticipées en 2027 ?

Il est (fort) probable que le prochain chef de l’État choisisse de dissoudre l’assemblée nationale dans la foulée de la présidentielle, pour tenter de trouver une majorité au Palais Bourbon. Paradoxalement, côté Languedoc-Roussillon, cela peut fragiliser le Rassemblement national et ses alliés qui comptent 17 des 24 députés, si le parti échoue dans sa quête de l’Élysée. Mais la conséquence de ces municipales, c’est sans doute que Michaël Delafosse voudra reprendre les circonscriptions montpelliéraines laissées à Nathalie Oziol (LFI) et Jean-Louis Roumégas (EELV) dans le cadre du Nouveau Front Populaire, deux députés qui l’ont ensuite défié dans la course à la mairie. Même si là, on l’avoue, on est dans la politique-fiction.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr