« Je me souviens très bien de vos dires lors de votre comparution du début février dernier, vous aviez affirmé au tribunal avoir cessé tout trafic. Vous mentiez« , lance le procureur de la République Eric Bret lors de l’audience du 19 mars 2026 au tribunal des Sables-d’Olonne.
En effet, le 5 février 2026, le jeune homme répondait d’acquisition, détention, transport et usage de stupéfiants entre novembre 2024 et janvier 2025.
Le délibéré avait été rendu la semaine suivante : il avait été condamné à dix mois de prison ferme et vingt mois de sursis probatoire. Une peine qui faisait suite à une première condamnation.
Coup de théâtre le jour du prononcé de ce verdict : s’il était présent, c’était encadré par les forces de l’ordre pour une comparution immédiate. Une nouvelle affaire, cette fois de trafic de drogues, lui était imputée. Il avait alors demandé, comme la loi l’autorise, un délai pour préparer sa défense. Il avait été placé en détention provisoire. Jeudi 19 mars, il comparaissait donc dans ce nouveau dossier.
Des faits simples reconnus
Il devait s’expliquer pour un trafic entre juin 2025 et février 2026, donc effectivement postérieur aux premiers faits.
Depuis plusieurs mois, suite à des témoignages de résidents du secteur des Pièces-Franches, qui avaient remarqué des « mouvements bizarres de personnes jeunes » sur un parking, les policiers avaient effectué des planques et des filatures. Il avait alors été décidé d’interpeller le jeune homme le 10 février.
Une perquisition a été effectuée au domicile des personnes qui l’hébergeaient. Dans sa chambre : du cannabis, des cocottes de cocaïne, du numéraire, une balance de précision et deux armes.
Il n’a fait aucune difficulté pour tout reconnaître : il a revendu du cannabis et de la cocaïne pour une valeur estimée à 15 000 euros, « pour financer ma consommation et payer mes dettes ». Il a ajouté : « Je suis parti de chez moi à 17 ans. Depuis, je fais un peu n’importe quoi ».
Des dettes de stupéfiants qu’il doit à des fournisseurs, « des gens que je ne connais pas », mais aussi 20 000 euros d’amendes pour des trajets SNCF sans billets.
Une personnalité complexe
Une vie des plus chaotiques : même s’il avait débuté une formation, il ne s’y est pas tenu. En froid avec sa famille, ill a trouvé une aide ponctuelle pour l’hébergement chez une connaissance. Il est tombé dans la consommation de stupéfiants :
« 5 grammes de cannabis et 2 grammes de cocaïne par jour ».
Pas de quoi émouvoir le ministère public.
« Je veux bien croire que la vie n’a pas été toute rose. Mais des gens pauvres et malheureux, il y en a beaucoup. Ce n’est pas pour ça que l’on doit vivre de trafics de drogue. Le problème familial n’est pas justifiable. Entre 15 000 euros de revente sur quelques mois, le choix est vite fait entre un travail à 1 400 euros mensuels. »
Référence aussi aux antécédents : « Vous avez déjà fait l’objet de plusieurs condamnations, vous avez du ferme et deux sursis probatoires sur la tête. Vous n’avez pas saisi les opportunités, notamment les obligations de soins. Vous êtes redevable de délits graves envers la société. »
Une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont un an de sursis probatoire, et la révocation des précédents sursis probatoires est requise.
Le tribunal a suivi la défense
Dans un premier temps, l’avocate du prévenu a demandé à la juridiction « de ne pas tenir compte du dernier jugement, il est en appel ».
Me Maud Chavatte s’est attardée sur la personnalité de son client :
« Impossible pour lui de tout gérer, il n’a pas eu de contact avec les aidants, c’est un échec des sursis probatoires. Il s’est enfoncé, allant même jusqu’à se laisser aller physiquement. Il en était arrivé à ne même plus se laver, ni sortir. C’est un individu totalement perdu. »
Elle a plaidé un sursis probatoire « parfaitement et réellement encadré pour pouvoir retrouver sa famille, du travail pour se réinsérer le plus rapidement possible ».
et dix-huit mois avec sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation de soinsLe tribunal est allé dans ce sens, prononçant toutefois une partie ferme. Il est condamné à dix-huit mois ferme et de travail. Il a été prononcé la révocation d’un sursis probatoire précédent à hauteur de quatre mois.
Il a été incarcéré pour une période de vingt-deux mois. L’interdiction de paraître en Vendée pendant cinq ans, comme requis, n’a pas été prononcée.
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