il cherche à punir de mort sa compagne

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La troisième affaire de la première session 2026 de la cour d’assises de la Manche est liée à une précédente affaire de viol dont l’accusé a été reconnu coupable en septembre 2023, culpabilité confortée en appel à Caen (Calvados) en 2025.

L’homme qui comparait devant les jurés de la Manche depuis le vendredi 13 mars 2026, 61 ans aujourd’hui, demeurant à Ouville, dans le centre Manche, avait donc été condamné à Coutances à cinq années de prison dont deux années avec sursis pour viols incestueux sur une des filles de sa compagne, mineure de moins de 15 ans, et pour agressions sexuelles sur une autre fille de cette même compagne, également mineure de moins de 15 ans.

Une spirale autodestructrice

La décision s’accompagnait d’un mandat de dépôt différé, pour lui laisser le temps de se préparer à son séjour en prison pour trois années. N’acceptant pas le verdict, se considérant comme victime d’une injustice, et surtout craignant la détention, il avait fait appel contre cette décision de la cour criminelle de la Manche, pensant qu’en raison de cet appel, il éviterait la prison, avec l’espoir d’être blanchi des prédations sexuelles dont on l’avait « injustement condamné », dit-il.

Hélas pour lui, la cour d’appel de Caen avait assorti l’agrément de son appel d’un placement immédiat en détention provisoire. Le pire pour lui, c’est que sa compagne, qui avait comparu avec lui en septembre 2023 sous l’accusation de non-dénonciation du crime qu’il avait commis sur ses filles, avait été acquittée.

En février 2023, peu après avoir reçu sa convocation pour son procès pour viol, l’homme avait sombré dans une crise intense. Il s’était alcoolisé lourdement et avait tenté de se suicider par pendaison. Plus son procès approchait, plus son comportement se dégradait, marqué par une consommation accrue d’alcool et un caractère de plus en plus sombre. Le 23 septembre 2023, il avait été reconnu coupable, et son appel n’avait pas écarté la perspective de l’incarcération qu’il espérait éviter. Cette situation avait exacerbé sa colère, notamment envers sa compagne, qu’il rendait responsable de son sort.

Violences conjugales

Début octobre, parce qu’elle refusait de partager le lit conjugal avec lui, imprégné d’alcool, il s’était déchaîné contre elle : saisissant un couteau, il l’avait pointé vers elle et, de rage, l’avait planté dans le plan de travail. Puis il avait saisi la femme par les cheveux et il avait tenté de l’étrangler avec la ceinture de son peignoir. Si elle avait réussi à le calmer, il lui avait tout de même dit :

Je vais te tuer. Demain, tu ne seras plus vivante. 

Le 12 octobre, il apprenait qu’il n’échapperait pas à quelques temps de prison avant son procès en appel à Caen. Il ne décolérait pas, menaçant de « tuer tout le monde (y compris sa compagne), comme ça, il irait en prison pour quelque chose ». Puis vint le jour des faits. Acculé par sa condamnation, il envoie un message à ses amis. Il veut fuir ou en finir.

Il enfourche sa moto, la lance contre le portail qui était fermé, et ne va pas plus loin, moto encastrée entre les barreaux. Alertée, sa compagne s’approche pour lui demander ce qu’il faisait. Mal lui en prend. « Touche à ma moto et je te tue ! » Il attrape sa compagne par la chemise, la cogne du poing au visage, les coups pleuvent, sur les bras, sur le corps. Elle réussit à s’échapper. Il la poursuit. 

Remontant vers la maison, il libère d’abord sa fureur destructrice contre des objets accumulés sous une tente, parmi lesquels un cadre dont il fait exploser la vitre. Puis il bloque à nouveau sa compagne, la cogne, la plaque au sol. « Il était comme un chien enragé », dit-elle.

« Elle est apparue en sang »

Au sol, il lui enserre le cou, ses mains l’étranglent. Elle se dégage. Il prend alors un morceau de verre du cadre qu’il vient de briser, et la frappe au cou, à l’arrière de la tête. Elle se défend. Il prend alors un autre morceau de verre, plus grand, qu’il lui plante dans le flanc au niveau du foie et dont un éclat reste dans la plaie. Assis sur elle, il la frappe à la tête et au dos avec une pompe à graisse, puis l’étrangle à nouveau. La résistance de la femme faiblit.

Peut-être pense-t-il qu’elle est en train de mourir ? Il lui lance :

Je t’aime, mon amour, mais il faut que je le fasse, comme ça, j’irai en prison pour quelque chose. Pardonne-moi. On se retrouvera là-haut. 

Enfin, il lui dit qu’il allait chercher une scie à bois pour « l’achever en lui coupant la tête ». Horrifiée, elle lui dit qu’elle ne voulait pas finir ainsi. C’est elle qui lui suggère d’aller chercher un couteau. Et le temps qu’il la laisse, elle a la force de s’enfuir chez sa voisine. Cette éruption de violences de mort avait duré une heure et demie.

Elle frappe affolée à la porte de ses voisins. Elle hurle. On lui ouvre. « Elle est apparue en sang, chemise déchirée, témoigne sa voisine. Elle avait les yeux tuméfiés, l’œil droit fermé, l’autre mi-clos, ensanglanté, le nez plein de sang. Elle avait des difficultés à respirer. Elle était paniquée, affolée, terrorisée. Elle avait eu extrêmement peur et s’était sentie partir. Elle avait mal sur plusieurs endroits, mais c’est lorsqu’elle s’est allongée que j’ai vu la plaie à son côté que j’ai compris que c’était grave ».

Personne ne savait où son agresseur était. C’est elle qui a demandé à ses voisins de bloquer leur porte, de fermer leurs volets. D’un coup, la violence entrait dans ce foyer paisible. « Sur le coup, j’ai fait un blocage, avoue la voisine. Ça a été traumatisant pendant plusieurs mois. Chaque coup de sonnette me faisait sursauter ».

Verdict lundi

Quand les militaires du PSVG sont partis à sa recherche, ils l’ont trouvé dans la cour voisine, en caleçon, en train der briser les vitres d’un véhicule. À la vue des gendarmes, il a tenté de se réfugier chez lui. Son interpellation a été tumultueuse. Très excité, il s’est débattu, coups de pied, insultes. Durant le transport vers le lieu de sa garde à vue, il avait affirmé aux gendarmes qu’il n’avait rien fait., simplement sa compagne était tombée.

Il est aujourd’hui incarcéré à Rennes. Il est accusé de tentative de meurtre sur sa conjointe. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict à la fin de la seconde journée de son procès, le lundi 16 mars.

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