Sarthe. Une collégienne victime d’un chantage à caractère sexuel sur les réseaux sociaux

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Un jeune habitant d’une petite commune près de Nantes (Loire-Atlantique) pratiquement inconnu de la justice était jugé, ce jeudi 12 mars 2026, pour avoir fait chanter une collégienne d’un village à proximité de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) et deux autres adolescentes en leur faisant croire qu’il avait des images d’elles à caractère sexuel.

Sarthe. Une collégienne victime d’un chantage à caractère sexuel sur les réseaux sociaux 

Sur un plan judiciaire, le prévenu était déjà mis en examen depuis avril 2024 pour les « viols » de deux adolescentes de 14 et 15 ans avec qui il avait eu des « relations sexuelles » ; il avait d’ailleurs connu l’une d’elles, « en Normandie », par le biais des « réseaux sociaux » a-t-il admis. Dans cette affaire qui est encore « à l’instruction », ce jeune de 24 ans avait été placé sous simple contrôle judiciaire. 

En septembre 2025, les autorités belges font un signalement. Le jeune homme s’était fait accepter parmi les contacts Snapchat d’une adolescente belge de 13 ans, sous le « petit prénom » féminin « Xena », puis aurait fait « une capture d’écran de son visage » et enfin généré « un deep fake » d’elle dans une position sexuelle à l’aide d’outils d’intelligence artificielle (IA), a rapporté la présidente du tribunal.

Ce prétendu « hacker » avait par la suite demandé à la jeune fille de Charleroi de « poster ses seins » sur Snapchat, sans quoi il diffuserait la vidéo à caractère sexuel « sur les réseaux ». Elle s’était exécutée mais il lui avait demandé le lendemain de le « refaire sans cagoule ». Elle avait cette fois-ci refusé, tout comme elle avait refusé de « se masturber devant lui ». 

Il avait donc  mis en détention provisoire le 15 janvier 2026. 

Il regardait des « nudes de mineurs »

Ce premier « signalement » avait permis de voir que « deux comptes Snapchat » aux noms de prétendues « Lola » et « Xena » utilisaient la même adresse IP liée à un « ordinateur familial » près de Nantes, où le prévenu vit chez ses parents. Entendu par les gendarmes, son frère cadet avait déclaré aux militaires avoir déjà « surpris » le prévenu en train de « regarder des nudes de mineurs » et de « discuter sur Snap » avec des ados. Son aîné avait par ailleurs « des vidéos étranges dans sa galerie » sur son téléphone portable, trouvait-il.

Jugé ce jeudi en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Nantes, il a réfuté avoir demandé à la jeune Belge de « faire un snap en slip », en dépit des « similitudes » avec deux autres victimes. « Le soir de Noël » un prétendu « hacker » avait en effet fait des propositions à caractère sexuelles à une adolescente d’un village en Ardèche via sa webcam. Elle était « retournée à la table du réveillon » et s’était « confiée » à une tante ; un « cousin doué en informatique » l’avait alors « aidée à bloquer » l’intrus.

Un comportement « oppressant » et « stressant »

Cette adolescente de 14 ans avait alors assuré aux enquêteurs, par la suite, que cet internaute au « comportement oppressant » et « très stressant » s’était invité tout seul parmi ses contacts.

« C’est carrément impossible de s’auto-accepter », a répliqué sur ce point ce jeune « à l’aise avec un ordinateur pour jouer ». « Si c’est l’algorithme qui vous fait des suggestions, alors comment expliquez-vous de ne pas tomber sur des hommes de 70 ans qui aiment les mots croisés ? », lui a donc demandé la présidente. « Etrangement, on a là trois mineures… »

La magistrate nantaise a aussi relevé qu’il y avait eu « 133 recherches » sur « l’unité centrale de l’ordinateur familial » pour savoir comment « faire des deep fakes ». « Le deep fake je ne sais même pas ce que c’est », s’est défendu sur ce point le prévenu. « Si elle m’avait dit non, j’aurais raccroché… Moi aujourd’hui ça me fait chier pour elle, honnêtement. »

Une troisième victime

C’est donc dans ce contexte qu’une troisième victime avait été signalée : cette collégienne d’un village près de Sablé, avait été sommée par un internaute – qui s’était là encore « ajouté unilatéralement » parmi ses amis en ligne – de « se mettre à quatre pattes dos à la caméra ». Il lui avait aussi demandé d’adopter des postures diverses, sans quoi il menaçait de « poster » une vidéo d’elle à caractère sexuel. « Bisous », concluait-il en l’insultant. 

« A 13 ans, c’est encore une enfant qui n’a jamais eu d’intimité et qui va la découvrir de manière forcée », a donc résumé l’avocate de la collégienne sarthoise, dont les parents avaient fait le déplacement au Palais de justice de Nantes. « Aujourd’hui mes clients s’en veulent d’avoir donné accès aux réseaux sociaux à leur fille, trois-quatre mois plus tôt : au départ, ils ne voulaient pas mais elle voulait absolument être avec ses camarades de classe sur Snapchat pour discuter avec eux après les cours… »

Un préjudice « colossal pour la collégienne sarthoise »

La collégienne a donc été « déboussolée » par ces faits et s’est « verrouillée avec tout le monde » depuis cette affaire : son année scolaire est « extrêmement impactée » mais elle a refusé « catégoriquement » pour autant que ses parents n’en parlent autour d’eux. « J’ai dû moi-même faire une attestation à son collège, sans rentrer dans les détails, pour certifier qu’une procédure pénale était en cours : il y avait tellement d’absences qu’ils croyaient qu’il y avait un problème dans la famille », a confié l’avocate.

Le préjudice de cette « enfant » est donc « colossal » : désormais elle « ne veut plus se confier qu’à une femme ». « Elle ne s’ouvre pas même avec son père, dont elle était pourtant extrêmement proche », déroule l’avocate. « Moi-même je n’ai pas entendu le son de sa voix : dans mon cabinet, elle n’a répondu que par des hochements de tête et des pleurs. »

Il admet « une addiction au sexe »

Le prévenu – qui avait avoué en garde-à-vue avoir « l’habitude de se balader sur les réseaux sociaux » – a constamment « minimisé » cet aspect lors de son procès, selon la procureure de la République : il « scrolle » simplement sur TikTok, selon lui, et n’est « presque jamais » sur Instagram. Il s’est en revanche « rendu compte avec le temps » qu’il avait une « addiction au sexe ». « J’en ai jamais parlé avant, c’est chaud là d’en parler devant tout le monde », a-t-il soufflé lors de son procès public.

Trois ans de prison ferme

Le tribunal correctionnel de Nantes a finalement suivi les réquisitions de la procureure de la République : ce jeune de 24 ans a écopé de trois ans de prison ferme, d’un maintien en détention et d’un suivi socio-judiciaire de trois ans à sa sortie de détention avec « injonction de soins ». S’il ne s’y pliait pas, il pourrait purger douze mois de prison supplémentaires.

Il aura aussi interdiction de rentrer en contact avec ses trois victimes et obligation de rechercher activement un emploi. Il a interdiction d’exercer toute activité en lien avec des mineurs pendant dix ans. Il sera par ailleurs inéligible pour un an, et son nom a été inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).

Sur le plan financier, il devra enfin payer une amende de 500 € au Trésor public pour un « outrage sexiste » proféré lors de l’un de ses échanges en ligne avec ses victimes. Il devra aussi verser 5.800 € de dommages et intérêts à la jeune Belge et ses parents ; le montant des dommages et intérêts de la jeune Sarthoise sera lui arrêté le 4 septembre 2026. Dans l’immédiat, il doit lui verser une « avance » de 1.000 €, et 800 € supplémentaires pour les honoraires de l’avocate de ses parents.

GF avec KL (PressPepper)

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