En cavale, « Ganito », l’évadé de la prison de Villepinte, a vécu « les dix plus beaux jours de sa vie »

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Retour à la case départ. Ce mardi 24 mars 2026, Ilyas Kherbouch, alias « Ganito », a été mis en examen à Paris et placé en détention provisoire à l’isolement, après treize jours de cavale qu’il a décrits à son avocate comme « les dix plus beaux jours de sa vie », a appris mardi l’AFP de source proche du dossier. Il s’était évadé de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) le 7 mars 2026 avec l’aide de plusieurs personnes dont deux s’étaient fait passer pour de faux policiers.

« Je l’ai trouvé changé »

Le fugitif a donc a été mis en examen par des juges d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris et placé en détention provisoire à l’isolement. Dans le détail, il a été mis en examen, entre autres, pour évasion en bande organisée, corruption de personne dépositaire de l’autorité publique, corruption active d’une personne chargée de mission de service public, faux et usage de faux dans un document administratif, faux et usage de faux en écriture publique, association de malfaiteurs délictuelle, selon la source proche du dossier.

Sur ces treize jours de cavale, « M. Kherbouch m’a dit que c’était les dix plus beaux jours de sa vie », a relaté son avocate. « Ce n’est pas pour l’excuser, mais son explication, c’est qu’il a connu la liberté pendant un mois et demi depuis ses 14 ans. Je l’ai trouvé changé. Il a découvert le monde en tant qu’adulte et il avait quelque chose d’émerveillé ».

« Ils vont encore salir mon image »

À 21 ans, Ilyas Kherbouch, a comparu devant un juge des libertés et de la détention (JLD), une audience à laquelle l’AFP a pu assister avant le prononcé du huis clos. Dans le box, il est apparu visage fermé, ses longs cheveux noirs coupés courts, moustache et bouc soigneusement peignés. Quand il a aperçu les trois journalistes présents dans la salle, il s’est emporté : « Ils vont encore salir mon image ».

« Ilyas Kherbouch m’a dit de vous parler », a déclaré à l’AFP son avocate, May Sarah Vogelhut, en marge de l’audience. « On a parlé de lui en tant qu’une personne dangereuse mais il a prouvé qu’il ne l’était pas par la manière dont il est sorti de détention et par la façon dont il s’est laissé interpeller sans jamais aucune violence et dans la passivité la plus totale », a-t-elle estimé. Sa compagne, une ancienne surveillante pénitentiaire, était interrogée mardi soir par des magistrats instructeurs. À son égard, Ilyas Kherbouch assure « qu’elle n’a rien à voir là-dedans » et « qu’il veut absolument la protéger », a relaté Me Vogelhut.

« Un sacré ego, qui a grandi derrière les barreaux »

Pour rappel, le 7 mars 2026, trois personnes se sont rendues à la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), en plein après-midi. Deux s’étaient fait passer pour des policiers venus chercher un détenu, M. Kherbouch, pour l’extraire en garde à vue en présentant de faux documents judiciaires, selon le parquet de Paris.

Le détenu, connu jusqu’à présent pour des home-jackings violents, était alors sorti de prison sans heurt. Le personnel pénitentiaire s’est inquiété de son absence seulement 48 heures après, la durée maximale d’une garde à vue. Il a finalement été interpellé, avec l’ancienne surveillante pénitentiaire, à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) vendredi 20 mars dans la soirée.

Il a notamment été mis en examen en novembre 2025, soupçonné d’avoir commandité le cambriolage violent au domicile du gardien du PSG Gianluigi Donnarumma, explique une source proche du dossier. Il est aussi accusé d’avoir menacé une petite main mise en cause dans ce dossier, qui s’est suicidée en prison, d’après deux autres sources proches du dossier.

Quand on parle à ceux qui le connaissent, ils le décrivent aussi comme un jeune homme d’une « grande impulsivité ». Et « d’un sacré ego, qui a grandi derrière les barreaux ». « Avec cette évasion, il a voulu marquer l’histoire, entrer dans la légende », selon une personne de son entourage.

Avec AFP.

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