Rencontres nationales des vignerons indépendants au pont du Gard : "On plie les gaules ou on active des leviers pour se dynamiser ?"

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Ces mercredi 25 mars et jeudi 26, le congrès national réunira 300 professionnels dans le Gard. Malgré les crises que traverse la profession, l’Audois Jean-Marie Fabre, président des vignerons indépendants de France, entend sortir de la morosité ambiante et mettre en évidence de nouveaux ressorts de développement.

Quels seront les thèmes abordés pendant ce congrès ?

C’est d’abord un moment de partage dans un contexte difficile pour la profession, sur fond de crise climatique, économique ou géopolitique. Nous générons quasiment 60 % de la production française et 80 % des emplois de la filière. Nous avions consacré les congrès de 2023 et 2024 à l’adaptation au changement climatique et celui de 2025 au développement de l’œnotourisme notamment sur le support digital car être visible sur les plateformes commerciales est indispensable. Dans le Gard, nous voulons aller plus loin en analysant les ressorts de performance du modèle de vigneron indépendant, d’une DPE-PME familiale artisanale qui rend chaque produit singulier. Des études Opinion Way démontrent que le consommateur recherche non pas un produit alimentaire mais un produit incarné et porteur de sens, d’émotion. Nous nous appuierons sur ces études et des discours d’économistes. Est-ce qu’avec toutes les crises actuelles, guerre en Ukraine, au Moyen-Orient, taxes Trump… on plie les gaules ou est-ce qu’il y a des leviers à activer pour se dynamiser ? Nous voulons éclairer les éléments positifs de notre performance future.

Est-ce que le modèle de vigneron indépendant est moins impacté par la crise ?

Non car nous sommes en prise directe avec le marché. D’autres modèles, comme la coopérative, sont au contraire des amortisseurs de crise là où le vigneron indépendant est en première ligne pour prendre la vague. Mais en prenant le choc plus tôt, on réagit et on s’adapte sans doute plus rapidement.

« Nous n’accepteront pas des hausses de matières premières déconnectées de la réalité »

Les effets de la guerre au Moyen-Orient, vous les ressentez déjà ou ça va venir à retardement ?

Sur les engrais, sans doute lors de la campagne prochaine si le conflit perdure. Nous sommes sur des engrais organiques en viticulture et les fumures ont été faites souvent à l’automne. En revanche, nous avions été échaudés il y a quatre ans lors de la guerre en Ukraine quand la hausse du coût de l’énergie avait été répercutée immédiatement par nos fournisseurs de bouteilles, capsules, cartons… Des hausses de 40 à 130 % déconnectées de la réalité. J’ai alerté le ministre des PME Serge Papin pour que ça ne se reproduise pas. Nous savons que beaucoup de nos fournisseurs ont des mois de marchandises en stock car le marché s’est ralenti. Nous ne serons pas naïfs.

Où en est-on des aides promises par l’Etat et l’Europe ?

Concernant les prêts de consolidation bancaire pour garder de la trésorerie, le dispositif est en place depuis trois semaines et se déploie. À mon goût, c’est un peu long. Les établissements bancaires prennent trop de temps par rapport à l’urgence de notre situation. Le dispositif d’arrachage définitif total ou partiel a été finalisé, voté à Bruxelles. Nous attendons avec impatience son déploiement dès la semaine prochaine. La demande de distillation d’une partie des excédents a été accordée sur des fonds de réserve européenne. On parle de 30 euros l’hecto payé au producteur. On est en loin de la réalité du marché et d’un niveau incitatif. Mais ce congrès va aussi intervenir au moment où tout le monde redoute un coup de gel printanier. Et j’appelle de mes vœux un investissement massif de l’État pour protéger physiquement nos vignobles contre la sécheresse, la grêle, le gel. Il faut passer d’une politique d’indemnisation à une politique ambitieuse de prévention car l’aléa est hélas devenu la norme.

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