« Il a pris sa cuenta », comme l’ont résumé certains avocats à la sortie de l’audience correctionnelle du tribunal de Versailles, mardi 24 mars 2026.
Celui qui a pris cette fameuse cuenta s’appelle Slavco. Et c’est plutôt en roumain qu’il faudrait traduire cette expression.
Cet homme de 34 ans a vraiment passé un mauvais quart d’heure devant la juridiction. Peut-être à la hauteur des faits qu’il a commis le 12 décembre 2025.
Ce délai avant d’être jugé, on le doit à la nécessité de l’identifier sur les caméras de surveillance, via la reconnaissance faciale. Et de retrouver le camp dans lequel il réside.
Suivi jusque chez lui
Le jour des faits, le 12 décembre, un retraité fait tranquillement ses courses dans un supermarché, du côté de Mézières-sur-Seine. À la caisse, deux hommes se montrent un peu pressants. Trop pressés pour payer une simple baguette.
L’homme de 87 ans leur demande de reculer. Trop tard. Ils ont repéré son code secret.
L’octogénaire monte dans sa voiture. Direction son domicile. Il n’a pas vu dans son rétroviseur qu’une Seat Ibiza rouge le suit. À l’intérieur, il y a les deux hommes.
Attaqué dans son garage
Arrivé chez lui, le retraité ouvre son portail. Il descend dans son garage, en sous-sol.
Un homme entre dans son jardin, prétextant vendre des calendriers. C’est l’un des deux du supermarché. Il est éconduit.
Mais le vendeur persiste. Et il pousse l’homme à l’intérieur de son garage. Il le saisit par le col. Il fouille ses poches et s’empare de sa carte bancaire.
3 500 euros dépensés en quelques minutes
Dans les minutes qui suivent, le duo procède à des retraits et des achats, notamment des iPhone et des boucles d’oreilles. Ils dépensent 3 500 euros.
Un sera arrêté. Et il est loin d’être un inconnu. Slavco possède 13 identités. Il a été condamné dans presque tous les tribunaux de France pour des faits similaires. En juin 2017 par exemple, il a fait l’objet d’une procédure pour la même chose, avec 23 victimes.
« Je l’ai volé gentiment »
Agacé devant ses juges, l’homme jure sur sa propre tête qu’il n’a pas été violent.
« Je suis un pickpocket mais je ne secoue pas les gens. Lui, je l’ai volé gentiment. »
« Gentiment !, s’empourpre la présidente. Auriez-vous fait la même chose avec un homme de 30 ans et haut de 2 mètres ? Ce que vous avez fait est d’une grande lâcheté ! Vous l’avez suivi jusque chez lui… »
Slavco décide de se murer dans le silence. La juge tord le cou à une éventuelle excuse. « Et ne me dites pas que vous avez agi par nécessité. Surtout pas en achetant des téléphones ! »
Silence encore. Et encore lorsque le tribunal veut savoir pourquoi la Seat appartient à un enfant de 1 an.
La procureure de la République en profite pour entrer dans la partie. « Si Monsieur ne comprend que la prison… » La magistrate réclame 2 ans avec maintien en détention.
Le tribunal ira au-delà, prononçant une peine de 3 ans, avec incarcération. Une interdiction définitive du territoire français a été ajoutée à la sanction.
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