"Rassembler les Agathois et tourner une page", "changer d’ère dans le fonctionnement de l’agglo"… les priorités d’Aurélien Lopez-Liguori, nouveau maire d’Agde

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Le député Rassemblent national sera nommé maire d’Agde vendredi 27 mars, en conseil municipal. Il revient sur cette élection et avance ses pions en vue de prendre la présidence de l’agglo.

Vous avez été largement élu dimanche dernier. Que dîtes-vous aux Agathois qui, pour certains, sont inquiets de voir le RN s’installer à la mairie ?

Je veux les rassurer. Je serai le maire (son investiture est prévue vendredi 27 mars à 18 h, en conseil municipal, NDLR) de tous les Agathois. Partout où les élus RN sont arrivés, ils ont fait consensus. C’est le motif de ma candidature : rassembler les Agathois et tourner une page.

À quel moment précis avez-vous pris la décision de vous présenter à Agde ? Était-ce une envie profonde, une opportunité politique ?

Cela faisait trois ans qu’avec ma compagne, nous souhaitions nous installer ici. J’ai dû rencontrer tous les agents immobiliers d’Agde ! Du moment où il était acquis que nous allions nous installer, j’ai commencé à me poser des questions. Je connaissais la ville évidemment, j’en étais le député depuis quatre ans, mais j’ai surtout constaté la fracture que l’affaire d’Ettore avait créée. En tant que parlementaire, habitant de la ville et avec l’histoire familiale que j’ai avec cette ville, cela aurait été lâche de ma part de ne pas y aller. J’ai commencé à en parler au mois de mai dernier et je me suis décidé en juin.

Votre mandat de député aurait pu vous suffire…

Quand on fait de la politique, on le fait pour aider les gens, améliorer leur quotidien. En tant que député, par rapport à la charge de travail que j’alignais, le fait d’être dans l’opposition, d’avoir un Conseil constitutionnel qui censure tout ce qui passe, d’avoir des compétences qui partent vers l’Union européenne, cela avait aussi un côté frustrant. J’ai une famille, de jeunes enfants, j’ai beaucoup sacrifié pour ce mandat de député. Quand on est maire d’une ville, président d’une agglo, les mesures que l’on prend ont un effet quasi-immédiat et peuvent vraiment changer les choses.

Votre investiture par le Rassemblement national n’a pas fait que des heureux, notamment du côté de Fabienne Varesano, qui était élue d’opposition depuis 2020. Cela a été un épisode délicat à gérer ?

Humainement oui, car je l’apprécie, même si je ne suis pas sûr que cela soit réciproque. J’aurais aimé que l’on arrive à un accord, mais ça ne s’est pas fait. Pour autant, je n’ai jamais été dans le clash, j’ai toujours fait des campagnes tranquilles, apaisées, jamais attaqué les gens nommément.

Je suis attaché au local, je l’ai montré en tant que député

Votre adversaire du second tour, Thierry Nadal, a répété qu’avec vous à la mairie, la ville d’Agde serait gérée par Paris et les cadres du RN. Que répondez-vous ?

Ça n’est pas le cas du tout. Le temps de la campagne est terminé, j’ai beaucoup de respect pour Thierry Nadal, je pense d’ailleurs qu’il a fait une très bonne campagne. C’était un élément de communication et je suis sûr qu’il ne le pense pas. Il me connaît, il sait que je suis attaché au local, je l’ai montré en tant que député et je le montrerai encore en tant que maire.

L’urgence pour vous aujourd’hui, c’est quoi ?

La préparation des équipes, des adjoints, des délégations, l’organisation du cabinet, pour être opérationnel le plus rapidement possible. Il y a forcément un temps d’adaptation, mais il faut faire vite, afin de lancer nos projets.

Justement, ces premières mesures, quelles sont-elles ?

Déjà, préparer la rentrée prochaine pour les écoles. Démarrer au plus vite les études sur la maison communale de santé. Et surtout, le gros sujet, c’est le Plan local d’urbanisme (PLU). Il a été envoyé en Préfecture, on va le récupérer pour le modifier. Il va falloir aller très vite. Car plus on attend, plus on laisse Agde en proie aux affres que l’on a dénoncé durant la campagne. Je ne veux pas faire d’annonces tout de suite, mais on va se poser et préparer entre autres la création d’une zone économique à la Guiraudette, d’une zone résidentielle pour les primo-accédants et je veux que l’on revoie le PLU sur les immeubles. C’est urgent.

L’autre grand sujet, plus politique, c’est la présidence de l’agglomération Hérault Méditerranée.

Je profite de cette interview pour faire passer un message à tous les maires de l’agglo. Leur dire que déjà, quand on arrive, on laisse l’étiquette politique au vestiaire. Je ne suis pas là pour faire de l’agglo, en tant que président peut-être, une tribune politique. Je veux les rassurer aussi en étant conscient qu’Agde a un peu étouffé cette agglomération, avec presque une position de monopole. Ça n’est pas mon état d’esprit, peut-être parce que j’ai ce tropisme d’avoir été député de la plupart des communes de ce territoire.

Poursuivez…

Je considère qu’il n’y a pas de différence entre le maire d’une commune de 30 000 habitants et celui d’un village. On a la même légitimité. Je veux que l’on change d’ère dans le fonctionnement de l’agglo. Que chacun puisse défendre ses intérêts. La situation de monopole d’Agde ne peut plus exister comme avant. On a un territoire cohérent, les intérêts d’Agde sont aussi ceux de Pézenas, de Bessan, de Vias…

Êtes-vous inquiet, pour la ville d’Agde aujourd’hui ou l’agglo demain si d’aventure vous en devenez le président, de la défiance du Département, de la Région, organismes tenus par la gauche, à votre égard et celui du RN ?

Je sais qu’il y a des pressions sur des maires de l’agglo. Il faut les rassurer : aujourd’hui, le Département et la Région, de par leurs situations financières, sont en train de se désengager de l’échelon local. Je veux une agglo qui se substitue en partie à ces acteurs, par le biais notamment des fonds de concours de l’agglomération, au bénéfice des communes. Mon message prioritaire est celui-ci : une communauté d’agglomération qui n’est pas dirigée par sa ville principale (Agde en l’occurrence), celle qui apporte le plus de contributions, de taxe de séjour, c’est un mandat pour rien. On l’a vu à Béziers entre 2014 et 2020, où la ville centre avait été mise de côté : il ne s’est rien passé. Je ne veux pas que l’on perde de temps.

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