Mi-mars 2026, Romain, un gestionnaire de copropriétés à Rennes, comparaissait devant la cour criminelle départementale d’Ille-et-Vilaine, après avoir commis des attouchements et violé son fils de 3 ans. Il avait filmé son crime et envoyé la vidéo à un utilisateur du site Coco. L’enquête a également révélé qu’il détenait de très nombreuses images pédophiles.
« Des attouchements au niveau de l’anus »
Un juge d’instruction de Montpellier (Hérault) avait transmis, en 2021, au parquet de Rennes, cette vidéo insoutenable du viol de l’enfant, qui a été diffusée au cours des deux jours de procès.
L’enquête visait initialement un autre habitué du site Coco, connu pour héberger des contenus pédophiles et fermé en 2024 par l’État.
Romain n’avait pas pris toutes les précautions pour qu’on ne puisse pas l’identifier : son numéro de téléphone apparaissait sur la conversation Telegram – un réseau social crypté sur lequel il avait basculé avec son interlocuteur de Montpellier – pour lui transmettre ces images datées du 31 janvier 2021.
Dans ce contenu de 42 secondes, son enfant de 3 ans dort « nu dans le lit ». Son père lui fait « des caresses sur les fesses » et « des attouchements au niveau de l’anus ». Ce dernier soutient avoir « plié la dernière phalange » plutôt que de l’introduire dans le corps de l’enfant, a résumé le président de la cour criminelle départementale d’Ille-et-Vilaine.
L’accusé dit avoir agi « sous la menace »
Romain, aujourd’hui âgé de 40 ans, a toujours admis avoir commis « une agression sexuelle incestueuse » sur son fils – un délit puni de dix ans de prison – mais réfute tout « viol sur mineur », un crime réprimé de vingt ans de réclusion criminelle.
Longuement interrogé mardi 17 mars 2026 par le président, il a maintenu avoir agi « sous la menace » et le « chantage » de son interlocuteur.
Mais ce dernier – qui doit lui être jugé en 2027 devant le tribunal correctionnel de Montpellier – avait mis à mal cette thèse du « chantage ». Pour « subvenir à ses besoins » en prison, ce détenu s’adonnait en fait à un « trafic » de fichiers qu’il revendait. Or c’est « tellement facile » de s’en procurer qu’il n’avait pas besoin de « menacer »…
Le fils de l’accusé avait lui-même décrit au cours de ses auditions ce « doigt » introduit dans ses fesses, comme l’a rappelé son avocate Me Ludivine Leroi.
Déjà condamné en 2007
« Il y a forcément quelqu’un qui ne dit pas la vérité, mais moi aujourd’hui celui que je crois c’est mon fils », a témoigné pour sa part la mère de la victime, séparée de l’accusé au moment des faits.
Cette femme, qui a quitté la Bretagne et qui est défendue par Me Caroline Le Guillard, souhaite désormais que son enfant – qui « va bien » – ne « revoie pas » son père car « c’est trop dangereux ».
Mais le petit, qu’elle a eu au téléphone entre les deux journées d’audience, se demande aujourd’hui « combien de temps papa va rester en prison »…
En juillet 2021, cette femme a aussi découvert que l’homme avec qui elle a partagé sa vie pendant huit ans avait déjà été condamné en 2007 – trois ans avant leur rencontre – pour la détention d’images pédophiles.
Ses beaux-parents n’avaient pas jugé utile de l’en informer, alors que son ex se retrouvait pourtant « seul » avec leur fils après leur séparation dans le cadre d’une garde alternée.
« Plus de 15 gigaoctets de fichiers pédophiles »
Or les enquêteurs ont trouvé « plus de 15 giga-octets de fichiers pédophiles, zoophiles, scatophiles » dans le matériel informatique de cet homme qui jure n’aimer « que les adolescentes ».
Un an après son placement en détention provisoire, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes l’avait « laissé ressortir » en 2022.
« Il y a eu une défaillance », a sobrement analysé son ex-compagne : une nouvelle enquête ouverte en 2025 a permis de découvrir qu’il avait fait « une nouvelle victime mineure de 12 ans » en Suisse.
Et cette vidéo de janvier 2021 n’est pas un incident isolé : « des conversations » en février 2021 ont été retrouvées, au cours desquelles son enfant apparaît également.
« D’autres photos » de ses parties intimes et une « quantité absolument démesurée d’images […] dont la volumétrie est plus que problématique » ont aussi été découvertes par les enquêteurs.
La « datation » de ces supports, entre « 2006 » et « la veille de son interpellation », a permis d’établir que Romain n’a « jamais cessé » de consulter ces milliers de fichiers depuis sa première condamnation, soit depuis « quinze ans ».
Condamné à 15 ans de prison
L’avocat général avait donc requis seize ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’accusé et dix ans de suivi socio-judiciaire.
L’avocat de la défense, Me Thierry Fillion, avait par la suite plaidé en faveur d’une condamnation pour les « délits » d’agression sexuelle et ceux relatifs à la détention de fichiers pédophiles.
Mais il n’a pas été suivi par la cour criminelle départementale : son client a écopé de quinze ans de réclusion criminelle et d’un suivi socio-judiciaire de dix ans après sa sortie de prison.
L’ancien gestionnaire de copropriétés avait dit plus tôt dans la journée être « favorable à une castration chimique ».
CB et GF (PressPepper)
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