L’enceinte de la cour d’assises du Lot a plongé, ce jeudi 26 mars 2026, dans les tréfonds de l’âme humaine. Dans le box, LC, 34 ans, pull gris et regard fixe, assiste au récit d’un dossier qui dépasse l’entendement. Sous la présidence de Nelly Emin, la lecture de l’acte d’accusation a glacé l’assistance : viols incestueux, actes de barbarie et diffusion d’images pédo-pornographiques sur le Darknet. Ce qui n’était au départ qu’un signalement de la cybercriminalité australienne en 2022 a mis au jour le calvaire quotidien de deux jeunes enfants, âgés de 1 à 8 ans au moment des faits, victimes d’un homme que son entourage décrivait pourtant comme « exemplaire et protecteur ». Le procès de LC, 34 ans, devant la cour d’assises du Lot s’est ouvert ce jeudi 26 mars 2026 pour un verdict attendu le 31 mars. L’audience est présidée par Nelly Emin, Morgane Raffy siège en tant qu’avocat général. La défense de l’accusé est assurée par Me André-Pierre Vergé, du barreau de Bordeaux. Quant aux parties civiles, elles sont représentées par Me Virginie Blanchard, du barreau de Brive. Peu après 9 h, LC fait son entrée dans la salle d’assises, sous escorte policière. Le visage grave, plutôt figé dans son pull gris clair froissé, il balaie du regard la salle, sans guère tourner la tête. Intervient alors le tirage au sort des 6 jurés (+ 3 jurés supplémentaires) sous la houlette du greffier Jean-Roch Naintré. Les jurés prêtent serment, à l’appel de leur nom. L’audience se poursuit par la vérification de l’identité de l’accusé, dont il est mentionné l’incertitude quant à l’âge de son père… 10 témoins seront appelés au cours du procès et 8 experts feront part de leurs conclusions.
Des faits qui dépassent l’entendement
L’évocation des faits par la présidente donne un aperçu du poids des charges retenues contre l’accusé, au sujet de faits commis sur son fils de 2-3 ans et sur le fils de sa compagne âgé de 6 à 8 ans. LC est tombé dans les mailles de la gendarmerie, en décembre 2022, suite à un signalement venant d’équipes spécialisées dans la lutte contre la cybercriminalité basées en Australie. A ce moment-là, il est question d’images d’un enfant de 2 ans (le fils de l’accusé) et « d’un chien léchant son anus et ses parties génitales »… Il est également fait état d’un enfant de 6-7 ans, (le fils de la compagne de LC), pris en photo et vidéo avec un pénis d’homme dans sa couche, se masturbant devant l’enfant et masturbant également l’enfant. Il est rapporté la description d’images d’éjaculation sur le corps de l’enfant… Il est question d’un plug anal dans l’anus d’un enfant… LC est interpellé et placé en garde en décembre 2022. La liste des incriminations retenues à l’encontre de LC s’étire comme un jour sans fin, en matière d’horreurs commises pas LC, sur son fils et sur celui de sa compagne né d’un autre père. Les faits commis par LC, un homme pourtant qualifié par sa compagne « d’exemplaire, gentil, très calme et même fusionnel avec elle », se sont déroulés à Souillac, Biars-sur-Cère et Issendolus. Des agissements ont conduit CL aux Urgences, « pour avoir décalotté l’enfant » sans éveiller de soupçon…
Lors des interrogatoires, LC a reconnu les téléchargements d’images et vidéos à caractère pédo-pornographique (difficile de faire autrement lorsqu’il est avéré que ceux-ci ont été opérés à partir de son propre ordinateur). Ainsi, LC confirme avoir fixé les images sur photo et vidéo de masturbations de l’enfant et celles le concernant en échange de documents de ce type avec un internaute australien. Dans la même veine, LC a reconnu les images de fellation imposées aux enfants. Il confirme avoir pris les images de son fils après avoir introduit un plug dans son anus, ainsi qu’avec une pipette de Doliprane. Autant d’images circulant dans l’enfer du Darknet, où circulent et s’échangent toutes les turpitudes. Dans certains cas de figure LC répondait à des demandes précises…
1 417 photos et 69 vidéos pédo-pornographiques
Sont reprochés à LC des actes de zoophilie et de cruauté, d’atteinte sexuelle sur un chien, en présence d’enfants. L’expertise des supports informatiques de l’accusé a permis de mettre à jour 1447 photos et 69 vidéos à caractère pédo-pornographique. Certains de ces faits évoqués n’ont pas pu donner lieu à une qualification juridique, tant ils dépassent l’entendement en matière de monstruosité ; le législateur n’ayant pas prévu qu’un homme puisse commettre de telles monstruosités. Des relaxes partielles ont donc été prononcées pour certains faits considérés « hors champ de toute qualification juridique ». Ces dernières années en revanche, les infractions de viol ont été élargies et précisées, de manière à prendre en compte toute situation se caractérisant par l’absence de consentement. « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital ou bucco-anal commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol » (cf articles 222-23 à 222-26-2 du Code pénal). Depuis 2021, il est clairement établi qu’un enfant de moins de 15 ans ne peut jamais être considéré comme consentant à un acte sexuel avec un adulte. Il n’y a pas de consentement possible, même si l’enfant ne dit pas non ou semble d’accord.
S’agissant de LC, les faits reconnus de viol, d’inceste, de pédo-pornographie… suffisent à faire encourir à l’intéressé une peine de réclusion criminelle à perpétuité…
Le visage impassible, LC a écouté la caractérisation de ses actes de barbarie et de négation de la dignité humaine, commis sur son fils et sur le fils de sa compagne : des crimes et des viols incestueux. Le fils de LC avait de 1 à 3 ans et demi au moment des faits. Le père imposait à son enfant de se masturber, et pratiquait à son encontre des actes de commencement de sodomie, parfois tous les matins, sinon plusieurs fois par semaine. Idem pour les fellations. Autant de faits qualifiés de « gravité exceptionnelle ». Autres types d’agissements de LC sur son fils, dans la baignoire. Des images montrent LC en train d’uriner sur son fils. Sur les vidéos, « on entend même l’accusé appeler le chien pour qu’il lèche son fils sur le sexe. Parfois l’enregistrement permet d’entendre les pleurs de l’enfant. Idem pour les éjaculations commises sur le corps de l’enfant suivies du léchage des parties génitales par le chien. Des actes de torture et de barbarie ! Ces faits commis à Souillac, Biars-sur-Cère et Issendolus se sont étalés sur plusieurs années, de 2018 à 2022.
LC a été placé en détention provisoire au Centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, le 21 décembre 2022, soit à ce jour plus de 3 ans et 3 mois.
« Il a vécu avec des rats et des souris… »
LC est le 2e enfant d’une fratrie de six, nés de pères différents. Dans cette famille, les violences sexuelles apparaissent comme le fil rouge depuis l’arrière-grand-père condamné pour des faits de violences de cette nature. Le grand-père quant à lui a donné naissance à un enfant avec sa fille. Et suite à la condamnation du père de l’accusé pour agression sexuelle, les 6 enfants ont été placés chez une tante et son mari, eux-mêmes parents de 5 enfants. La mère de LC le rejetait, paraît-il, car il « ressemblait trop à son père ». Élevés à la dure selon de témoignage de l’enquêtrice de personnalité, LC et ses frères et sœurs auraient connu des violences physiques, notamment lorsque les résultats scolaires n’étaient pas au rendez-vous. Quant à LC il déclare avoir été lui-même victime de violences sexuelles de la part de ses cousins ; des pratiques qui étaient devenues courantes. En fait, il apparaît qu’il n’y avait pas de sentiment d’interdits. D’une génération à l’autre, les actes incestueux se sont reproduits : la loi du silence s’est installée dans cette famille.
LC confie avoir souffert durant son enfance, de moqueries de la part de ses camarades de classe, en raison de sa tenue vestimentaire… Pour sa part, plutôt de tempérament solitaire, il s’était réfugié dans la lecture de romans fantastiques. RC obtient son brevet des collèges, puis décroche un bac professionnel. En terminale, il est interpellé pour avoir consulté à deux reprises des sites pédo-pornographiques, à partir de l’ordinateur du CDI. Il fait l’objet d’un suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Il s’oriente ensuite vers l’armée et intègre la base de Varennes-sur-Allier où il sera affecté jusqu’à sa fermeture. Durant cette période il est dépeint comme quelqu’un de « drôle et de souriant ». En 2013 il loue un appartement à Moulins « où vivaient des rats et des souris », est-il rapporté. En 2016, alors qu’il occupait un nouveau logement, il fait l’objet d’un cambriolage qui l’aurait grandement affecté. Il perd à cette occasions ses animaux de compagnie : des furets. 2016 marque son arrivée dans le Lot, à Souillac. Il travaillera dans le domaine industriel puis dans le secteur du transport. Suite à plusieurs infractions, il se voit retirer le permis de conduire. En 2018, par l’entremise d’un ami commun (qui sera condamné pour agression sexuelle), il fait connaissance avec celle qui deviendra sa compagne au parc à chiens et très vite il aménage chez elle, mère de 5 enfants. Avec sa compagne, il semble filer le parfait amour. Elle-même le décrit comme une personne « attentionnée, drôle, respirant la joie de vivre, respectueux de sa vie intime… en qui elle fait une confiance absolue ». LC gérait les enfants à la maison, pendant que sa compagne était au travail. C’est dans ce contexte que naîtra un garçon de leur union, en 2019, soit un an avant les premiers faits retenus à l’encontre de l’accusé. En 2019, LC travaille chez Andros, d’où son déplacement à Biars-sur-Cère. Mais suite à un accident du travail, il quitte l’entreprise. Il se lance alors dans une formation en électricité qu’il ne valide pas. Depuis 2021 il est sans travail… Il s’occupe des 5 enfants de sa compagne et de leur nouveau-né. Des conflits naissent entre lui et l’aîné de sa compagne. Au fil des enquêtes, il apparaît que les sœurs cadettes de LC se plaignent d’avoir subi des agressions sexuelles de sa part, sans que cela soit clairement établi, à ce stade des débats.
Depuis son incarcération en 2022, LC serait miné par des idées suicidaires. Il a rencontré plusieurs psychologues et psychiatres. Il ne quitte pas la cellule si ce n’est pour se rendre à la bibliothèque où il rédige un roman fantastique.
Son cousin confirme les agressions sexuelles sur l’accusé
Appelé à la barre F. 37 ans, cousin de LC reste mutique un long moment avant que la présidente puisse lui arracher quelques mots aux questions posées.
F déclare : « Je ne sais pas quoi vous dire… On se considérait comme des frères, nous avons été élevés ensemble, on s’est toujours bien entendus… » F. explique que les 11 enfants étaient répartis en 3 chambres, en fonction des âges et les garçons séparés des filles. À ses yeux tous étaient considérés de la même façon par les parents. Il ne cache pas qu’ils pouvaient faire montre de sévérité, mais « sans plus ». Puis, sous le feu des questions de la présidente, F. avoue qu’avec son frère ils se faisaient des fellations avec la participation de LC de 4 ans son cadet. « Parfois c’est LC qui descendait de son lit et venait me faire des fellations… » Il fait part de son étonnement quant aux faits dont est accusé son cousin, et même avoir été en colère en apprenant les viols commis sur les enfants. Quant à la réaction de sa mère cela aurait été pour dire : « Si vous avez fait des conneries, maintenant il faut les assumer ! »
La sœur aînée de l’accusé témoigne à son tour. Elle s’indigne des faits reprochés à son frère : « c’est atroce ce qu’il a fait, je ne sais pas comment il a pu avoir l’idée de faire une chose pareille, c’est impardonnable ». La jeune femme s’effondre en évoquant l’oncle et la tante qui les ont élevés : « Ils ont fait tout ce qu’ils ont pu et je ne serai jamais assez reconnaissante, alors qu’avec ma mère c’était impossible ! » S’agissant du comportement général de LC, elle estime « qu’il était un peu bizarre… je ne lui faisais pas entièrement confiance ». Elle parle aussi de sa manière d’élever son fils, estimant qu’il était trop possessif. « Ce n’était pas son fils, c’était son jouet dont il ne voulait jamais se séparer ! » L’audience ne fait que commencer…
Au-delà de la sidération provoquée par les 1 417 photos et 69 vidéos saisies, les premiers débats ont esquissé le profil d’un accusé issu d’une lignée marquée par la violence sexuelle. Entre un passé familial lourd et une apparente normalité sociale, LC s’était enfermé dans une double vie numérique et domestique d’une perversité absolue. Alors que dix témoins et huit experts doivent se succéder à la barre jusqu’au 31 mars, une question hante déjà les débats : comment une telle « monstruosité » a-t-elle pu s’accomplir si longtemps dans le secret du foyer ?
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