"Vous avez à juger une montagne de faits" : une lourde peine pour le voleur de vélos et de trottinettes qui a sévi au nord du Gard

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Le prévenu, jugé jeudi 26 mars, avait écumé la capitale des Cévennes. Dix-huit personnes se sont constituées parties civiles.

« Non » à chaque fois, et parfois « je ne sais pas ». Telles sont les réponses qu’apporte cet Algérien de 29 ans, en situation irrégulière et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), aux magistrats alésiens qui le jugent, jeudi 26 mars, en comparution à délai différé, pour des vols de deux roues. « Vous avez à juger une montagne de faits. Tellement de faits qu’il avait fait du vol une profession, un mode de vie », précise Quentin Larroque, le substitut du procureur de la République.

En effet, les parties civiles sont au nombre de 18. Cela, sur les parkings d’enseignes de la grande distribution, devant Mairie Prim’, devant des fast-foods, devant la Mission locale jeunes (MLJ), etc.

Il reste enfermé dans le déni

Images de vidéoprotection, policiers qui l’identifient, perquisition chez son « cousin », au Prés Saint-Jean, où sont retrouvés des effets vestimentaires correspondants, exploitation probante de son téléphone portable… Rien n’y fait ; le prévenu s’enferme dans le déni. « Vous avez déjà volé des vélos par le passé ? », lui demande le président Simon Lanes. « Oui, j’ai volé une seule fois, en janvier 2025. Mais pas ici. À Montpellier ! », répond le mis en cause, assisté d’une traductrice. Tout au long des débats, le président du tribunal lui tend des perches pour l’amener à reconnaître ce qu’il lui est reproché. Rien n’y fait…

Le représentant du ministère public fonde son réquisitoire sur les éléments du dossier. Il évoque « des infractions qui causent du tort au corps social, qui amènent à se méfier les uns des autres. Dommage qu’il ne s’en rende pas compte et ne formule aucun remords. » Rappelant que l’homme qui se trouve dans le box, placé en détention provisoire depuis plus d’un mois, a déjà été condamné à deux reprises pour des vols, il estime que « finalement, il se moque des lois et il se moque de la Justice ». À l’encontre de ce voleur, qui avait fait l’objet d’un mandat de recherche et avait été interpellé lors d’un contrôle routier alors qu’il conduisait sans permis le 17 février, et qui n’avait jamais été incarcéré jusque-là, il requiert deux ans de prison, un maintien en détention, la révocation d’une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis, et une interdiction définitive du territoire.

Un manque d’éléments, comme le plaide la défense ?

Me Karim Derbal appuie la défense de son client : « Qu’est-ce que vous avez finalement contre ce « ce n’est pas moi » ? Une casquette et une vague ressemblance physique. » Pour l’avocat, des « éléments distinctifs » manquent à l’appel. Il rappelle, de plus, que les effets vestimentaires ont été retrouvés chez une autre personne que chez son client, laquelle est aujourd’hui recherchée par la police. Pour ces raisons, le conseil ne comprend pas « la certitude » du ministère public. Me Derbal conçoit une responsabilité « pour seulement un fait, et avec des réserves ». Bref, pour lui, indique-t-il aux juges, il n’y a « pas les éléments pour entrer en voie de condamnation sur la liste interminable des faits qui sont présentés par le parquet ».

Le tribunal va pourtant dans le sens de Quentin Larroque. Pour preuve, le siège condamne ce voleur de vélos et de trottinettes à la peine requise plus tôt dans l’après-midi.

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