Il avait tiré trois balles à bout portant : le policier qui a tué Olivio Gomes condamné à 10 ans de prison pour meurtre

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L’ancien policier de la brigade anticriminalité Gilles Guilbert a été condamné vendredi à 10 ans de prison par la cour d’assises de Versailles. Il avait tué de trois balles Olivio Gomes au volant de sa voiture, en 2020 à Poissy (Yvelines).

Voilà presque six ans que ce verdict était attendu. Vendredi 27 mars, l’ancien policier de la brigade anticriminalité Gilles Guilbert a été condamné à 10 ans de prison par la cour d’assises de Versailles pour avoir tué Olivio Gomes, en 2020, à Poissy (Yvelines).

Si le policier « a toujours prétendu qu’il s’était vu mourir, les conditions de la légitime défense, qui doit être appréciée au regard des faits objectifs, ne sont pas réunies », a détaillé le président de la cour Didier Safar lors de la lecture du verdict. Celui-ci a suivi en grande partie les réquisitions de l’avocat général, après plus de six heures de délibération.

Gilles Guilbert a également écopé d’une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique et d’être élu pendant 10 ans. La cour a également décidé d’interdire à ce tireur sportif assidu le port d’une arme pendant 15 ans. À l’issue de l’audience, son avocat, Maître Laurent-Franck Liénard a immédiatement indiqué que son client ferait appel.

Trois balles à bout portant

Les faits remontent à la nuit du 16 au 17 octobre 2020, alors que Gilles Guilbert n’est en poste à la BAC75N que depuis un mois. Le policier de 29 ans est en train de circuler sur le périphérique parisien avec deux autres collègues lorsqu’il se fait doubler par la Renault Clio d’Olivio Gomes. Ce dernier rentre de soirée, accompagné de deux amis.

Les trois agents commencent à suivre le véhicule sur le périphérique parisien puis sur l’A13. Après cette filature discrète et difficilement motivée de plusieurs minutes, les agents auraient allumé leurs avertisseurs avant de lui faire signe de sortir. C’est alors que le conducteur réalise, selon les policiers, un « refus d’obtempérer simple » : Olivio Gomes ignore deux sorties d’autoroute et les conduit jusque chez lui, vingt kilomètres plus loin, en respectant les limitations de vitesse.

Arrivé au pied de l’immeuble, Gilles Guilbert sort alors de sa voiture et met en joue le conducteur. Au même moment, la Clio de la victime redémarre, le policier tire trois coups de feu à bout portant. Toutes touchent leur cible. Le père de trois enfants n’a aucune chance.

« L’allégorie même de la violence policière »

Olivio Gomes meurt à 28 ans, au pied de son appartement, les deux poumons et l’aorte thoracique perforés d’une balle de SIG Sauer. Dans ses réquisitions, l’avocat général a reproché au fonctionnaire d’avoir surréagi : « Olivio ne s’arrête pas au terme d’une course-poursuite, on est sur le degré zéro du refus d’obtempérer !, a-t-il martelé. Je ne peux pas accepter qu’on laisse penser que la situation était tendue. Lorsque vous le visez avec cette arme, il est clair que cela accroît la tension et le stress. »

Pour le magistrat, e, « Olivio Gomes ne s’est pas servi de son véhicule pour tuer, il voulait échapper à la police, pas plus, pas moins ». L’intégrité physique de Gilles G. n’était donc pas menacée, et son tir, pas légitime.

« Cette affaire-là est l’allégorie même de la violence policière », avait plaidé Maître Pape Ndiogou Mbaye, l’un des conseils de la famille du défunt, au quatrième jour de ce procès. « J’ai la certitude, moi, que si Olivio Gomes n’était pas noir, il ne serait pas mort », avait-il ajouté

Après avoir longtemps affirmé avoir tiré trois coups de feu en situation de légitime défense, Gilles Guilbert avait reconnu pour la première fois qu’une partie de ses tirs n’était pas justifiée, mercredi 25 mars.

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