« Une fois dans le bureau de la directrice il s’est effondré ». Un jeune homme de 19 ans originaire du Jura a été jugé le mardi 17 mars 2026 au tribunal judiciaire de Lorient (Morbihan), pour des menaces de mort réitérées et de violences commises à l’encontre de deux éducateurs spécialisés.
Deux éducateurs agressés
Un Jurassien né à Lons-le-Saunier (Jura), âgé de 19 ans au moment des faits, placé sous la tutelle de l’association Vannetaise Eliance laquelle assure l’exercice de mesures de protection judiciaire dans le Morbihan et le Finistère, a été jugé le 17 mars 2026.
Il lui est reproché d’avoir commis le 17 juin 2024 à Quéven, des violences sur des éducateurs spécialisés lesquelles ont entraîné des incapacités de travail n’excédant par 8 jours. Il a également menacé le personnel de mort.
Pour le premier éducateur spécialisé victime de l’agression, ces violences ont entraîné une incapacité de travail de 7 jours et de 5 jours pour le deuxième. « Je vais tous vous buter et me tuer, je vais aller chercher un fusil et je vais vous buter », menaçait-il ce jour-là.
Des troubles du comportement
La plainte de l’un des deux éducateurs de l’Institut médico-éducatif de Lorient du 19 juin explique qu’il était chargé du suivi du mis en cause. Il était pris en charge pour des troubles du comportement depuis 4 ans.
L’éducateur essayait de lui faire comprendre qu’il avait besoin de soins sur le plan psychiatrique et le jeune homme aurait eu, d’après lui, beaucoup de mal à l’entendre.
D’après sa version des faits, alors qu’ils discutaient à propos d’un téléphone portable, le jeune homme a commencé à lui donner des coups de pied au départ de faible intensité, puis de plus en plus violents. La victime a reçu un coup au visage à la pommette gauche, suivi d’un coup de poing sur la pommette droite.
Le certificat médical atteste de douleurs au tibia, de cheveux arrachés et d’un œdème à l’arcade.
Un rouleau de scotch lancé
L’autre éducateur qui a pris le relais pour maîtriser le jeune homme en voyant la scène raconte être intervenu en renfort, pour aider son collègue et avoir lui aussi reçu des coups :
J’ai réussi à parer les coups de poing sans pouvoir éviter un coup de pied sur la cuisse.
Le second éducateur spécialisé agressé a vu un second coup porté à son collègue et affirme avoir reçu pour sa part un rouleau de scotch en pleine face. Il a dû maintenir le jeune au sol avant qu’il soit envoyé dans le bureau de la directrice où « il s’est effondré en pleurs avant de se calmer ».
Après avoir vu le médecin lui aussi, il souffrait d’un œdème à la clavicule droite ainsi que d’un traumatisme psychologique.
« Il s’est montré très tactile »
Une fois entendu, le mis en cause a expliqué pour sa défense avoir réagi à un comportement déplacé de la part du premier éducateur agressé, expliquant « qu’il se montrait très tactile avec lui ».
Dans sa version des faits, il a voulu lui faire comprendre que ça ne lui plaisait pas mais que l’éducateur a malgré tout poursuivi son geste.
Il a reconnu l’avoir menacé de mort et n’a pas nié les faits concernant le deuxième coup de poing. Il a ajouté cependant que l’un des deux éducateurs lui a fait une prise d’étranglement et que c’est pour cette raison que pour se dégager, il n’a rien trouvé de mieux que de donner des coups de poing.
Sa responsabilité pénale confirmée
L’expertise psychiatrique du jeune homme qui voit un psychiatre régulièrement depuis 13 ans, et qui a reçu un traitement à injection a conclu une personnalité en train de se construire sur un mode asocial, ayant des difficultés à se conformer aux normes sociales, une irritabilité et le mépris de sa sécurité, tout comme celle des autres.
D’après le médecin, sa dangerosité est comportementale bien plutôt que psychiatrique, avec un risque de récidive élevé.
Ce bilan a permis de confirmer sa responsabilité pénale au sens où aucun trouble psychique n’a pu entraver le contrôle de ses actes.
Le casier judiciaire du jeune homme comporte par ailleurs déjà une mention : une condamnation du 11 juin 2024 par le juge pour enfant a été rendue pour outrage envers une personne chargée de mission de service publique, violence suivie d’une incapacité n’excédant pas 8 jours et destruction de bien d’utilité publique.
Six mois de prison avec sursis
Frantz Faivre, avocat du mis en cause, avance :
Ce dossier dramatique illustre l’histoire de la misère humaine et l’inadéquation de la psychiatrie à ce genre de situation. Il est suivi depuis l’âge de ses 9 ans. Cela fait 13 ans qu’il est suivi en psychiatrie et qu’il a des traitements extrêmement lourd antipsychotiques anti neuroleptique et antidépresseurs.
Le jeune homme était absent lors de l’audience à juge unique. Le procureur de la République a demandé 6 mois de sursis avec l’obligation de soin pendant 2 ans dans ses réquisitions, sur lesquelles s’est finalement aligné le juge.
Il a donc été reconnu coupable et condamné à 6 mois d’emprisonnement intégralement assorti sursis probatoire pendant 2 ans, avec obligation de soin.
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