Une "atteinte à notre République" : une mairie saccagée et attaquée par des tirs de mortier avant l’installation du nouveau maire

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Plusieurs personnes se sont introduites dans la mairie de Fresnes (Val-de-Marne) dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 mars. Les suspects, qui n’ont pas encore été interpellés, ont saccagé plusieurs pièces.
Christophe Carlier, qui a pris ses fonctions de maire dans la foulée, samedi matin, a déploré un préjudice "colossal".

Hall d’accueil de la mairie saccagé, porte enfoncée, vitrines explosées… Le centre-ville de , au sud de Paris, a été le théâtre de violentes dégradations dans la soirée du vendredi 28 mars.

À l’intérieur de la mairie, visée vers 21hH30, « une banque d’accueil a été vandalisée, les écrans […] ont été cassés », a détaillé à l’AFP Christophe Carlier, qui a obtenu 45,00 % des voix au second tour des municipales, devant la maire PS sortante Marie Chavanon (43,53 %).

Des tables pliantes ont été renversées et du verre brisé. , qui déplore un préjudice « colossal » pour le fonctionnement des services, fustige une attaque contre « la maison commune », selon lui « clairement liée à l’élection ».

Deux autres bâtiments visés

Sur des images de vidéosurveillance consultées par l’AFP et reprises par Le Parisien, on voit une dizaine de personnes masquées s’approcher du bâtiment et en briser la porte d’entrée à l’aide de ce qui ressemble à un mortier d’artifice, avant de s’y engouffrer pour tout casser à coups de bâtons.

??? ?????? ???? — À Fresnes, la mairie a été ATTAQUÉE au mortier, FRACTURÉE puis PILLÉE par une vingtaine d’individus en pleine nuit.
Les faits se sont déroulés ce vendredi 27 mars vers 22h, à la veille du conseil municipal d’installation du nouveau maire LR…

— Bastion (@BastionMediaFR)

Rue Ténine, juste à côté de la mairie de cette commune de 30 000 habitants, les dégâts sont saisissants. « Les vitrines ont été brisées », se désole Stevie Agodor, le gérant de l’auto-école Quick Permis 94, qui a également vu disparaître une moto d’une valeur de plus de 2 000 euros mise en jeu pour une promotion.

Chiffrant son préjudice à près de 20 000 euros, il craint d’être « obligé de fermer pendant les travaux » si son assurance ne prend pas le sinistre en charge. La Caisse d’Epargne voisine a également été ciblée.

Une séance d’installation « houleuse »

Malgré ce saccage et la nécessité de se replier dans une autre salle, le conseil municipal a pu se tenir samedi matin pour valider l’investiture du nouveau maire.

Beaucoup d’émotion à assister ce matin à l’investiture du nouveau maire de Fresnes Christophe Carlier et son équipe.
Malgré l’attaque lâche et violente de l’hôtel de ville hier soir, rien ne pourra gâcher la joie de voir Fresnes reprendre son destin en main.

— Vincent Jeanbrun (@VincentJeanbrun)

L’opposition socialiste a condamné des violences « inacceptables », tout en mettant en garde la nouvelle majorité. « Il ne faut pas céder à la théorie du complot […] et que ça serve encore d’excuse à la droite pour positionner l’armement » d’une future police municipale, a prévenu l’élue d’opposition Rachida Sadane.

Cette dernière a dénoncé auprès de l’AFP une séance d’installation « houleuse » au cours de laquelle la gauche a été « empêchée de s’exprimer », accusant notamment le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, présent dans le public, de lui avoir « coupé la parole ».

Vincent Jeanbrun, ex-maire de L’Haÿ-les-Roses, commune limitrophe, a pour sa part confié son émotion face aux images de l’hôtel de ville vandalisé, qui ont ravivé les souvenirs de « l’attaque de (son) domicile » lors des émeutes de l’été 2023.

« On voit qu’il y a dans notre pays des mouvements sous-jacents qui refusent l’autorité et viennent s’exprimer même dans le débat politique pour presque intimider des équipes […] qui défendaient le retour de l’ordre », a estimé le ministre, appelant à une réponse « extrêmement ferme ».

Des motivations politiques ?

Sur X, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a assuré que « tout (était) mis en œuvre » pour « identifier » et « traduire en justice » les auteurs de cette « atteinte à notre République ».

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a condamné sur le même réseau social « la violence déchaînée de ces délinquants qui n’acceptent pas la démocratie et les résultats du scrutin ». Avant d’ajouter : « J’ai proposé au nouveau maire l’aide de la région pour mieux sécuriser son espace public ».

Julien Aubert, vice-président du parti Les Républicains, a apporté sur X « plein de soutien » au nouveau maire LR de Fresnes. « Comment ne pas voir dans cette attaque un aspect politique ? Étrange ce pillage ». Cette attaque et ce pillage « ressemblent bien entendu à une vengeance politique d’individus qui refusent le résultat des urnes », a aussi estimé le président du RN Jordan Bardella sur le réseau social.

L’épisode de Fresnes s’inscrit dans un climat parfois rude depuis le second tour, émaillé d’incidents, d’élus bousculés ou insultés. Des scènes de tension ont été filmées dans plusieurs mairies de banlieue remportées par des candidats LFI ou divers gauche, tandis qu’à Mantes-La-Jolie (Yvelines), le maire battu a expliqué avoir dû être escorté par les forces de l’ordre à l’issue du vote.

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