les assassins cherchaient « un coup à faire »

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Cette sordide affaire remonte à 40 ans. Elle trouve son origine avec la rencontre de deux hommes, François, 21 ans, et André, 23 ans. Ils font connaissance en prison où ils purgent une peine pour des casses qu’ils ont commis chacun de leur côté.

Le 8 mars 1986, François est libéré. Il retrouve, par hasard à la gare de Caen, André qui a été lui aussi élargi quelques jours plus tôt. Les deux hommes ne perdent pas de temps. Pas pour aller à l’ANPE (Agence Nationale pour l’Emploi, ex-France Travail) pour se réinsérer. Le lendemain, histoire de ne pas perdre la main, ils cambriolent une résidence pour personnes âgées de la région de Caen. Le butin est maigre, mais les deux bandits repartent avec une arme, un pistolet 7,65 et ses munitions.

Dans la foulée, ils se postent à hauteur du centre commercial de Mondeville. Objectif Paris via une voiture volée au premier automobiliste de passage. Avec la ferme intention de le supprimer pour éviter de laisser des traces…

« C’est moi qui devais tuer… »

Fort heureusement, personne ne s’arrête. « C’est moi qui portait l’arme, c’est moi qui devais tuer », déclarera trois ans plus tard André, en costume cravate, devant les jurés de la cour d’assises du Calvados, à Caen.

Ce n’est que partie remise. Une semaine plus tard, une Simca 1307 s’arrête. Un jeune homme les prend en charge. « Il était sympa, il nous racontait sa vie », racontera François aux jurés. Des confidences qui lui sauvent sans doute sa peau… Après un crochet par Dreux, la virée continue jusqu’à Paris.

Le chauffeur s’absente un moment dans la commune de l’Eure et Loir. Le double de clef est dans la boîte à gants, mais les deux hommes préfèrent attendre leur chauffeur d’un soir. Si le propriétaire de la Simca est laissé en vie, malgré la ferme intention « d’aller jusqu’au bout du projet », François et André repartent avec la 1307, non sans avoir exercé des pressions sur le chauffeur et propriétaire de l’auto, « pour qu’il la ferme. Sinon… »

Vieille dame assassinée

Neuf jours après sa libération, François, toujours accompagné d’André, repère le domicile d’une femme de 81 ans à Paris. Ils se rendent chez elle, la neutralise avec une bombe lacrymogène. La vieille dame est étranglée avec un cordon trouvé dans l’appartement. Pour un butin de 600 francs, trois billets de 200 francs. Une trentaine d’euros… Crime qui leur vaudra la réclusion à perpétuité deux ans plus tard par la cour d’assises de Paris.

Mais revenons à l’affaire caennaise

François rentre à Caen avec la Simca. André le rejoint quelques jours plus tard en train. Pour une fois, il a payé son billet… Le 21 mars 1986, les deux hommes effectuent quelques achats à Hérouville. Ils cherchent « un coup à faire ». Cela ne va hélas pas tarder. Alors qu’ils roulent dans les rues de Caen, ils cherchent un endroit pour casser la croûte. Ils s’arrêtent devant le bassin Saint-Pierre.

Au mauvais endroit au mauvais moment

Au même moment, un couple d’origine portugaise rejoint son bateau amarré dans le port situé en plein centre de Caen. Sale rencontre, au mauvais endroit au mauvais moment. André et François ont trouvé « le coup à faire. » Piller le bateau et tué les occupants. André et François décident de commettre leur forfait le lendemain soir. Avec deux renforts : un jeune qui allait avoir 18 ans, Harry, et Jean-Pierre, le frère d’André.

Poignard et baïonnette

Le pistolet jugé trop bruyant, les « monstres », c’est comme cela qu’ils seront qualifiés devant les assises, décident d’utiliser un poignard et une baïonnette, beaucoup plus discrets… Une véritableb se déroule à bord du bateau. Les époux, bâillonnés et ligotés, voient leur mort venir inexorablement. Notamment la malheureuse victime qui peut voir le martyre subi par son mari et les coups de couteau mortels, tandis que le plus jeune de l’équipée sauvage s’acharne sur elle. L’enquête révèle qu’elle est poignardée à trente reprises.

Les assassins n’iront pas bien loin. Ils sont interpellés le lendemain par la police qui met fin au périple infernal.

Lors du procès d’assises, fin avril 1989, un des avocats de la partie civile n’hésite pas à qualifier les auteurs de cet ignoble crime de « nazis froids sans uniforme. » Agression d’autant plus scandaleuse que les victimes étaient unanimement appréciés. « Des braves gens soulignent tous ceux qui les connaissaient. »

Voyage aux frontières de l’enfer

L’avocat général, impressionné par l’émotion permanente pendant les débats, estime avoir fait « un voyage aux frontières de l’enfer. » Il rappelle également qu’il y a eu deux miraculés dans le dossier : le propriétaire de la Simca, et la fille des victimes. Agée de 14 ans, elle aurait dû être à bord ce soir-là, mais elle était invitée à une soirée en ville…

A l’heure du verdict, François et André sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une mesure de sûreté de 18 ans, Jean-Pierre écope de 15 ans de réclusion. Harry, mineur au moment des faits, comparaît devant une juridiction pour mineur. Pas le moins inactif dans cette pénible affaire, il est condamné à 20 ans de réclusion. Huit ans plus tôt, la lame de la guillotine aurait pu tomber pour au moins deux des accusés…

Frédéric LETERREUX

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