"Je n’ai pas du tout envie d’en parler" : Hélène Perlant revient sur l’impossibilité de se confier sur son agression auprès de sa famille

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À l’occasion de la sortie de son livre, "Le Déni", Hélène Perlant, fille de François Bayrou, revient dimanche 29 mars auprès revient sur l’impossibilité de parler de son agression avec ses parents et sur la révolution sociétale qu’elle entend mener avec ce témoignage.

Dans cet ouvrage, elle brise trente ans de silence.  aux éditions Michel Lafon. En posant plume sur papier, celle qui fut longtemps identifiée uniquement comme « la fille de François Bayrou » brise définitivement .

Dans une interview accordée à , elle revient sur sa difficile prise de parole et sur la révolution sociétale qu’elle entend mener avec ce témoignage.

« Chaque famille est prisonnière »

Peur de l’autorité, déni, honte, culpabilité… La professeure de 54 ans décrit de manière chirurgicale les mécanismes qui murent les victimes dans le silence. Il aura fallu trente ans pour qu’Hélène Perlant pose les mots sur cette agression, qu’elle dit avoir subie à 14 ans, lors d’une colonie de vacances dans les Pyrénées organisée par le sanctuaire de Bétharram. Elle y est passée à tabac par un prêtre de 120 kg.

Dans son livre, Hélène Perlant révèle aussi qu’elle a été victime d’une seconde agression, lorsqu’elle étudiait en khâgne à Paris. Lors d’une soirée, des individus encagoulés lui auraient enfoncé « un bâillon dans la gorge », ligoté les poignets, mis un bandeau sur les yeux et l’auraient emmenée dans « une salle pleine de monde » où elle avait vécu « une espèce de procès ».

Pendant trois décennies, ces traumatismes sont enfouis. Tout échange à ce sujet avec ses parents ou ses cinq frères et sœurs est « impossible ». Des années de silence, qu’elle explique par le fait de ne pas avoir voulu faire du mal à ses proches : « Chaque famille est prisonnière de la même chose. La peur que ce qu’on dit renvoie chacun à sa culpabilité ».

Mais ce renfermement dévastateur l’a poussée au bord du précipice. Si bien que, plusieurs fois, elle a songé à mettre fin à ses jours. « Un acte de langage », dit-elle, quand « il n’y a plus que ça pour le faire comprendre ».

« Je n’ai pas du tout envie d’en parler »

C’est en mai dernier, lorsque l’affaire Bétharram éclate au grand jour, que cet édifice du déni s’effrite, avant de s’effondrer. Auprès des médias, elle témoigne de son agression. Sa parole est récoltée dans le livre-témoignages « Le silence de Bétharram » (éd. Michel Lafon), écrit par le porte-parole de l’association des victimes de l’établissement privé.

Mais ce témoignage public au printemps dernier est perçu par certains comme une manœuvre politique pour protéger son père, François Bayrou. Une accusation qu’elle récuse fermement : « Je ne suis pas là pour défendre mon père », avait-elle juré à Alain Esquerre lorsqu’elle l’avait appelé pour lui confier son témoignage.

Avec son ouvrage « Le Déni », elle souhaite poursuivre la « révolution » commune qu’elle porte avec les 85 hommes ayant porté plainte dans ce dossier : « un tsunami de délivrance, que chaque témoignage qui arrive crée une nausée dans la société jusqu’à l’horreur ». Elle espère créer la « tribu des délivrés » : « Il faut inventer un geste qui nous permet de nous reconnaître entre nous, de dire ‘j’en suis, ce qu’on va faire est magnifique' », affirme-t-elle à nos confrères.

Malgré la libération de sa parole, elle ne souhaite pas pour autant parler de ce sujet avec ses parents. « Je n’ai pas du tout envie d’en parler », assure-t-elle. « J’ai juste envie qu’ils comprennent la justesse de la délivrance ».

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