La querelle entre voisins vire au drame près de Dinan : il sort un couteau

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« Absolument rien ne va dans cette histoire », commente la procureure de la République amenée à se prononcer sur l’affaire jugée mardi 24 mars à Dinan (Côtes-d’Armor) : une querelle de voisinage où « tous les ingrédients étaient réunis pour provoquer un drame ».

Querelles récurrentes

À l’époque des faits, en octobre 2024 deux foyers se disputent régulièrement dans le village de Landébia. Dans l’un, une famille avec un fils apprenti de 18 ans qui rentre uniquement le week-end, dans l’autre, un homme accueillant souvent ses amis bruyants.

« Tous les week-ends il y a des incidents », explique l’apprenti. Cet après-midi-là encore, ça ne manque pas. Le voisin menace le chien, insulte la mère de famille… Les gendarmes sont appelés, ils calment les tensions et chacun rentre chez soi.

Mais dans la soirée la rancune monte. Le jeune apprenti et sa petite amie boivent un peu trop et finissent par lancer des projectiles sur la maison d’à-côté.

On s’est dit que c’était drôle qu’ils s’énervent et nous insultent. On voulait les faire chier, alors on est allé chercher des pétards.

La jeune fille dans son témoignage aux gendarmes

Pendant plusieurs heures les deux jeunes lancent des pétards sur le toit des voisins.

Un couteau est sorti, la soirée bascule

Dans la maison d’à-côté, on a beaucoup bu et l’on se demande comment réagir. Trois hommes décident alors d’aller régler ça en personne. En les voyant enjamber le muret de leur domicile, le couple de jeunes panique. La jeune fille rentre dans la maison chercher le chien, un berger allemand. Le jeune homme, lui, sort un couteau d’une lame de 13 centimètres qu’il avait pris « en prévention ».

Là, les témoignages sont flous. Le jeune homme donne plusieurs coups de couteau. Il touche deux des trois hommes. Il faisait noir, ils avaient bu, personne ne réussit à donner un déroulé exact des faits. Il affirme cependant, de son côté, avoir été étranglé par l’un d’entre eux.

Quand les gendarmes arrivent, le jeune homme avoue tout. En pleurs, il leur donne son arme et ses vêtements pleins de sang pendant que les deux hommes poignardés sont évacués en ambulance.

Essayer de comprendre comment les événements ont dégénéré

Aujourd’hui, il regrette. S’il porte également plainte pour strangulation, il reconnaît ses actes envers les trois hommes. Mais pour la juge, une question demeure : comment les choses ont pu aller aussi loin ? Pourquoi le prévenu est-il sorti de chez lui avec une arme blanche ?

Pour le jeune homme c’était « par précaution. Ils me menacent souvent, moi et mon chien. J’ai sorti le couteau pour qu’ils reculent. Aujourd’hui je sais que ce n’était pas la bonne solution. » La juge insiste, s’il se sentait menacé, pourquoi les a-t-il provoqués en lançant des pétards sur leur maison ? Quant aux trois hommes, quelles étaient leurs intentions en escaladant le muret de leurs voisins, pourquoi n’ont-ils pas appelé la gendarmerie ? Des questions qui ne trouvent aucune réponse satisfaisante.

Une soirée traumatisante

Désormais, ils portent tous les séquelles de cette nuit-là. Un des hommes, frappé au visage, a depuis une gêne à l’œil le faisant pleurer tous les soirs. L’apprenti lui, déjà fragile psychologiquement, a été hospitalisé suite aux événements, et retourne peu chez ses parents « L’angoisse qu’il se passe à nouveau quelque chose est restée ».

S’il regrette ses gestes et comprend l’erreur qu’il a faite en sortant un couteau, il continue d’affirmer que les intentions de ses voisins étaient belliqueuses. « Si je ne m’étais pas défendu, ils m’auraient tué ».

Un argument irrecevable pour l’avocate des trois hommes qui affirme que les blessures de l’apprenti ne sont pas assez caractérisées pour justifier une telle défense. De son côté, la procureure déplore les événements leur « idiotie » et l’usage de cette arme. Elle réclame une peine de sursis, l’interdiction de détenir une arme, et une inéligibilité.

La juge suit les réquisitions : le jeune homme est déclaré coupable et écope de dix mois de sursis simple, ainsi que d’une inéligibilité et d’une interdiction de port d’arme de 3 ans. Les trois hommes qui étaient accusés de violence en réunion sont eux relâchés, au vu du doute persistant sur le déroulé des événements.

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