Ce mardi 31 mars 2026, un Marocain de 44 ans a écopé d’une peine significative pour plusieurs infractions liées au trafic de drogue.
« Il y a en Lozère toutes les délinquances, mais en petite quantité. » C’est avec ces mots que Valéry Morron, procureur de la République de Mende, décrivait la situation judiciaire, le jeudi 30 janvier 2025, lors de la rentrée solennelle du tribunal. Un peu plus d’un an plus tard, ce mardi 31 mars 2026, la comparution immédiate d’un homme de 44 ans en a été une nouvelle preuve.
Le prévenu était en effet pour suivi pour des faits d’achat, de vente et de détention de stupéfiants, ainsi que pour une tentative d’extorsion assortie de menaces, de violences et de contraintes. Un cocktail de délits particulièrement graves, pour un père de famille en situation de récidive légale, au casier judiciaire déjà chargé et sous contrôle judiciaire pour une affaire d’agression sexuelle. Cette dernière doit être appelée le 30 avril prochain.
« Je vais te casser les os »
L’enchaînement des événements est relativement simple. Peu avant Noël, le quarantenaire a prêté quelques centaines d’euros à deux hommes. Pour lui, un simple geste de charité. « Je venais de gagner 1 500 € au tiercé. Ils m’ont supplié. Je ne pouvais les laisser comme ça », assure-t-il. Selon la version des deux amis, il s’agissait en réalité d’une dette pour acheter des stupéfiants.
Quatre mois plus tard, la situation se serait envenimée quand le créancier a réclamé son dû. « Il y a un faisceau d’actes positifs qui prouve que le prévenu a fait preuve de menaces, de violences, d’intimidation pour arriver à ses fins, insiste le parquet dans ses réquisitions. Il a véritablement fait le siège de l’appartement. » Les insultes qui figurent dans le dossier font froid dans le dos : « Je vais t’enculer. Je vais te casser les os. » Un langage fleuri qui sera également utilisé envers les policiers qui viendront l’interpeller.
Une plainte risquée
Une version, que le mis en cause réfute : « J’ai attendu quatre mois, quand même. C’est normal que je veuille récupérer mon argent. Mais je n’ai jamais été violent. Une fois, j’ai lancé un gravier à la fenêtre, mais il me prenait pour un con. Il ouvrait. Il fermait. J’ai 44 ans. J’ai un enfant en bas âge. Pourquoi je ferais ça. »
Las et inquiets, les deux débiteurs ont fini par porter plainte, quitte à se mettre en danger pénalement. Ils ont en effet reconnu être des consommateurs de drogue et se fournir chez celui qui les menace. Une version que le prévenu réfute. « Pourquoi auraient-ils pris le risque de se dénoncer ? » questionne alors Yves Gallego, le président du tribunal. À la barre, le mis en cause assure qu’ils se sont mis d’accord pour « l’envoyer en prison afin de ne pas avoir à le rembourser ». Une version légère, alors que la somme à rembourser se situe entre 150 € et 250 €.
Deux ans d’interdiction du territoire français
Une arrestation et une perquisition ont suivi à son domicile mendois. Lors de celles-ci, 92 grammes de résine de cannabis et 4,75 grammes de cocaïne ont été saisis, ainsi qu’une balance. Là encore, le prévenu a la réponse : « Je gardais la drogue pour quelqu’un. Je suis consommateur. Il était passé deux heures avant. Tout est allé très vite. Je pensais qu’il allait m’arranger, que je serais mieux servi. »
Le parquet a requis 24 mois de prison ferme, avec maintien en détention. Plus sévère encore, contre ce Marocain arrivé en France en 2001, il a requis une interdiction du territoire français pendant cinq ans, peine complémentaire prévue par l’article 131-30 du Code pénal. Les juges ont eu la main plus légère, mais tout aussi ferme. Ils ont condamné le natif de Meknes à 18 mois de prison ferme, ainsi qu’à deux ans d’interdiction de territoire français. Alors que son client partait menotté, choqué et en larmes, Me Frédéric Michel annonçait qu’il faisait d’ores et déjà appel de cette décision.







